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[Dossier] Resident Evil : la série cinémavore

Par killy le

Pleine de zombies, de monstres tentaculaires et de créatures au pire cauchemardesques, au mieux pustuleuses, la série Resident Evil est une sorte de best-of d’un imaginaire horrifique pop s’étendant des années 60 au milieu des années 2000. Des inspirations en majorité issues du cinéma, qui se sont incrustées dans les jeux avant de revenir sur grand écran. Un cercle parfait ? Pas forcément.

resident evil

Version « remaniée » du RPG d’horreur de Capcom Sweet Home sorti en 1989 et déjà bien orienté film frissonnant kitsch via sa jaquette, Resident Evil premier du nom est un hommage. Une réunion d’idées et de petites astuces de cadrage qui viennent tout droit de sa source principale d’inspiration, La Nuit des Morts-Vivants de George Romero. Unité de temps, découverte de la déchéance d’une partie de l’humanité en croisant par hasard un zombie dans un contexte « normal », lenteur et bêtise de ces êtres putrescents, tout dans Resident Evil renvoie à cette contextualisation et à cette vision du mort-vivant.

Le Continent des hommes-poissons
Le Continent des hommes-poissons

Un choix qui impacte durablement la série, qui va utiliser cette manière de percevoir le zombie jusque dans son quatrième épisode. Il ne faut pour autant pas oublier que le jeu de Capcom abrite également un bestiaire complètement extérieur au classique film orienté vers les gens qui sortent de leur tombe en beuglant, dans une sorte de folie nanardesque stimulante. Il est donc possible d’y croiser un serpent géant extrait d’un des plus intenses combats de Conan le Barbare (1982) ou de la rencontre inopinée entre singe et reptile du King Kong de 1976, ou encore une plante monstrueuse qui a fait directement le voyage à la fois depuis The Day of the Triffids (1962) et la jungle hostile de Flash Gordon (1980).

Le spectacle ne s’arrête pas là et les arachnophobes sont servis grâce à la présence d’araignées géantes que ne renierait pas Tarantula (1955), sans passer outre les versions aux hormones des hommes-poissons du Continent des Hommes-Poissons (1979) figurés par les Hunters. Mention spéciale aux corbeaux agressifs qui par leur immobilisme dérangeant juste avant l’attaque rappellent Les Oiseaux d’Hitchcock (1963). Un ensemble de codes et d’emprunts au cinéma aisément reconnaissables qui placent Resident Evil dans une logique de déclinaison évidente du long-métrage de genre vers le jeu vidéo de genre.

La Révolte des Triffides
La Révolte des Triffides