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Océan de lave, super Saturne… visite guidée de six étranges exoplanètes

Espace

Par Anne Cagan le

La liste d’exoplanètes découvertes n’a cessé de s’allonger depuis vingt ans. Ces planètes orbitant autour d’autres étoiles que notre soleil intéressent les chercheurs qui se demandent si certaines pourraient abriter la vie. Ces six exoplanètes ont attisé notre curiosité mais elles sont loin d’être les seules à sortir de l’ordinaire. Et avec la mise en orbite du télescope TESS, la découverte de ces mondes fascinants devrait encore s’accélérer.

55 Cancri e : Océan de lave sous ciel à paillettes

Dépaysement garanti sur 55 Cancri E, une exoplanète couverte d’un océan de lave. Située à 41 année lumières de la Terre, elle orbite autour d’une étoile un peu plus petite que le soleil mais en est beaucoup moins éloignée. Résultat, nous apprend l’excellent simulateur de la NASA, son étoile a l’air 65 fois plus grosse que notre soleil.

Crédit : ESA / Hubble / M. Kornmesser

55 Cancri e effectue une rotation synchrone autour de son étoile ce qui signifie qu’elle présente toujours la même face à celle-ci. Côté nuit, les températures sont un peu plus basses mais jamais au point de voir la lave se solidifier. Il se pourrait en revanche que des vapeurs de silicates se condensent à cet endroit générant de magnifiques nuages scintillants reflétant la lave.

J1407b : la Super Saturne

Saturne peut aller se rhabiller. Bien plus large que Jupiter, J1407 est entourée de plus de trente anneaux de dizaines de millions de kilomètres de diamètre chacun. La masse cumulée des particules de poussière qui les composent pourrait équivaloir à celle de la Terre explique la NASA. Et le système d’anneaux serait deux cent fois plus large que celui de Saturne.

Crédit University of Rochester / Ron Miller

Si nous remplacions les anneaux de Saturne par ceux de J1407b, on les verrait sans problème la nuit, l’ensemble formé serait en effet bien plus large qu’une pleine lune”, précise l’astronome Matthew Kenworthy.

Kepler-16b : Bienvenue sur Tatooine

Les fans de Star Wars auront probablement un coup de cœur pour celle-ci. Comme Tatooine, Kepler-16b orbite autour de deux étoiles. Cette exoplanète située à 200 années lumière aurait une température très basse et est probablement une géante gazeuse dans la veine de Saturne. La NASA précise qu’il est donc peu probable que des formes de vie puissent s’y développer. Dommage, les doubles couchers de soleil doivent valoir le détour.

Crédit NASA / JPL Caltech / R. Hurt

Kepler-186f : la vie en rouge

D’une taille similaire à la Terre, Kepler-186f est située dans la zone habitable d’une étoile et pourrait abriter de l’eau liquide. On ne sait pas pour le moment si elle est dotée d’une atmosphère propice au développement du vivant mais selon la NASA, les prochaines générations de téléscopes pourront peut-être répondre à cette question.

Voilà ce à quoi pourrait ressembler Kepler 186f si la planète s’avère dotée d’une atmosphère (vue d’artiste proposée par le simulateur de la NASA)

Si Kepler-186f est dotée d’une atmosphère assez épaisse pour retenir la vapeur d’eau, la présence de végétaux n’est pas à écarter. L’étoile de cette exoplanète étant beaucoup plus froide et rouge que notre soleil, ces végétaux auraient sans doute en revanche des coloris très différents. L’herbe n’est pas plus verte ici que sur Terre. Mais plus rouge peut-être…

KELT-11b : le marshmallow géant

Ne vous fiez pas aux apparences. Kelt-11b a beau intimider par sa taille (1,4 fois le diamètre de Jupiter) dans le fond c’est un tendre. Lorsque les astronomes ont calculé sa masse, ils ont découvert à leur grande surprise qu’elle s’élevaient à 20% de celle de Jupiter. Ce qui signifie, précise le New Scientist, que la densité moyenne de la planète est à peine plus élevée… que celle d’un emballage en polystyrène.

Crédit : Walter Robinson Lehigh Universty

PSO J318.5-22 : le loup solitaire

Quelque part à 80 années lumières d’ici, PSO J318.5-22 flotte seule dans l’espace. Le fait que cette exoplanète n’orbite autour d’aucune étoile intrigue beaucoup les chercheurs qui s’interrogent sur les secrets de sa formation il y a douze millions d’années. Cette planète d’une masse inférieure à six fois celle de Jupiter pourrait être une “étoile ratée”. Ou une planète éjectée d’un système très jeune. La chaleur engendrée lors de leur formation fait que ce type d’exoplanète solitaire brille légèrement pendant un temps, précise la NASA mais “une fois refroidies, elles danseront seules dans le noir.”