Le mois prochain, GTA 6 arrivera (enfin) sur PS5 et Xbox Series X/S après de nombreuses années d’attente et 13 ans après la sortie de GTA 5, le précédent opus de la saga. L’année prochaine, en 2027, la licence Grand Theft Auto célébrera ses 30 ans. C’est en effet en 1997 que le tout premier opus de la saga est sorti sur PC et PlayStation.
Autant dire qu’à l’époque, GTA partait de très loin. La licence a connu une évolution graphique assez impressionnante avec pas mal de changements et de révolutions. Si aujourd’hui, GTA 6 promet d’être extrêmement beau, détaillé et réaliste, cela n’a pas toujours été le cas, loin de là !
1997-1999 : Grand Theft Auto, les débuts précaires

Le premier opus de la saga GTA débarque en octobre 1997, alors que Rockstar Games n’existe même pas. À cette époque, ce sont les studios BMG Interactive et DMA Design qui s’occupent de la production. Juste après la sortie du premier Grand Theft Auto, BMG Interactive est racheté par Take Two Interactive et deviendra Rockstar Games. En 2002, Take Two rachètera également DMA Design qui deviendra Rockstar North.
Pour la production du premier GTA (et des extensions GTA London 1969 et GTA London 1961), BMG Interactive et DMA Design utilisent un moteur de rendu fait maison qui combine des techniques 2D et 3D. C’est un moteur CPU/rastériseur créé spécifiquement par Mike Dailly et ses collaborateurs.
Le monde utilise un maillage 3D avec une caméra fixe en vue du dessus (plongée), tandis que les véhicules et les piétons sont représentés par des sprites (2D) qui changent d’échelle selon la profondeur.
1999 : GTA 2, le GTA du futur

En septembre 1999, Rockstar Games et DMA Design proposent une suite à GTA. Avec Grand Theft Auto 2, nous avons le droit au premier (et seul) GTA dans le futur. Le titre se déroule en 2013 et opte pour des graphismes moins cubiques et plus arrondis. On conserve ici le même moteur graphique, qui bénéficie seulement de quelques améliorations. Ce n’est pas le jour et la nuit, mais on note tout de même quelques changements avec notamment plus de détails.
2001-2007 : La révolution GTA III

Il faudra attendre octobre 2001, le passage sur la PlayStation 2 et l’arrivée de Grand Theft Auto III pour que la licence GTA connaisse sa première révolution. Et quelle révolution ! Cette fois, Rockstar Games et DMA Design vont utiliser le moteur RenderWare, développé par Criterion Software (filiale de Criterion Games, les développeurs de Burnout).
Grâce à ce moteur, Rockstar passe au niveau supérieur et offre un jeu intégralement en 3D. Le RenderWare est un moteur graphique et intergiciel, permettant de donner des graphismes et des API (Application Programming Interface) en 3D. Ce moteur va permettre à GTA de prendre énormément d’ampleur en offrant de meilleurs graphismes, mais aussi un gameplay plus profond.
Le jeu offrira une immersion sans précédent avec une ville de Liberty City, inspirée de New York, plus réelle que jamais.

C’est en partant sur les bases du RenderWare sur GTA III que Rockstar Games et, désormais, Rockstar North, vont réaliser un véritable exploit en moins d’un an. En octobre 2002 sort GTA Vice City qui va littéralement surclasser (et de loin) GTA III. Les équipes ont simplement amélioré et optimisés le moteur RenderWare, mais le résultat est si impressionnant qu’on avait clairement l’impression de voir un tout nouveau jeu.
C’est grâce à un travail remarquable au niveau des éclairages, de l’ambiance du jeu, et de la météo que GTA Vice City va offrir aux joueurs un rendu si différent. Là où GTA III et sa ville de Liberty City paraissait triste, grisâtre, très sombre… GTA Vice City (avec sa ville inspirée de Miami) offre des couleurs flashys, des couchers de soleil sublimes, des néons éclatants à la tombée de la nuit.
Le gameplay est lui aussi amélioré et optimisé.

Deux ans plus tard, en octobre 2004, Rockstar Games et Rockstar North dévoilent GTA San Andreas. Et, c’est une nouvelle prouesse. Cette fois, le moteur RenderWare est poussé à ses limites. Le titre est gargantuesque avec trois grandes villes, des forêts, des campagnes, un gigantesque désert. Le jeu offre une distance d’affichage bluffante sur PS2, avec une énorme diversité dans ses paysages et ses villes.
Autre point remarquable, c’est le contenu du jeu et comment Rockstar est parvenu à faire tenir tout cela sur un disque en 2004. Le gameplay est également amélioré avec plus de détails, comme la possibilité d’escalader des murs, de faire du parkour. Il y a beaucoup plus de véhicules. En trois opus, Rockstar est parvenu, grâce à un simple moteur graphique, à révolutionner sa licence.
2008-2022 : GTA IV introduit le moteur RAGE

En avril 2008, Grand Theft Auto IV va venir apporter la seconde grosse révolution de la saga GTA. Cette fois, Rockstar abandonne le moteur RenderWare pour concevoir son propre moteur graphique avec le RAGE : Rockstar Advanced Game Engine. C’est un moteur qui fut conçu spécifiquement pour les jeux en monde ouvert sur les consoles de 7e génération (PS3, Xbox 360) et sur PC. Le tout premier jeu à en bénéficier est la simulation de tennis de table, Table Tennis en 2006 sur Xbox 360.
Le moteur graphique RAGE intègre le moteur physique Euphoria, pour la gestion des animations faciales et physiques réalistes des personnages (réactions aux chocs, chutes et tirs en temps réel). Ainsi que le moteur physique Bullet qui est utilisé pour la simulation dynamique des véhicules, des objets et des débris dans Liberty City.
Grâce à tout cela, Rockstar nous offre un GTA 4 qui est le GTA le plus réaliste et le plus immersif jamais vu à sa sortie. La ville de Liberty City semble plus réelle que jamais.

Cinq ans plus tard, en septembre 2013, Rockstar Games améliorera son moteur RAGE pour la production de GTA V. Il offre encore plus de détails, plus de possibilités, pour une meilleure immersion. Mais, globalement, ce n’est pas aussi révolutionnaire que le passage de GTA San Andreas à GTA IV.
Rockstar va surtout implanter pas mal d’améliorations et d’optimisations qui ont été implantées dans d’autres jeux, comme Red Dead Redemption en 2010 avec la gestion de la faune, de la flore, ou de la météo dynamique.
2021 : l’échec de l’Unreal Engine 4

En novembre 2021, Rockstar Games fait appel aux services de Grove Street Games pour le remake de GTA The Trilogy (GTA III, Vice City et San Andreas) sur le moteur Unreal Engine 4. Et, c’est la catastrophe.
Outre le fait que le jeu va sortir trop vite, plein de bugs, l’Unreal Engine ne va clairement pas rendre honneur aux jeux de l’époque. Il faudra attendre 2024, que le studio Video Games Deluxe (qui fut depuis racheté par Rockstar pour devenir Rockstar Australia) reprennent le développement de la trilogie.
Désormais, GTA The Trilogy : The Definitive Edition offre un rendu, un contenu et une stabilité bien acceptable et le rendu graphique se rapproche des jeux de 2001, 2002 et 2004. Mais, le moteur Unreal Engine ne reste tout de même pas l’idéal.
2022-2026 : la préparation pour GTA 6

En mars 2022, Rockstar Games réalise le portage de GTA 5 sur PS5 et Xbox Series X/S. Le moteur reste le même, avec la V.7 de RAGE qui fut grandement optimisée, notamment au niveau du rendu visuel, des éclairages, des ombres, de la distance d’affichage, ou encore de la gestion de la faune. Grâce à ces améliorations, cela permet à GTA 5 d’être encore très convaincant, plus de dix ans après sa sortie !
2026 : l’avenir du moteur RAGE sur GTA 6

Le mois prochain, GTA 6 devrait nous permettre de découvrir toutes les nouveautés et améliorations de la V.9 du moteur RAGE. Avec les premiers visuels, on se doute que le changement s’annonce bluffant. Rockstar semble tout miser sur le souci du détail, avec une ville de Vice City qui semble extrêmement dense, bourrée de détails, des PNJ et une population folle !
Le gameplay semble également avoir été grandement amélioré et optimisé. Pour découvrir tout cela, il faudra patienter jusqu’au 19 novembre prochain.