Énergie : le gaz continue sa course vers le haut
C’est devenu un rendez-vous mensuel redouté. Le 1er novembre 2026, le prix repère du gaz naturel grimpe de nouveau, cette fois de +6,6 % TTC, après une hausse de +6,3 % en octobre. Le tarif de référence passe de 182,88 à 194,90 euros par MWh TTC. Pour les six millions de ménages disposant d’une offre indexée sur ce prix repère, la facture annuelle moyenne s’alourdit d’environ 135 € supplémentaires, dont environ 12 € imputables à la seule hausse de novembre.
La Commission de régulation de l’énergie (CRE) pointe deux facteurs explicatifs : le conflit persistant au Moyen-Orient et le niveau particulièrement bas des stocks de gaz européens, qui s’établissaient à 72,76 % de remplissage au 6 octobre 2026, loin du seuil de 90 % normalement visé pour le début de l’hiver. Une situation structurellement tendue qui ne laisse pas entrevoir de détente rapide sur les prix. Le 1er novembre marque également le début de la trêve hivernale, qui court jusqu’au 31 mars 2027. Pendant ces 151 jours, aucun fournisseur ne peut couper l’électricité ni le gaz d’une résidence principale pour impayés, même si les dettes continuent de s’accumuler et que la puissance peut être réduite à deux ou trois kVA. Seuls les bénéficiaires du chèque énergie conservent leur puissance intégrale.
Accidents du travail : un plafond abaissé qui va toucher les cadres
C’est probablement le changement le plus brutal de ce mois de novembre. À compter du mois prochain, le plafond de rémunération pris en compte pour calculer les indemnités journalières en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle est drastiquement abaissé. Le salaire journalier maximal retenu passe de 400,82 à 108,62 € par jour.
Avant cette réforme, l’indemnité journalière maximale atteignait 240,49 € pour les 28 premiers jours d’arrêt (60 % du salaire plafonné) et 320,66 € à partir du 29e jour (80 %). Désormais, ces plafonds tombent respectivement à 65,17 et 86,90 € par jour. Ce qui changeait uniquement la situation des très hauts salaires affecte maintenant tout salarié gagnant plus d’environ 3 304 € brut par mois, c’est-à-dire une large partie des cadres. Une précision importante : c’est la date de l’accident qui fait foi. Un salarié blessé avant le 1er novembre reste sous l’ancien régime, quel que soit le début de son arrêt de travail.
Retraites et aides au logement : des coups de pouce modestes mais réels
Les retraités du privé perçoivent une revalorisation de +1,4 % de leur retraite complémentaire Agirc-Arrco à compter du 1er novembre 2026, décision votée en conseil d’administration le 14 octobre. Sur 600 € de retraite complémentaire mensuelle, cela représente 8,40 € de plus par mois. Sur 1 000 €, on atteint 14 € supplémentaires. Le versement, normalement prévu le 1er du mois, est décalé au lundi 2 novembre, le 1er tombant un dimanche. La retraite de base sera, quant à elle, versée le 9 novembre.
Du côté des aides au logement, c’est le virement du 5 novembre qui concrétise la revalorisation de +1,15 % votée au 1er octobre 2026, indexée sur l’évolution de l’Indice de référence des loyers (IRL) du deuxième trimestre, fixé à 148,37. Les APL, ALF et ALS étant versées à terme échu, c’est ce mois-ci que les bénéficiaires touchent pour la première fois le montant revalorisé. Sur une aide de 300 € mensuels, le gain atteint environ 3,45 €. Insuffisant pour compenser la hausse du gaz.
Crédit à la consommation : la directive DCC2 entre en vigueur
Le 20 novembre 2026, la France applique la directive européenne DCC2 (2023/2225 du 18 octobre 2023) relative au crédit à la consommation. Cette transposition élargit considérablement le périmètre de protection des emprunteurs, en intégrant désormais dans son champ des catégories jusqu’ici exclues : les découverts de petite taille, les crédits inférieurs à 200 euros, certains achats fractionnés. Concrètement, davantage de contrats devront respecter des obligations renforcées d’information précontractuelle, d’évaluation de la solvabilité de l’emprunteur et de mise en garde.
Pour les consommateurs, cela signifie théoriquement une meilleure lisibilité des offres de crédit et une protection accrue face aux situations de surendettement. Pour les établissements financiers, c’est une mise en conformité non négligeable, avec des obligations documentaires étendues et des procédures d’octroi plus encadrées. La directive vise en particulier à harmoniser les pratiques à l’échelle européenne, dans un contexte où le crédit à la consommation et les achats fractionnés (BNPL) ont connu une expansion rapide ces dernières années, souvent au détriment de la transparence.
Impôts et routes de montagne : les autres rendez-vous du mois
Pour 13,8 millions de foyers redevables d’un solde d’impôt sur le revenu supérieur à 300 €, novembre marque une nouvelle étape du calendrier de prélèvement. Le troisième des quatre acomptes tombe le 26 novembre, le dernier étant prévu le 28 décembre. Pour les contribuables dont l’avis d’imposition a été édité plus tardivement, en octobre, le paiement est étalé en deux fois seulement : les 25 novembre et 28 décembre. Le montant moyen concerné s’élève à 1 798 € par foyer.
Sur les routes, la Loi Montagne entre dans sa sixième année consécutive d’application, du 1er novembre 2026 au 31 mars 2027. Dans 34 départements montagneux, voitures, utilitaires et camping-cars doivent obligatoirement être équipés de quatre pneus hiver homologués (marquage 3PMSF) ou transporter des chaînes ou chaussettes pour au moins deux roues motrices. Les pneus marqués M+S seuls ne sont plus acceptés depuis deux ans. L’obligation s’applique même par temps sec dans les communes classées. Subtilité de taille : selon une réponse gouvernementale publiée au Journal officiel du 17 février 2026, aucune sanction spécifique n’est prévue en cas de non-respect.
Du côté du tabac, 59 références sur 4 999 changent de prix au 1er novembre, avec 37 hausses et 22 baisses.