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Critique Lanterns : la série qui éclaire enfin la lanterne du DCU de James Gunn

Ce dimanche 16 août, Green Lantern fait son grand retour sur les écrans avec la série Lanterns, diffusée sur HBO Max. Un comeback après quinze ans d’absence pour un personnage boudé après le fiasco du film de 2011, porté à l’époque par Ryan Reynolds. On a vu les quatre premiers épisodes et ceux-ci sont-ils suffisants pour espérer enfin un traitement à la hauteur du personnage ?

Qu’on se le dise : à l’heure où Spider-Man surfe sur le box-office et est plus que jamais en tête des charts, dans une ère où Batman est toujours aussi populaire, Superman a enfin, depuis Man of Steel, eu un film à la hauteur de sa popularité et que les Avengers font encore et toujours office d’événement à chaque réunion, Green Lantern est ni plus ni moins un super-héros maudit.

Celui qu’on a oublié et enterré aussitôt, après une seule et unique sortie au cinéma. C’était en 2011, c’était avec Ryan Reynolds et c’était une véritable catastrophe industrielle. Tellement cata que Warner Bros n’a jamais retenté l’expérience, que Reynolds, déjà très pas heureux avec X-Men Origins : Wolverine, a bien failli être l’acteur abonné aux projets super héroïques ratés et que le personnage n’est plus jamais réapparu en live action, tout simplement.

Une série, huit épisodes, deux Green Lantern

Alors revoir Green Lantern, même sur le petit écran, c’est un petit événement quand même. Quitte à corser la difficulté, ce n’est pas un mais deux Green Lantern qui sont au programme de Lanterns, la série diffusée, en huit épisodes, à compter de ce 16 août sur HBO Max et qui s’inscrit dans le DCU de James Gunn. Plutôt que d’imiter le film de 2011 et de se concentrer uniquement sur le personnage d’Hal Jordan, le choix des équipes narratives de Lanterns a été différent.

Chris Mundy, Tom King et Damon Lindelof, les trois cerveaux créatifs de la série, ont décidé d’aborder le cas du Protecteur de l’Anneau vert d’une toute autre manière. Déjà, Hal Jordan ne sera pas seul, il se retrouve flanqué de John Stewart. Dans les comics, le deuxième est le successeur du premier. Dans la série, John Stewart est formé au rôle de Green Lantern par Hal Jordan et vient le suppléer dans sa tâche, protéger la Terre de toute menace extraterrestre, et non le remplacer.

Quand True Détective, L’Arme Fatale et Twin Peaks se mélangent…

Ce postulat de base introduit d’entrée la relation et les différences entre les deux personnages. Hal Jordan est un vieux Green Lantern, bourru, pas toujours aimable, imbu de sa personne et pas du tout tendre avec John Stewart, qu’il ne cesse de surnommer Junior. Ce dernier est jeune, très soucieux des règles, un peu naïf sur les bords et impatient d’épouser le rôle et la destinée qui lui sont promis, ainsi que la bague verte censée lui conférer ses pouvoirs. Le duo marche parce que les deux se complètent bien.

Lanterns Dc
© DC

On a vu ça mille fois, mais la formule du buddy movie et de l’Arme Fatale marchent encore en 2026, qui plus est grâce à la qualité de ceux qui l’incarnent. Aaron Pierre est parfait dans la peau de John Stewart, Kyle Chandler l’est tout autant dans celle d’Hal Jordan et le cocktail des deux offre très vite quelques scènes bien grinçantes et des dialogues savoureux, autant pour l’avancée de l’histoire que pour la caution humour qui se dégage tout de même, par séquences, de la série.

Une narration qui rend hommage aux comics, ni plus ni moins

Les deux personnages sont fidèles à ce qu’ils sont dans les comics : Hal est un ancien pilote, marqué par la mort de son père et ce décès va lui permettre de répondre au défi de l’Anneau et à son plus grand challenge : celui de ne pas avoir peur pour être digne de le porter. John a un passé militaire et une sensibilité toute particulière pour l’art, ce qui va fortement influer sur la qualité et la forme de ses constructions. La façon dont la série et notamment, les quatre premiers épisodes, raconte les origines de l’un et les motivations profondes de l’autre, est plutôt bien pensée.

Elle n’est pas linéaire, puisqu’elle se manifeste soit dans les dialogues, soit dans des flashbacks posés ici et là au fur et à mesure que l’histoire avance. Et très vite, cette série épouse le cahier des charges qui est le sien : introduire le public à l’univers des Green Lantern, avec des caméos, des easter eggs et des révélations qui arracheront, très vite, un sourire de satisfaction aux connaisseurs. Ne comptez pas sur nous pour révéler quoi que ce soit en l’état, on a promis de ne pas spoiler et ce n’est pas le but de cet article. Mais nul doute qu’on aura l’occasion d’analyser certains éléments dans les semaines à venir.

Plus enquête policière que space opéra

Puisqu’on aborde le cas de l’histoire, celle-ci épouse les traits d’une enquête policière. Un match de base-ball dans une petite ville du Nebraska, Rushville, ayant fini en bain de sang attire l’attention d’Hal Jordan. Ce dernier soupçonne quelque chose de plus grand derrière le drame et embarque avec lui un John désireux d’apprendre et vite. À l’époque, James Gunn avait volontiers cité les séries True Detective et Slow Horses comme source d’inspiration pour la série. On ne peut que confirmer la tendance après quatre épisodes. On rajoutera aussi quelques noms supplémentaires, comme celui de Twin Peaks, tant Rushville et ses habitants entretiennent le mystère en permanence. Et cela vaut d’ailleurs pour Hal et John, loin de partager l’un et l’autre tous leurs petits secrets. Et ils en ont.

Hal Jordan Et L'anneau
© HBO Max

Là où la série était attendue, c’était sur la filiation au personnage oui et de ce point de vue, on a été très vite rassuré mais aussi sur la façon d’aborder l’aspect fantastique de la question. Choisir le domaine de l’enquête policière comme principal cadre de la série n’est pas un choix anodin. Ce qui a fait couler le film Green Lantern de 2011, ce sont ses affreux effets spéciaux, notamment la CGI dynamique volontairement imposée au costume de Ryan Reynolds. Ce qui a retardé maintes et maintes fois le projet de série porté par Greg Berlanti (Flash, Arrow, DC Legends of Tomorrow, Supergirl, Titans, Superman & Lois) à l’époque, ce sont aussi ces satanés effets spéciaux et le budget colossal que ces derniers demandent, sans compter les idées ambitieuses qu’avait le showrunner à l’époque. L’arrivée de James Gunn a bousculé les plans au sujet du personnage.

Des effets spéciaux (volontairement) rares mais réussis

Mais si l’idée d’un duo de Green Lantern version flics a du potentiel, il n’en demeure pas moins que l’on attend des prouesses de l’un et de l’autre. On veut voir l’anneau, on veut voir leurs pouvoirs et on veut surtout que l’ensemble fonctionne, pour éviter le cringe et la torture visuelle ressenties il y a 15 ans. Autant le dire tout de suite, les effets spéciaux de Lanterns étaient notre plus grande crainte. Puis on s’est rappelé que c’était tout de même HBO derrière, que des séries d’envergure commandées par la chaîne avaient déjà prouvé leur qualité en la matière et que James Gunn, qui mise énormément sur le personnage, n’avait pas l’intention de le galvauder.

Lanterns : découvrez les 5 premières minutes de la série (et ça va faire débat) !
© HBO Max

Lanterns est, à ce niveau, une série qui réalise un sans-faute. Le lore est respecté et la façon de retranscrire l’anneau aussi. Les effets spéciaux sont réussis et on sent surtout la volonté des équipes de miser sur la qualité plutôt que sur la quantité. Le choix de l’enquête policière, l’ambiance petite ville et son côté mystérieux justifient le fait qu’on ne voit que très peu les pouvoirs des Green Lantern. Et surtout, on comprend mieux pourquoi Warner a abandonné l’idée du space opéra que Berlanti voulait instaurer : trop cher, trop complexe. Ici, les constructions des Lanterns ne sont pas dénuées d’humour, surtout celle d’Hal Jordan. Et quand John Stewart libère son esprit, le résultat est on ne peut plus détaillé.

Un manque d’action à l’allumage qui peut déplaire

Si vous vous attendiez à une débauche d’effets spéciaux et de démonstration de force en tout genre, sur ce point précis, vous risquez d’être déçu et clairement sur votre fin. Oui on verra un Porteur d’anneau voler, oui, on verra un bout d’espace et on aura même droit à un bout de costume, qui ne nous a pas particulièrement convaincu. Lanterns ne renie rien de ces ingrédients mais il ne base pas l’entièreté de son propos dessus. Il va plutôt jouer autrement la carte du fan-service, et il le fait bien d’ailleurs.

Hal Jordan Et John Stewart
© HBO Max

La série se veut aussi très complexe, dans son approche narrative – soyez bien concentrés, c’est un conseil – et on espère que son final aura sa part de grandiose et de réponses satisfaisantes à nous offrir. En tout cas, ces quatre premiers épisodes, leur part de révélations et leur agencement nous ont plu. Vivement la suite… en attendant, le premier épisode de Lanterns, c’est ce dimanche 16 août sur HBO Max.

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