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Ordi, box, smartphone… Comment réduire leur (lourde) facture environnementale ?

Général

Par Anne Cagan le

Ils sont petits, design et silencieux. Résultat, on ne pense guère à leur consommation énergétique. Les appareils high-tech sont pourtant assez gourmands.

Impossible désormais de ne pas le repérer. Dans la liste des consommateurs d’électricité, le secteur numérique se taille aujourd’hui une grosse part de gâteau. Il engloutit d’ors et déjà 10% de l’électricité mondiale et, vu ses perspectives de croissance, ce n’est pas près de s’améliorer.Ce qui est inquiétant c’est que peu de gens mesurent l’impact environnemental de ces appareils et de ces usages”, explique Inès Leonarduzzi, PDG de Digital For The Planet. Réalisée avec Occurrence, leur étude sur le sujet indique ainsi que 77% des Français ne voient pas à quoi renvoie la notion d’ »écologie digitale”.

Le secteur est pourtant déjà responsable de 4 % nos émissions de gaz à effet de serre. Celles-ci sont dues en partie aux data center (25%) et aux infrastructures réseau (28%) mais aussi, évidemment, en grosse partie à nos divers équipements (ordinateurs, tablettes, smartphones, objets connectés, etc.).

Équipements : la face cachée

Le problème qui se pose : Les appareils électroniques actuels sont petits, design et silencieux. Résultat, on ne pense guère à leur bilan environnemental. Mais leur fabrication a un impact lourd. Celle d’un ordinateur de 2 kg mobilise environ 800 kg de matières premières. Très énergivore, la fabrication d’appareils électroniques se déroule par ailleurs souvent en Chine ou en Corée (où l’électricité provient en grande partie du charbon). Et elle nécessite beaucoup de traitements chimiques et de métaux rares. “C’est un vrai problème car ces métaux rares sont souvent issus de mines exploitées illégalement en Chine ou en Afrique et leur extractions entraînent une pollution très toxique”, explique Inès Leonarduzzi.

Bien que précieux, il sont très mal recyclés : seuls 18% des métaux de nos ordinateurs portables sont récupérés en Europe. Les déchets électroniques finissent en grande partie dans des décharges à ciel ouvert au Ghana et en Chine. « L’année dernière, on a envoyé 47,8 millions de tonnes de déchets électroniques au Ghana. C’est le poids de 166 Tour Eiffel, souligne la PDG de Digital for The Planet. Là-bas des enfants brûlent ces appareils avec du White Spirit pour tenter de récupérer l’or qu’ils contiennent. C’est sans doute un des métiers le plus dangereux au monde.

Les solutions à explorer : 

  • Pour commencer, mieux vaut éviter de bazarder un vieil ordinateur qui marche encore bien. L’utiliser quatre ans plutôt que 2 améliore en effet de 50% son bilan environnemental note l’Ademe. Idem avec une tablette.
  • Si besoin malgré tout d’acheter un nouvel équipement, des logos environnementaux (Ecolabel européen, EPEAT, Ecolabel nordique, L’Ange Bleu, TCO) peuvent nous guider dans notre sélection.
  • Une fois le remplaçant acheté, il ne faut par contre pas oublier d’offrir une “seconde vie” à son prédécesseur en le donnant ou en le vendant. Les 30 millions de vieux téléphones qui dorment dans nos tiroirs ne vont pas se recycler par miracle…
  • Il est temps également de se poser la question de l’utilité de certains produits. On recense déjà 5 à 7 milliards d’objets connectés mais ce chiffre devrait passer à 50 milliards d’ici 2020. Autant d’appareils dont la fabrication et l’utilisation consomment de l’énergie. Pour des services parfois très dispensables…

Mail, cloud, navigation : des habitudes à modifier

Le problème qui se pose : Difficile de vraiment se faire à l’idée que chaque requête internet, chaque mail envoyé, chaque utilisation du cloud consomme de l’énergie. Mais c’est bel et bien le cas.
Un mail avec une PJ d’1 Mo c’est l’équivalent d’une ampoule allumée pendant une heure !”, rappelle la PDG de Digital for The Planet. Avec une moyenne de 10 milliards de mails échangés chaque heure en moyenne, il y a de quoi s’inquiéter. Et encore, cela n’englobe pas les spam qui ont eux aussi un impact très lourd: « à peu près l’équivalent de 3 millions de voitures en circulation », selon Inès Leonarduzzi. L’utilisation du cloud et le streaming vidéo posent également question. En 2035, les data center pourraient consommer plus d’énergie que l’ensemble des particuliers.

Les solutions à explorer : 

  • Réduire la taille des PJ et ne pas envoyer de mails inutiles (en utilisant la fonction Répondre à tous quand ce n’est pas nécessaire par exemple). « Multiplier par 10 le nombre des destinataires d’un mail multiplie par 4 son impactrappelle l’Ademe.
  • Bien choisir l’appareil utilisé pour chaque action. Une recherche d’une minute sur internet consomme 100 watts sur un ordinateur fixe mais seulement 20 watts en moyenne sur un ordinateur portable, et à peine quelques watts sur une tablette ou un smartphone.
  • Ne pas conserver sur un espace cloud des fichiers dont on n’a plus besoin ou que l’on peut stocker localement. Nettoyer son webmail.

La disponibilité 24h/24: une fausse bonne idée ?

Le problème qui se pose : La plupart des gens pensent à éteindre la lumière en quittant une pièce. Mais c’est loin d’être un réflexe lorsqu’il s’agit de nos appareils électroniques. 43 % des gens n’éteignent jamais leur box et 41% ne l’éteignent qu’en cas d’absence prolongée. La consommation annuelle d’une box équivaut pourtant en moyenne à celle d’un grand réfrigérateur. A elles seules, les box représentent 1% de la consommation électrique française. Les applis qui tournent en permanence sur nos téléphones consomment également de l’énergie. Sans que cela ne serve parfois à grand chose.

Les solutions à explorer:

  • Éteindre la box quand elle n’est pas utilisée (le démarrage ne prend pas SI longtemps que ça)
  •  Passer votre smartphone en mode économie d’énergie quand c’est possible