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Scrubs : anatomie d’un retour carrément réussi

Quelques jours après Malcolm, il est l’heure pour la bande de Scrubs de reprendre du service. Juste ce qu’il faut de nostalgie et une bonne dose d’humour ? On a vu les premiers épisodes et ça pourrait bien être le seul reboot qui vaille le coup ces dernières années.

Encore un ! C’est à peu près ce que l’on dit chaque fois qu’Hollywood se décide à recycler des licences emblématiques. De mémoire courte, on a eu un reboot de Malcolm, de How I Met Your Mother et même des Sorciers de Waverly Place. Hasard ou non, toutes ces séries sont proposées au catalogue de Disney+. En avril, Mickey voit d’ailleurs triple avec les suites de Malcolm, The Handmaid’s Tale.. et Scrubs. Après la déception pour la première, l’enthousiasme pour la seconde, il est l’heure pour JD et Turk de passer sur le billard.

Elle en a encore sous le pied

Donner dans la série médicale en 2026, c’est un défi de taille…même quand on s’appelle Bill Lawrence. The Pitt fait entrer le genre dans une nouvelle ère, et c’est un adversaire de taille même pour une comédie comme Scrubs qui bénéficie pourtant de nombreux adeptes.

Scrubs Dossier Avis Retour Série3
© Disney+

Sa manière d’évoquer le milieu hospitalier et ses problématiques, de filmer les corps et les procédures médicales avec un réalisme jamais atteint, tout en retranscrivant l’effervescence d’un service heure par heure à la manière de 24h chrono, The Pitt est la série médicale dans sa forme la plus aboutie. Elle est bien partie pour être un des monuments télévisuels de la décennie. Mais alors, comment exister quand on a que la nostalgie pour argument ? Comment se réinventer à une heure où le public sait que rien n’est jamais fini ?

Lawrence prend le contrepied de nos attentes

Dès son introduction, Scrubs 2.0 aborde cette question en parodiant la série HBO. Avec cette séquence, Bill Lawrence rappelle que son but n’a jamais été de présenter les cas les plus inventifs, de mettre en scène une tension constante. Il a toujours été question de raconter la vie de ces héros en blouses, de suivre la vie quotidienne d’un hôpital où se côtoient médecins émérites et étudiants. C’est sans doute la plus belle idée de cette suite, JD et Turk sont maintenant de l’autre côté de la ligne, ils doivent transmettre leur savoir pour former une nouvelle génération de chirurgiens et de médecins urgentistes. Un legacyquel qui a enfin une raison d’être, qui se ne contente pas de jouer sur le choc des générations et sur la nostalgie.

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© Disney+

Les petits nouveaux n’incarnent pas des archétypes d’une jeunesse obsédée par les réseaux sociaux, instruite à l’heure de l’intelligence artificielle et désabusée par un monde qui tourne de moins en moins rond. Non, le retour de Scrubs se concentre sur des thématiques intergénérationnelles pour réunir jeunes médecins et vétérans. Une ode au vivre ensemble qui infuse chacune des productions de Lawrence et que l’on retrouve ici avec la même intensité.

Oui, on parle des influenceurs, des progrès technologiques et de la mutation du management pour une génération qui aspire à dépasser toute forme de toxicité au travail, mais on le fait avec l’habituel optimisme de Bill Lawrence. Encore une fois, le créateur ne juge pas, il immortalise et il nuance. Une interne a de nombreux abonnés sur les réseaux sociaux, la série en fait une occasion de parler des limites du système éducatif américain. C’est avec l’argent récolté sur les plateformes qu’elle a pu financer ses études, c’est avec les réseaux sociaux qu’elle parviendra à diagnostiquer son patient lui aussi influenceur.

Une série qui a du cœur

Scrubs ne s’est jamais caché de parler plus des affaires du cœur et de l’âme que du milieu médical. Les pensées fantaisistes de JD ponctuaient les intrigues romantiques, amicales et professionnelles. De l’acariâtre mais attachant Dr Cox, au love-interest Elliot en passant par le concierge qui passe son temps à maltraiter le héros, tous les ingrédients étaient réunis pour une comédie de groupe à la Friends, How I Met Your Mother et même The Office.

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© Disney+

Avec ce reboot, il faut donc renouer avec l’amusement des premiers épisodes autant que créer une dynamique intéressante entre nouveaux et anciens. Si la dernière saison de la série mère échouait dans l’entreprise, cette suite parvient sans peine à exploiter le cœur battant de Scrubs : l’humain. L’humain qui doute, qui s’investit trop et qui souvent échoue.

Dans ces quatre premiers épisodes, cette nouvelle saison Scrubs arrive déjà à nous faire rire franchement autant qu’à nous émouvoir. On se prend d’affection pour les étudiants, on se réjouit de retrouver JD et Turk, c’est comme si on ne les avait jamais quittés. Seule ombre au tableau, parce qu’il faut en trouver une, le nouvel “antagoniste” ne soutient pas la comparaison avec Cox, le personnage campé par John C. McGinley. On met aussi quelques réserves concernant le personnage de Vanessa Bayer, qui peine pour l’heure à s’extirper des clichés du personnage loufoque.

Scrubs Dossier Avis Retour Série2
© Disney+

Pronostic vital ?

A mi-parcours de ce Scrubs 2.0, on peut dire que Bill Lawrence est solide sur ses appuis. Évidemment cette nouvelle fournée mise sur la nostalgie pour faire recette, ne réinvente que très peu la formule et ne bouleverse pas le paysage sériel. Pour autant, elle met assez de cœur à l’ouvrage pour ne pas rejoindre la longue liste des reboots et remakes ratés.

Contrairement à bien d’autres, la motivation financière ne transpire pas par tous les pores. Et c’est peut-être en ça qu’elle se démarque du tout venant, pour une fois, l’équilibre entre nostalgie et renouveau semble avoir été trouvé. Pour une fois, on se dit que cette résurrection valait le coup. Reste à voir maintenant si Hulu s’arrêtera là ou si une saison 2 verra le jour …. au risque de s’essouffler.

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