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Critique Hope : un film aussi excitant qu’un shoot d’adrénaline couplé à un rail de poudre

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Hope n’est peut-être pas le film dont les cinémas vont faire grand bruit alors que des grosses productions françaises comme Moulin ou Le Fantôme de l’Opéra débarquent. Pourtant, c’est peut-être ce que vous pourrez voir de plus fou en 2026.

Cela fait des années que l’Asie s’est donnée pour mission sacrée de démontrer à l’industrie hollywoodienne que dès qu’il s’agissait de pousser les curseurs de l’inventivité et du divertissement, il fallait compter sur le continent. On peut parler de RRR de l’indien S. S. Rajamouli. On peut parler de Godzilla Minus One du japonais Takashi Yamazaki, dont la suite très attendue débarque la semaine prochaine dans nos salles. Et on peut évidemment parler du cinéma coréen dans son ensemble et plus particulièrement du retour de Na Hong-jin qui, depuis The Chaser en 2008, s’est assis à la table des grands cinéastes nationaux comme Park Chan-wook, ou encore Bong Joon-ho. Et si on parle de lui aujourd’hui, c’est parce qu’après un passage remarqué au Festival de Cannes plus tôt dans l’année, son Hope sort en salles et avec lui, l’espoir d’un cinéma différent.

Critique Hope : un film aussi excitant qu'un shoot d'adrénaline couplé à un rail de poudre
© Universal

Résumer Hope est déjà un défi en soi. Simplement, on peut dire qu’une créature étrange vient de débarquer dans la petite ville de Hope et commence à tout ravager sur son passage. Afin de protéger les habitants, deux policiers font tout ce qu’ils peuvent pour arrêter la bête, y compris sortir l’artillerie lourde. De l’autre côté, un groupe de chasseurs suit une autre piste en forêt et découvre que la créature n’est peut-être pas arrivée seule.

De la passion des débuts

Pourquoi ce résumé était-il un défi ? Car Hope n’a rien d’un film “simple” tout en assumant l’être complètement. Après dix ans d’absence, Na Hong-jin semble n’avoir rien voulu s’interdire et signe un long-métrage qui mélange les genres comme des bonbons et on part sur un roller coaster qui ferait passer tout Europa-Park pour une banale fête des voisins. Pendant 157 minutes, le film va mélanger l’action, le frisson, la science-fiction, la comédie absurde, le survival, le film catastrophe dans un délire ultra-généreux et complètement fou.

Critique Hope : un film aussi excitant qu'un shoot d'adrénaline couplé à un rail de poudre
© Universal

Il est impossible d’être prêt à voir Hope, tout bêtement parce que lui-même se garde bien d’indiquer une direction claire à sa narration. Le long-métrage débute par une grosse heure de plan-séquence sans temps mort où on explose les bâtiments et les figurants. De l’action non-stop digne des blockbusters hollywoodiens, seulement amoindri par un rendu numérique de la bestiole assez dégueulasse, il faut bien l’avouer – et ce malgré le plus gros budget du cinéma coréen engagé, 74 millions de dollars.

Mais derrière ce décor éclaté et cette hyper-violence presque gratuite, on retrouve notre héros complètement dépassé et un peu gauche, rappelant le récent Resident Evil dans le traitement du personnage vaillant pas plus que nécessaire. Un moment où le cinéaste coréen peut laisser parler sa mise en scène et son sens de l’esthétisme avec des angles caméra bougrement inventifs. Rien que dans la manière de filmer le monstre, invisible jusqu’à ce que le réalisateur décide de le dévoiler, il y a de l’audace, du génie, et surtout beaucoup de folie.

La cohérence ? Quelle cohérence ?

Après cette descente à cent à l’heure, Hope ralentit, non sans avoir achevé sa première partie avec l’apparition d’un personnage façon badassitude incarnée (la policière Sung Ae au caractère bien trempé). Là, la comédie prend presque le dessus avec des dialogues enfantins et des attitudes grand guignolesques chez de nombreux protagonistes. On en oublie presque les nombreux morts du début pour tomber dans la satire, la pure blague. De la même manière qu’une policière peut devenir infirmière ou se la jouer Fast & Furious tout en jurant comme l’oncle bourré, Hope se plaît à ne jamais rester enfermé trop longtemps dans des codes et montre que l’humour peut succéder à l’horreur.

Critique Hope : un film aussi excitant qu'un shoot d'adrénaline couplé à un rail de poudre
© Universal

Puis vint la troisième partie qui semble être encore autre chose. Là, le film démontre bien plus d’ambition, à tous les niveaux. Au point où ce que l’on pensait savoir vole en éclats et on ne sait plus du tout ce que l’on regarde. Action, comédie, horreur, science-fiction, tous ces genres dont on a déjà fait étalage peuvent se mélanger ici au sein d’une même scène, comme si nous avions plusieurs films en un et que le réalisateur parvenait à faire communiquer dans un jeu d’équilibristes qu’il pourrait sembler impossible à reproduire.

L’envie d’avoir envie

Tout est parfait et rien ne l’est en même temps. On peut détourner le regard face à un effet gore, puis rire ouvertement face à un personnage définitivement immortel (“Tu es trop fort ! Tu es acteur ? Je t’aime !”). On se retrouve devant un carnage et des séquences d’action façon Predator, puis on s’embarque soudainement dans la course-poursuite la plus longue (et ridicule ?) du monde. Hope est le style de film qui ne s’impose aucune règle de convenance et qui préfère rajouter des couches sur des couches, au point d’en épuiser plus d’un.

Critique Hope : un film aussi excitant qu'un shoot d'adrénaline couplé à un rail de poudre
© Universal

On voit les failles, on voit les coupes au montage et pourtant, on ne parvient pas à détester le film, à s’en énerver parce qu’il n’y a pas un moment où il oublie son public. Il nous invite constamment à grimper avec lui dans ce gigantesque tambour de machine à laver. Le genre de production qui ne peut pas plaire à tout le monde, qui ne le cherche pas de toute manière, mais dont on ne peut jamais reprocher l’envie de repousser ses propres limites, sa propre bêtise. Il est anormal, bancal, et c’est aussi ce qui fait son charme.

Cerise sur le carrot cake, il tente également de nous raconter une intrigue plus terre-à-terre autour de cette race extraterrestre, portée par Michael Fassbender et Alicia Vikander, à laquelle on ne comprendra pas grand-chose, volontairement, comme si le long-métrage exigeait une suite. Ce que le réalisateur a déjà appelé de ses vœux. On a beau avoir trouvé le temps parfois un peu long tant le film arrive à nous épuiser par sa frénésie ininterrompue, il est impossible de ne pas partager l’enthousiasme de Na Hong-jin. Parce que Na Hong-jin est le genre de gars que lorsqu’on lui demande : “Tu veux mettre quoi dans ton film ?”, il répond juste : “Vous pouvez répéter la question ?”, évidemment qu’on veut aussi un Hope 2 !

 

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