On est presque tentés de reprendre les premiers paragraphes de certains de nos articles les plus récents autour des sorties Prime Video. Il faut dire que quelques jours – ou semaines si on veut être sympa – séparent Butterfly, série d’espionnage-action et The Terminal List : Dark Wolf, série d’espionnage-action. Et ça vaut également pour les 36549 projets du même calibre qui ont vu le jour sur la plateforme de streaming. Bon, il faut dire qu’à côté, on se mange des War of the Worlds, donc à choisir…
Néanmoins, on ne mettra pas ce Dark Wolf dans le même panier puisqu’il répond à une certaine logique économique. The Terminal List, show emmené par Chris Pratt, avait beau être un bébé assez gras, il a trouvé son public et a fait des portefeuilles heureux au sein du service d’Amazon. Il paraissait donc inévitable de revoir la licence sur Prime Video.

Navy Seals, quel est votre métier ? Aouh, Aouh !
Pas de suite, mais un préquel donc, puisque le show s’intéresse cette fois au personnage de Ben Edwards, toujours incarné par Taylor Kitsch, l’ami presque fidèle de Reece (Chris Pratt). Quelques années avant les événements qui ont conduit Reece à une vendetta meurtrière, Edwards est cantonné en Irak en tant qu’officier des Navy Seals. Mais lorsque la traque d’un trafiquant d’armes prend une tournure personnelle, il dépasse les bornes et est exclu, lui et un camarade, des forces armées. C’est là qu’ils vont être recrutés par une branche secrète de la CIA pour finir le boulot.
Contrairement à son aîné, le projet The Terminal List : Dark Wolf n’est pas directement né des écrits de Jack Carr. C’est l’interprétation de Taylor Kitsch et l’apport du co-créateur David DiGilio qui ont permis de développer le personnage au-delà de son modèle papier pour ensuite accoucher de cette idée de préquel. Un préquel resté entre les mains de DiGilio et de Carr pour assurer la continuité de l’univers, avec apparition de Chris Pratt en prime. Bon, de notre côté, n’ayant pas particulièrement été enchantés par le premier essai – qu’on a dû revoir, car on l’avait intégralement oublié depuis – on n’allait pas crier victoire trop vite non plus.
Pour le coup, on reconnaît assez facilement la plume des auteurs. La série est toujours une belle ode à l’amitié virile, au patriotisme, à la grandeur des Navy Seals et à la fin qui justifie les moyens. La subtilité n’a jamais fait partie de l’ADN de The Terminal List, ça ne va pas commencer maintenant.

Meute de loups
Toutefois, Dark Wolf ne se calque pas sur son modèle puisque, de ce que l’on a pu voir, la série tire moins sur l’action solitaire que sur le travail d’équipe. Moins de bourrin, plus de réflexion, de collecte d’informations et de préparation. L’ambiance reste similaire, mais il y a un vrai changement dans la narration.
Les premiers bénéficiaires sont les rôles secondaires. Utilitaires dans The Terminal List, les personnages d’arrière-plan gagnent une belle mise en lumière, quitte à voler plusieurs fois la vedette à ce cher Kitsch. L’acteur n’avait-il pas la popularité d’un Pratt pour tenir tout seul le navire ? Il faut croire que non puisqu’il n’obtient même pas les séquences les plus intéressantes.
Tom Hopper (Umbrella Academy) et Dar Salim (The Convenant) ont davantage de profondeur, notamment autour de la question morale, et on sent que c’est à travers eux que le show peut vraiment raconter quelque chose. Comme si les showrunners avaient préféré travailler sur des toiles vierges davantage que sur un Edwards dont on connaît déjà la fin. Fin rappelée par l’intermédiaire d’un superbe montage du générique au demeurant. Comme quoi, Kitsch a beau faire de son mieux pour devenir une tête d’affiche assurée, il semblerait que ce ne soit pas encore pour demain.

Cependant, il reste encore un gros espoir que tout ce que les épisodes suivants renversent la vapeur et se recentrent sur le bonhomme. Tout simplement parce que les trois épisodes visionnés, malheureusement, ne nous offrent pas assez de matière pour savoir dans quelle direction The Terminal List : Dark Wolf compte aller…
Et sinon, ça commence quand ?
Ce qui ne joue pas en sa faveur. La fournée avec Chris Pratt faisait déjà tout pour ralentir son rythme malgré un scénario qui ne prenait pas le temps de la psychologie, mais ici, le procédé est poussé à l’extrême. Le premier épisode est une introduction au suivant, qui sera lui-même une introduction au suivant. Et lorsque la chose semble enfin démarrer, on accuse déjà trois heures au compteur.
Ce n’est pas pour rien que Prime Video diffuse d’abord ces trois tours de piste avant d’enchaîner avec un épisode hebdomadaire. Ce n’était que l’entrée. Sauf que cette entrée constitue quasiment la moitié de la saison et qu’il faudrait une sacrée surprise pour relancer le moteur.

Parce que le souci d’avoir un bon paquet de programme du même acabit dans son catalogue, c’est qu’il faut parvenir à se différencier de la concurrence. Et en l’état, The Terminal List : Dark Wolf ne paraît pas avoir de quoi tenir la longueur. À l’image de son prédécesseur, on a encore un droit à un condensé de tout ce que l’on a déjà vu ailleurs, cette fois davantage dans le genre de l’espionnage que de l’action.
L’équipe créative étant restée identique, le nom d’Antoine Fuqua à la réalisation du premier épisode en moins – et c’est un gros moins – on ne peut s’attendre à voir toutes les erreurs passées aujourd’hui corrigées par miracle. De sorte que ses aspects les plus intéressants risquent bien de finir également par ne rien donner de consistant.
En l’état, pour le bien du show et parce qu’on apprécie Taylor Kitsch malgré tout, on a envie de croire que The Terminal List : Dark Wolf va finir par déployer ses ailes et nous offrir davantage d’épaisseur dans son récit et de générosité dans son action. Car ces trois premiers épisodes ont beau être corrects, dans la lignée de n’importe quelle autre production équivalente, ils n’avaient pas ce supplément d’âme qui nous donnerait envie de continuer.
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