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Film raté, guerre de plateau, fiasco historique au box-office : pourquoi Green Lantern, le héros emblématique de chez DC Comics, a du mal à exister en live action ?

Il y a 15 ans, sortait au cinéma Green Lantern, avec Ryan Reynolds en tête d’affiche. Un film ambitieux sur le papier, catastrophique sur grand écran et qui a totalement annihilé depuis toute apparition du personnage en live action. Retour sur l’un des plus grands fiascos de l’industrie super-héroïque et les raisons de ce bide intersidéral.

Green Lantern revient à l’écran. Pas en animation cette fois, comme il est coutume pour le personnage depuis que DC Comics et Warner Bros Discovery, surtout, exploitent les droits du super-héros. Le Porteur de l’Anneau vert se lance dans de nouvelles aventures, à partir du 16 août, sur HBO Max et à travers le regard de deux de ses plus emblématiques représentants : Hal Jordan et John Stewart, tous deux campés par Kyle Chandler et Aaron Pierre, dans une ambiance décrite à la True Détective.

Hal Jordan
© HBO Max

La dernière fois que l’on a vu un Green Lantern en live action, c’est dans le film Justice League de Zack Snyder. Le temps d’une fugace apparition, au moment d’expliquer le concept des mother boxes et de l’ancienne bataille perdue par Darkseid et ses troupes. Mais la seule et véritable adaptation du super-héros en prises de vue réelles remonte à il y a 15 ans. Et elle est malheureusement mémorable.

Une sortie au cinéma en plein lancement réussi du MCU

Nous sommes en 2011. Un an avant que le raz-de-marée nommée Avengers n’inonde les salles de cinéma. Marvel Studios a déjà posé ses billes et son univers est déjà bien implanté avec le succès quelques années auparavant d’Iron Man (2008), qui a non seulement relancé un acteur que l’on pensait perdu pour Hollywood, Robert Downey Jr., mais aussi à d’autres projets de voir le jour, comme Thor, Captain America ou encore l’Incroyable Hulk.

Ryan Reynolds est choisi pour incarner le personnage d’Hal Jordan, dans un scénario reprenant l’origin story du personnage. Un vaisseau extraterrestre s’abat sur Terre. Son pilote, Abin Sur, confie l’anneau et ses pouvoirs à un Hal Jordan médusé. Ce dernier devient un Green Lantern et va devoir affronter une menace effrayante en la personne de Parallax. Reynolds prête son humour et son énergie à un Hal Jordan totalement casse-cou et qui masque ses peurs sous une forme d’insouciance et de flegme maladif.

Le choix de la CGI intégrale, le début de la fin

L’acteur s’époumone comme il peut et, point positif (le seul finalement de la catastrophe qui s’annonce), rencontre celle qui partage toujours sa vie aujourd’hui, Blake Lively. Derrière, le film est un véritable flop, aussi bien commercial que critique. Le long-métrage réalisé par Martin Campbell se fait proprement assassiner de partout. La presse américaine s’en donne à cœur joie et fustige les 200 millions de production du projet, tous dilapidés dans le choix volontaire du studio, à l’époque, de miser sur la CGI et de foutre des effets numériques absolument partout, y compris sur le costume de Ryan Reynolds.

Le résultat était prévisible : le film est d’une laideur confondante dans les plans où il est censé nous scotcher à notre siège, le rendu du costume est raté et les décors sont hideux. Ils l’étaient déjà en 2011, ils le sont évidemment encore plus en 2026. Le film atteint les 26 % sur Rotten Tomatoes pour la note critique, le public rehaussant à peine la note (45 %). Pourquoi tant de haine ? On l’a dit plus haut : parce que Green Lantern est visuellement raté, malgré les dizaines de millions de dollars que Warner Bros a remis au pot pour finir les milliers d’effets numériques manquants et assurer la conversion du film au format 3D. Mais pas que.

Un scénario qui change tout le temps, un réalisateur en guerre avec le studio

Sur le plateau de tournage, les scénaristes se sont succédés. L’histoire du film a été vu, revu, re revu et la tension n’a cessé de monter entre Martin Campbell et la Warner. Divergence de points de vue. Mais aussi problème de casting : les super-héros, ce n’est pas le dada de Martin Campbell, réputé pour avoir su dépoussiérer la licence James Bond avec les excellents GoldenEye mais surtout Casino Royale. Green Lantern est une curiosité professionnelle pour le réalisateur néo-zélandais, qui aura du mal jusqu’au bout à composer avec les choix imposés par le studio.

Parallax ? Campbell, comme nous d’ailleurs, a regretté la direction artistique choisie, qui a transformé le méchant en un gros nuage avec un visage. Il a aussi peu apprécié les coupes budgétaires réalisées au forceps, qui ont accouché de scènes coupées au montage, comme la mort du père d’Hal Jordan en introduction du film, où à une bataille épique de fin. Enfin, l’ingérence du studio dans sa réalisation a eu raison de sa patience, au point que l’intéressé s’est promis de ne plus jamais réaliser de film de super-héros de sa vie.

Sinestro
© HBO Max

Le reste ? Un film mal rythmé, mal joué aussi parfois et au ton inégal. Parfois drôle, parfois sérieux, Green Lantern n’est ni l’un ni l’autre à la fois, avec un Ryan Reynolds qui en fait des tonnes pour tenter de sauver le bateau du naufrage. En tout, c’est 300 millions de dollars qui ont été injectés dans ce film, avec le marketing agressif de Warner Bros pour un résultat atteignant difficilement un peu plus de 200 millions de dollars au box-office.

Un film banni, comme le nom de Voldemort dans les bureaux

Pourtant, revoir Green Lantern aujourd’hui a son charme. Parce que le film tente des choses, comme montrer l’univers des Green Lantern et les autres visages des Green Lantern Corps. Parce que le couple Reynols-Lively est l’un des rares choses réussies dans le film, avant d’assurer plus que le coup dans la vraie vie. Parce que le film tente du mieux qu’il peut se coller au comics et de faire honneur au personnage, avec un Sinestro plutôt réussi, lui.

Green Lantern 2011
© HBO Max

Depuis, il aura fallu attendre 15 ans et des projets de série maintes et maintes fois repoussés pour que Green Lantern ait droit à une deuxième chance. La marque était devenue tellement toxique pour le studio et moquée par le public que tout projet autour du personnage a été suspendu. Zack Snyder a eu, notamment, pour interdiction de l’introduire comme membre de la Justice League. Du moins, pas tout de suite. Le défi colossal en termes d’effets spéciaux a notamment été l’une des autres raisons, qui plus est après le désastre visuel du film de 2011.

Une idée de série déjà en 2019, mais à l’ambition beaucoup trop démesurée

C’est en grande partie cela, et les changements de showrunner à répétition qui ont eu raison du projet gargantuesque de Greg Berlanti, qui voulait adapter sur petit écran l’univers des Lanterns. C’était en 2019 et à ce moment-là, on a bien cru que le Porteur d’Anneau était vraiment maudit. Mais depuis, James Gunn est venu à la rescousse. L’univers connecté DC Comics au cinéma a été rebooté.

Et le projet Lanterns a vu le jour, avec un scénario ancré sur Terre, un ton policier et donc, des moyens importants mains moins contraignants que ceux requis par un space opéra de grande envergure. Verdict attendu désormais toutes les semaines à partir du 16 août pour savoir si le savoir-faire d’HBO en matière de projets ambitieux suffira à éclairer la lanterne, cette fois.

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