Si vous êtes allés sur Prime Video ces derniers jours, impossible que vous ayez réussi à l’esquiver. Sauf à avoir un abonnement sans publicité, évidemment. Il n’y a pas une pause publicitaire d’un programme de la plateforme de streaming sans que les mêmes phrases ne se répètent : « Tu ne peux pas continuer comme ça », « il faut l’arrêter », etc.. Bon si vous avez encore moins de chance, c’est la bande-annonce de The Pickup qui tourne en boucle. En attendant, le teaser de Butterfly est partout.
Une campagne promotionnelle, du moins au sein du service SVoD, qui semble porter ses fruits puisque la série menée par Daniel Dae Kim (Lost, Hawaii 5-0, Good Doctor…) est aujourd’hui dans le Top 3 du classement des programmes les plus visionnés de Prime Video, seulement quelques jours après sa mise en ligne. Sauf à dire que le classement est trafiqué et que l’algorithme est conçu pour mettre en avant les nouveautés. Qu’importe, la stratégie a fait son office et on s’est tapé les six épisodes de la saison 1, rien que pour savoir si elle pouvait continuer comme ça.

L’histoire de Butterfly
Adaptée d’un comics d’Arash Amel, Butterfly nous plonge dans un karaoké où David (Dae Kim), rond comme une queue de pelle, s’éclipse de sa bande de copains après une reprise endiablée. Mais David n’est pas ivre, c’est un ex agent qui a simulé sa mort des années auparavant et il a une idée derrière la tête : retrouver sa fille (Reina Hardesty, vue dans StartUp).
Cette dernière est désormais une assassin sociopathe aux services de Caddis, une organisation co-créée par David à l’époque, aujourd’hui contrôlée par Juno (Piper Perabo, vue dans Yellowstone), son ancienne partenaire. Entre un père qui l’a abandonné et une femme qui l’a élevé comme sa fille, Rebecca va devoir choisir le sens qu’elle donne au mot famille.

Mieux qu’une chanson de Superbus ?
Prime Video s’est depuis longtemps spécialisé dans le genre de l’action-espionnage et on ne compte plus les programmes qui cumulent course-poursuite, bagarre, échanges de tir, infiltration et re-bagarre. La saga Citadel, Reacher, Jack Ryan, ou même récemment Countdown, les récits se multiplient et le genre diffère un peu, mais l’essentiel reste le même. Et dans ce gros tas, il y a forcément à boire et à gerber. Quand Butterfly débute, on se dit qu’on est mal embarqué.
Avant de passer pour les râleurs de service, il faut savoir mettre du vin dans son eau. Dès les premières minutes, la série chapeautée par Ken Woodruff (The Mentalist) et le petit nouveau Steph Cha entend nous en mettre plein la vue avec de l’action, de l’action et de l’action. Le moins que l’on puisse dire, c’est que tout au long des six épisodes, il est délicat de s’ennuyer tant le show maintient un rythme constant et sait rapidement passer de l’introspection à l’explosion. Pour qui n’aurait pas eu sa dose d’adrénaline, ça fait le café comme on dit.
On est aussi ravis de voir Daniel Dae Kim, également producteur exécutif, enfin au premier plan. L’acteur est talentueux et vole d’un genre à l’autre avec l’aisance des grands. Néanmoins, les femmes piquent la vedette. Perabo gagne en puissance au fil des épisodes, aussi bien par l’épaisseur de son personnage que par sa qualité de jeu. Mais notre coup de cœur va à Hardesty qui parvient à jongler entre ses différentes facettes : l’assassin apathique, l’adolescente abandonnée devenue adulte, et la petite fille toujours admirative de son père.

La chenille pas encore papillon
Alors qu’est-ce qui cloche ? Pour une série d’action-espionnage, sa principale qualité vient de son histoire familiale et de la relation David / Rebecca, notamment avec un twist de milieu de saison. Sauf que cette dernière n’a jamais réellement le temps de s’exprimer car torpiller par les besoins en bourrinage de la production. Le traitement du duo père-fille est parasité par la nécessite de se farcir un énième conflit avec une méchante et puissante organisation. Le plus dramatique, c’est que le final de l’ultime épisode amène enfin les enjeux que nous étions venus chercher, mais qu’il va falloir attendre la saison 2. Comme si cette première fournée n’était qu’une longue introduction à la vraie série.
Et si Butterlfy a le mérite de nous faire visiter la Corée du Sud, notamment en traversant des villes et des paysages urbains variés, son action, elle, n’a rien de touristique. Certes, on sait que toutes les productions ne peuvent pas se ressembler, mais on aurait aimé voir la caméra prendre davantage de recul, surtout dans les séquences à mains nues. Ici, on a droit à un montage à l’ancienne où il faut trois plans pour démarrer le coup, donner le coup, prendre le coup. Un souci de lisibilité qui ne nous avait pas manqué…
Butterfly a du potentiel qui ne demande qu’à être mieux exploité en saison 2. En l’état, on en ressort surtout avec l’impression d’avoir visionné une énième série d’action-espionnage sur Prime Video qui fait mieux que le pire du genre, mais très loin d’avoir assez de caractère pour sortir du lot. On ne s’endort pas, néanmoins la torpeur est là face à une intrigue générale hautement prévisible. En attendant une amélioration, voilà un remplissage de catalogue de plus.
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