Dossier

[Sélection] Les 10 films de l’année 2017 de la rédaction

Ceux qui nous ont surpris

Cinéma

Par Redac JDGe le

Au revoir là-haut

Adapter le roman de Pierre Lemaitre, lauréat du prix Goncourt en 2013, n’était pas une chose facile, mais Albert Dupontel a relevé le défi avec brio. À la fois réalisateur et acteur, le français retrace l’épopée de deux rescapés de la Première Guerre mondiale, qui décident de monter une arnaque aux monuments aux morts. Ce duo d’écorchés vif va utiliser de toute son ingéniosité pour prendre sa revanche sur la vie, en plein cœur de la France des années folles. Doté d’une mise en scène virevoltante, ce récit aux accents picaresques joue avec l’émotion des spectateurs en alternant comédie et drame. Dupontel prouve ici que le cinéma français peut s’avérer plein de ressources, et signe un des plus beaux films de l’année.

Wind River

Passé relativement inaperçu, Wind River est pourtant un des meilleurs thrillers de l’année. Suite non directe de Sicario et Comancheria, il clôture un excellent cycle cinématographique dédié à l’Amérique et ses frontières sur lequel Taylor Sheridan a opéré en tant que scénariste et désormais réalisateur. Après le Mexique et le Texas, l’histoire se déroule ici dans l’immensité du Wyoming, qui accueille la réserve indienne de Wind River. Cory Lambert, pisteur et chasseur professionnel, découvre le corps sans vie d’une jeune native américaine à moitié enfoui sous la neige. La jeune recrue du FBI envoyée pour élucider l’affaire requiert son aide pour la guider à travers une nature particulièrement hostile. Elle va y découvrir l’isolement des populations indiennes, et l’impossibilité de faire régner la loi sur ce territoire fédéral.

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Porté par un Jeremy Renner qui n’avait pas été aussi convaincant depuis Démineurs, Sheridan signe un film crépusculaire qui se penche sur des peuples oubliés dans un désert de glace magnifique et mortel. Si son déroulement n’est pas vraiment original, la tension qui parcourt le long-métrage est palpable et nous accroche littéralement à l’écran. Une très bonne surprise.

Get Out

Pour sa première réalisation, l’humoriste Jordan Peele frappe très fort en nous livrant un thriller psychologique aussi haletant que surprenant. Chris, un jeune afro-américain, est invité à passer un week-end à la campagne dans la maison de famille de sa petite-amie, Rose. Si l’accueil de ses hôtes se veut jovial, ils ne peuvent s’empêcher de tenir des propos racistes, provoquant chez le spectateur comme chez Chris un sentiment de malaise. Une série événements plus louches les uns que les autres nous conduisent en sus à nous interroger sur les vrais motifs de la présence de Chris. Inspiré dans sa mise en scène et impeccable et dans son jeu d’acteurs, Get Out est une œuvre à plusieurs niveaux de lectures particulièrement subtile. Une des meilleures surprises de 2017.

Le Caire confidentiel

Primé au Festival International du film policier de Beaune 2017, Le Caire confidentiel est un petit bijou de polar. Il raconte l’histoire de Noredin, un inspecteur gradé qui s’est fait une place dans la hiérarchie policière grâce à des méthodes plus ou moins orthodoxes, dépêché pour enquêter sur le meurtre brutal d’une jeune chanteuse. Mais alors qu’on lui mâche le travail, Noredin se met à douter de la véritable identité du ou des coupables.

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Débute une enquête sombre qui lève le voile sur la corruption généralisée d’une partie du régime en place et de ses institutions, à quelques semaines du début de la révolution de 2011. En plus de jouer habilement avec les personnages emblématiques du genre policier, Tarik Saleh a su installer une atmosphère électrique, bouillonnante pour enrober l’odyssée de son personnage principal. Un polar tendu et engagé.

Que Dios nos perdone

Multi-primé (meilleur scénario au Festival International du film de Saint-Sébastien 2016, Prix Sang Neuf au Festival international du film policier de Beaune 2017), ce thriller espagnol poisseux nous emmène à Madrid en 2011 en pleine crise économique, où la visite du Pape Benoit XVI est imminente. Alors qu’un tueur de personnes âgées sévit dans les rues de la capitale, un duo d’inspecteurs aux méthodes musclées est alors mandaté pour trouver l’assassin avant la visite papale. Aidé par l’énorme prestation de ses deux acteurs principaux, le long-métrage de l’Espagnol Rodrigo Sorogoyen est un modèle d’efficacité et de tension. Avec L’Homme aux mille visages et La Isla Minima, Que Dios nos perdone pose une pierre de plus sur le bel édifice que se construit le cinéma espagnol depuis deux ans sur ce créneau.