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Sur Netflix, faut-il voir cette comédie policière signée du papa d’Harry Potter ?

Le whodunit est un genre revenu en étant de grâce depuis quelques années et un certain Benoit Blanc. Au tour de Chris Colombus de s’en emparer sur Netflix avec un casting 6 étoiles.

Certains pourraient avancer que le whodunit, genre policier qui nous amène à résoudre une enquête parmi pas mal de suspects, ne s’est jamais fait oublier, que ce soit en roman ou à l’écran. Pourtant, il faut reconnaître qu’il a fait un retour remarqué dans la culture populaire ces derniers temps, que ce soit dans le style sérieux des Hercule Poirot de Kenneth Branagh ou dans l’approche semi-parodique de Rian Johnson avec sa saga À Couteaux tirés. C’est d’ailleurs bien cette dernière qui est la nouvelle locomotive du whodunit et encore plus chez Netflix.

La plateforme de streaming a eu le nez creux en s’attachant les services de Johnson pour la suite de sa franchise, dont le troisième opus est très attendu par les fans, y compris nous. En attendant, le service SVoD a su tirer parti de la popularité regagnée de ce sous-genre policier, notamment avec des productions comme The Resident. Ce qui nous amène au sujet du jour, la sortie de Le Murder Club du jeudi, réalisé par le papa d’Harry Potter, Chris Colombus. De quoi nous promettre une enquête passionnante ?

Sur Netflix, faut-il voir cette comédie policière signée du papa d'Harry Potter ?
© Netflix

Le synopsis du Murder Club du jeudi

Au sein d’un luxueux établissement pour retraités, quatre septuagénaires occupent leur temps libre en résolvant d’anciennes affaires criminelles classées. Mais lorsqu’un véritable meurtre a lieu dans les environs, mettant par la même occasion l’avenir de la résidence en péril, le quatuor y voit l’occasion de mettre ses talents d’enquêteur à profit.

Ils vont pouvoir compter sur l’aide de l’inexpérimentée policière Donna De Freitas pour se tenir au courant de l’avancée du dossier et remonter la piste du tueur.

Sur Netflix, faut-il voir cette comédie policière signée du papa d'Harry Potter ?
© Netflix

Une sympathique comédie, mais pas que

L’humour est sans doute l’une des clés du succès de la majorité des whodunit récents. Cette adaptation du roman de Richard Osman ne s’y trompe pas en jouant la carte de l’humour très « pince-sans-rire » britannique avec un sens du décalage savoureux. Chris Colombus se sert de son expérience du film familial, dont il est l’un des chantres avec des œuvres comme Harry Potter, Maman, j’ai raté l’avion, Madame Doubtfire, pour signer un film coloré qui appelle un certain second degré.

Cela passe par une galerie de personnages haut en couleur entre l’ancienne espionne, le syndicaliste, le psychologue trop tranquille, l’ancienne infirmière obsédée par les gâteaux… Une équipe d’autant plus charmante qu’elle est incarnée par un casting assez exceptionnel composé d’Helen Mirren, Pierce Brosnan, Ben Kingsley et Celia Imrie. De grands noms auxquels s’ajoutent ceux de Jonathan Pryce, David Tennant, Tom Ellis (Lucifer), Naomi Ackie (Mickey 17)… Tout le gratin anglophone semble s’être réuni pour une partie de cluedo en maison de retraite, avec une bonne humeur affichée.

La vieillesse qui se rebelle est autant un levier pour la comédie qu’une porte ouverte vers davantage de profondeur dramatique. On apprécie que le film embrasse aussi la tristesse de la fin de vie, l’importance du lien, social ou familial et celle d’une mort qui est autant redoutée que familière. Il y a quelque chose de touchant, de charmant dans ce Murder Club du jeudi, bien au-delà de l’enquête. Et on remercie que le projet ait eu l’intelligence de ne pas tirer sur la corde en misant sur un format en série qui aurait sûrement rajouté des couches indésirables.

Sur Netflix, faut-il voir cette comédie policière signée du papa d'Harry Potter ?
© Netflix

Une perte d’équilibre qui jette un froid

Le Murder Club du jeudi n’a rien de révolutionnaire et il est probable qu’il rejoigne une liste de projets oubliés dans quelque temps. D’autant qu’il souffre de plusieurs lacunes d’écriture qui le pénalise régulièrement. À commencer par ses quatre têtes d’affiche.

Car bien que chacun semble y trouver du plaisir, il est dommage de voir Helen Mirren, excellente au demeurant, occupée très souvent le devant de la scène en solo. S’ils ont leurs moments, Pierce Brosnan et Ben Kingsley, principalement, n’occupent aucune partie importante de l’intrigue, là où Naomi Ackie récupère le véritable second rôle. Le long-métrage se repose trop sur sa seule arme Mirren, alors qu’il a un vivier de talents qui ne demandent qu’à en faire davantage.

Un manque d’équilibre qui touche le récit lui-même avec une enquête plutôt plaisante à suivre, jusqu’à une résolution précipitée et trop facile. Comme si le film venait subitement de se rappeler qu’il se rapprochait de la fin et devait donc résoudre toutes ses énigmes en quelques minutes, choisissant la voie la plus simple. On clôture l’intrigue policière avec un goût de tout ça pour ça.

La qualité de Le Murder Club du jeudi n’est donc pas vraiment à chercher dans la gestion de son whodunit en tant que tel, mais dans son approche bon enfant et son amour des personnages truculents. Des vieux qui nous prouvent que la jeunesse, c’est surtout dans la tête. On a envie de les retrouver, même simplement au tour d’une part de gâteau et d’une tasse de thé. Un divertissement en bonne compagnie, parfois on ne demande pas plus.

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