Dossier

[Cinema] Les meilleurs films sur les premiers contacts extraterrestres

Cinéma

Par Henri le

Le cinéma s’est toujours inspiré de la possible existence des extra-terrestres pour proposer des œuvres de fiction plus ou moins inspirées. Et cette rencontre avec un autre a donné lieu à de très grands films.

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Le ciel et l’espace n’ont jamais cessé de fasciner les hommes, qui s’y sont intéressés sous toutes ses formes. Pour les écrivains et les cinéastes, le cosmos propose une liberté de création sans réel précédent, et la science-fiction l’a irrémédiablement associé aux champs de tous les possibles. Cette brèche vers l’infini, qui abolit subjectivement la notion de distance, a donné lieu à l’émergence de plusieurs grands thèmes majeurs. Parmi eux, le voyage et la rencontre avec une autre civilisation.

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Impensable pour certains, supposé pour d’autres, le contact avec une autre forme de vie que la nôtre a nourri l’industrie cinématographique depuis des dizaines d’années. Et bien que la majorité des films aient voulu mettre en scène le conflit que cette rencontre pourrait engendrer, d’autres artistes ont imaginé un tout autre type de rendez-vous. Alors que Premier Contact est récemment sorti en DVD/Blu Ray (notre critique), nous allons revenir sur quelques-unes de ces œuvres.

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La sélection suivante ne se focalise donc pas sur des films où la filiation avec une autre espèce que la nôtre est acquise et intégrée par tous. Au contraire, elle aborde le thème du premier contact comme un scénario à part entière. Qu’elle soit effrayante, touchante ou tragique, cette « convocation » avec autrui nous a déjà offert de superbes moments de cinéma.

[nextpage title= »Un moment attendu »]
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Alien

Sorti il y a 37 ans déjà, Alien reste un film majeur de la science-fiction, qui aura marqué plusieurs générations de spectateurs. Basé sur la peur primaire, voire animale, le long-métrage de Ridley Scott est une leçon de mise en scène. Pendant près de deux heures, le Nostromo et ses couloirs étriqués deviennent le théâtre d’une chasse où l’humain n’a pour une fois pas l’avantage.

Cette inversion du rapport de prédation insuffle un puissant dynamisme au récit, qui nous prend déjà à contrepied avec la figure féminine de Sigourney Weaver. L’incroyable direction artistique basée sur les travaux du génial H.R Giger n’a pas pris une ride et continue de fasciner. Pour cette rencontre, le Britannique a imaginé le scénario du pire. Pour le meilleur du cinéma.

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Rencontre du Troisième type

Steven Spielberg s’est toujours intéressé à la possibilité d’une vie ailleurs que sur Terre, et cette idée a longtemps imprégné son oeuvre. En 1977 sort Rencontre du Troisième type, un film réaliste qui cristallise cette envie toujours plus grande de rencontrer une forme de vie différente de la nôtre.

Après le choc des Dents de la Mer, Spielberg confirme son talent avec un film émouvant qui soulève les profonds questionnements qu’une telle rencontre aurait sur notre vision du monde. Avec la candeur qu’on lui connait, le réalisateur laisse aussi entrevoir une Amérique en proie à la peur, animée par un doux désir de mysticisme. Une fable simple et mémorable.

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2001, L’odyssée de l’espace

Si la rencontre avec une espèce extra-terrestre parait moins évidente dans le long-métrage de Kubrick, c’est avant tout parce qu’elle passe par l’objet. Rarement une forme géométrique comme le monolithe aura autant fasciné spectateurs et critiques. Ce dernier représente pourtant un élément essentiel, aujourd’hui largement considéré comme la connaissance, qui fait évoluer les hommes tout au long du récit.

Pourtant, le film reste mystérieux sur l’origine de ce dernier, qui est disposé par une force inconnue à différents endroits selon les époques. D’abord sur Terre, puis sur la Lune et enfin près de Jupiter. Sans même évoquer les nombreuses autres thématiques du chef-d’oeuvre de Kubrick, la simple présence de cette pierre représente déjà une forme de réflexion sur une espèce intelligente, sans pour autant nous confirmer qu’elle agisse avec bienveillance. « 2001 » aura bientôt cinquante ans, mais continue de subjuguer.

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Abyss

James Cameron s’est lui aussi laissé tenter par l’inconnu. Mais au lieu de se tourner vers l’espace, il a préféré explorer les abysses, qui le fascinent personnellement. En racontant l’histoire de deux groupes de plongeurs sous-marins confrontés à une entité non humaine, il déporte un récit fantastique dans un univers qui existe bel et bien.

Au lieu de choisir la forme de l’épouvante, Cameron choisit le thriller en opposant les humains entre eux, sous fond de conflit nucléaire. Une manière habile de dénoncer notre propension à l’auto-destruction, sans tomber dans le cliché d’une vie extraterrestre forcément hostile à la nôtre. Un joli message eco-humaniste, qui résonne d’autant plus après Terminator, son précédent succès. Mention spéciale pour Ed Harris, qui livre une de ses meilleures performances.

[nextpage title= »L’enfer, est-ce vraiment les autres ? »]
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E.T

Après avoir suscité la curiosité de millions d’Américains avec Rencontre du Troisième Type, Spielberg atteint l’apogée avec E.T, chronique émouvante narrant la rencontre entre un jeune garçon curieux et un extra-terrestre craintif. Ici encore, le réalisateur se sert de l’altérité pour livrer une belle réflexion sur nos propres relations en tant qu’humain.

Cet improbable duo est aussi l’occasion d’aborder le thème de l’enfance, qui est récurrent dans la filmographie de Spielberg. Les yeux d’Elliot ne regardent pas cet être laid et timide de la même manière que la société adulte, qui voit dans sa différence un danger. Un film universel, qui propose différents degrés de lecture, et finit toujours par toucher juste.

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Under the skin

Oeuvre avant tout visuelle, Under the Skin fait office d’OVNI dans cette sélection. Le réalisateur de clip Jonathan Glazer a réussi à livrer un film singulier, aux antipodes du cinéma de science-fiction traditionnel. Scarlet Johansson y incarne une extra-terrestre venue sur terre pour séduire les hommes, puis les faire disparaître.

La mise en scène dépouillée de toute écriture laisse place à une contemplation mutique, contrebalancée par une bande-son très inspirée. La notion de rencontre avec l’autre passe cette fois par la séduction et mène systématiquement à la mort. Qui s’assemble ne se ressemble pas toujours. Un film clivant, mais hypnotisant.

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Another Earth

Another Earth est un film étonnant, qui mérite d’être plus connu. À l’inverse des autres oeuvres de cette sélection, ici, l’autre, c’est nous. Alors qu’une planète complètement identique à la terre est découverte, les humains réalisent qu’ils ont tous un équivalent sur cette dernière. Une nouvelle qui va bouleverser la vie des deux personnages principaux, qui vont irrémédiablement lier leur vie à celle de leur nouveau « jumeau ».

Si le récit se perd parfois un peu en route, l’idée principale soulève des questions profondes sur l’importance que nous donnons à notre existence. Tourné avec un budget minime, ce film aux accents dramatiques a le mérite d’interpeller.

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Contact

S’il a bénéficié d’un budget conséquent, Contact n’a pas eu le succès attendu (171 millions de recettes tout de même). Pourtant, Robert Zemeckis s’attaque au sujet avec une vraie sensibilité. Jodie Foster, qui incarne une brillante astronome ayant capté un message d’une lointaine planète, est comme à son habitude impeccable. Ici encore, le réalisateur choisit le parti d’une espèce extra-terrestre plus intelligente et paisible que la nôtre.

Ce bouleversement qui divise au sein même de la communauté scientifique laisse transparaître d’intéressantes questions sur la religion et notre ardent désir de croire en quelque chose. Confronter la science et la spiritualité aurait pu résulter sur un mélo niaiseux, mais il n’en est rien. Contact est un film intelligent, dont émane une douceur insoupçonnée.