Critique

Avec Baron Noir, Canal + se lance dans le thriller politique

Business

Par Elodie le

Présentation de la nouvelle création originale de Canal +, Baron Noir, dont nous avons pu découvrir en avant-première le premier épisode… très prometteur.

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crédits : Canal Plus

La politique, c’est 50 nuances de gris – non pas que nos élus s’adonnent aux plaisirs sado-masochistes, quoiqu’on serait en droit de se poser la question parfois- et Baron Noir, la nouvelle série politique de Canal + nous le prouve.

L’épopée politique et judiciaire de Philippe Rickwaert, député-maire du Nord, porté par une irrépressible soif de revanche sociale. Lors de l’entre-deux tours des élections présidentielles, il voit son avenir politique s’effondrer lorsque son mentor, le candidat de gauche, le sacrifie pour sauver son élection. Déterminé à se réinventer une carrière, Philippe va utiliser élections et temps forts politiques pour s’imposer pas à pas, contre celui qui l’a trahi, mais fort d’une alliance nouvelle avec la plus proche conseillère de son ennemi.

Indispensable, mais incontrôlable, aussi menteur que sincère, cultivant des amitiés dans toutes les strates de la société, y compris au sein de la police et du grand banditisme,sa vie est un fascinant chaos organisé, un combat de chaque instant contre ses ennemis – et ses propres démons.


Baron Noir – Bande Annonce [HD] par CANALPLUS

Portée par l’excellent Niels Arestrup (le ténor du PS Francis Laugier) et Kad Merad ( député-maire du Nord Philippe Rickwaert), cette série n’a rien de manichéen, tout n’est pas noir ou blanc. Ses personnages ne sont pas totalement méchants ou véritablement gentils, le pouvoir les corrompt, les oblige à composer avec la morale et/ou leurs valeurs, et ce, pour le bien de leur « parti ». Pas de « tous pourris » qui prévaut aujourd’hui.

Invités à découvrir le premier épisode de cette série, Baron Noir est un véritable thriller politique qui s’annonce très prometteur.

Les seconds rôles ne sont pas là pour faire tapisserie, ils sont étoffés et paraissent beaucoup plus complexes qu’au premier abord. Le casting est brillamment distribué, l’écriture est soignée et promet de bons moments de tensions et la réalisation est également très réussie : la série filmée à hauteur d’épaule, embarque de téléspectateur.

À la fin de la projection, nous avons pu nous entretenir avec l’un des producteurs de Baron Noir Thomas Bourguignon, la comédienne Astrid Whettnall (qui interprète l’adjointe au maire Véronique Bosso) et Éric Benzekri, l’un des co-auteurs de la série (avec Jean-Baptiste Delafon).

Si ce dernier ne cache pas avoir fait ses armes au sein du PS (comme conseiller), n’allez pas croire qu’il chargera un camp plutôt qu’un autre ou disséminera çà et là des indices rappelant une personnalité ou un fait politique ayant fait les gros titres de la presse.

Son passage en politique n’est là que pour servir le réalisme de la série. Point. Un réalisme poussé à l’extrême puisque c’est la 1ère fois dans une série française où les noms des partis politiques et médias seront les mêmes que dans la vraie vie (IRL). Si les Anglo-saxons osent appeler un chat un chat et le Labour, le Labour, en France, une coutume non écrite préfère « travestir » la réalité.

Côté influence, si la référence peut paraitre évidente, là encore, il n’en est rien, oubliez House of Cards, « trop cynique et irréaliste » pour Benzekri, et optez plutôt pour un savant mélange entre Les Sopranos et À la Maison Blanche : loyauté, clan, trahison, allégeance, pouvoir, ruse, faux semblants, etc.

Les nostalgiques du Canal historique retrouveront d’ailleurs avec plaisir Michel Muller (Fallait pas l’inviter) en homme d’affaires opportuniste.

Baron Noir débute ce lundi 8 février à 20h55 sur Canal +