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[Impressions] On a joué à Deus Ex : Mankind Divided

Par Mathieu le

Cinq années après la sortie de Human Revolution, Eidos Montreal nous convie pour la suite directe de Deus Ex, nommée cette fois-ci Mankind Divided. Annoncé en grandes pompes en avril 2015, le titre permettra aux joueurs d’incarner une fois encore Adam Jensen et de connaitre la suite de ses aventures.

L’action se déroule en 2029 : les personnes mécaniquement augmentées du monde entier ont subi d’extrêmes hallucinations psychotiques, perdant le contrôle d’eux-mêmes et attaquant aveuglément les civils. Des millions de morts sont à déplorer et des centaines de milliers de personnes sont blessées et mutilées. Au regard de cette catastrophe mondiale, la société se divise, mue par la haine, les préjugés et la peur. Et c’est ainsi que de nombreux pays prennent la décision de voter pour des lois drastiquement discriminatoires. La plus célèbre de ces lois porte le titre de « Human Restoration Act« , visant à isoler les « Augmentés » et les tenir loin des « Naturels ».

C’est donc dans ce schéma que nous avons pu, manette en main, tester ce Deus Ex : Mankind Divided et déterminer si, moins de trois mois avant sa sortie, le jeu laissait présager de belles choses ou au contraire, nous rendait perplexe. Éléments de réponse maintenant.

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Une suite logique

L’aventure d’Adam Jensen débuta pour moi dans une ville en plein chaos où je devais infiltrer une base et mettre un terme aux agissements d’un groupe de terroristes. Ce qui m’a tout de suite interpellé, c’est la facilité avec laquelle on retrouve nos repères dans le jeu. Si vous avez joué à Human Revolution, vous ne serez pas dépaysé par le système proposé par Mankind Divided qui reprend en majorité les lignes de son grand frère. Dans cet univers cyberpunk toujours aussi aguichant et fouillé, c’est avec une aisance particulière que l’on avance et arpente les premiers espaces mis à notre disposition.

Mankind Divided se repose sur certains de ses acquis, qui ont fait le charme de l’épisode précédent en offrant au joueur tout un panel de choix pour évoluer dans ce monde cyberconnecté. L’avantage de la nouvelle génération de consoles et de la puissance actuelle des PC est d’avoir permis aux développeurs de façonner un titre présentant davantage de verticalité et donc, de possibilités. Ainsi, lorsqu’on se doit d’attendre certains objectifs, il arrive que le jeu nous fasse prendre de la hauteur, un peu à l’image d’un Dishonored, toutes proportions gardées néanmoins. En clair, vous aurez toujours deux, trois ou quatre chemins différents pour venir à bout d’une mission alors que l’épisode précédent avait la fâcheuse tendance à ne nous en proposer qu’un ou deux, que vous soyez plus dans l’action ou dans l’infiltration.

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[nextpage title= »Quelques problèmes à résoudre »]
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Le gameplay a dans ce sens finalement peu évolué et on retrouve les sensations que nous conférait le premier opus, très rapidement. Le système de couverture est le même bien que l’ajout des déplacements rapides d’un endroit à l’autre soit plus précis. Quant aux gunfights, elles restent globalement similaires et sont toujours aussi nerveuses.

Néanmoins, et c’est un point important, notamment pour ceux qui privilégient l’infiltration, l’I.A. était quelque peu à la ramasse dans cette démo. Il m’est souvent arrivé de piéger des ennemis alors que j’étais en face d’eux, comme invisibles. La répercussion des bruits de pas était également mal retranscrite puisque il m’arrivait de courir jusqu’au dos d’un ennemi sans que celui-ci daigne se retourner, comme s’il ne m’entendait pas. Le système de respawn m’a aussi joué quelques tours, me faisant réapparaître dans un endroit pas forcément judicieux pour l’infiltration.

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Notons tout de même que l’attrait principal du jeu est toujours présent : chacune de vos actions et de vos phrases a un impact direct sur la suite de l’aventure. En clair, il est tout à fait possible de tuer quelqu’un qui pourrait avoir un rôle dans le futur si vous le décidez et ainsi de se passer de ses services. Un bon point qui s’ajoute aux dialogues, toujours aussi malins, qui vous forceront à réfléchir afin d’effectuer les meilleurs choix pour votre stratégie. Dans le second niveau de la démo, nous faisions face à un homme que l’on devait arrêter et ramener à notre QG, vivant. Et, en fonction de nos réponses, la fin du niveau n’était pas la même et le futur de ce personnage également remis en question, ou non. De ce côté là, Deux Ex n’a pas changé et se serait même légèrement amélioré.

Le moteur de jeu utilisé, le Dawn Engine, ne m’a en revanche pas convaincu plus que cela. Techniquement, le jeu est imparfait sur PC même si il tournait tranquillement en 60 FPS. Quant aux versions consoles, elles souffraient encore de nombreuses chutes de framerates dans les moments forts du jeu. Nous ne sommes donc pas face à une baffe graphique, loin de là, même si le comparatif avec la version de 2011 parle forcément en faveur de Mankind Divided. La direction artistique est, elle, toujours aussi flamboyante et respectueuse de cet univers cyberpunk unique.

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Le nouveau volet des aventures d’Adam Jensen sort dans moins de trois mois, le 23 août prochain, et on reste encore un poil dubitatif quant au degré de finition du titre. Les problèmes techniques et d’I.A. devront absolument être réglés pour assurer une certaine crédibilité à l’expérience. Attention, ne nous faites pas dire ce qu’on a pas dit, Mankind Divided reste tout de même un jeu extrêmement sympathique à prendre en main, dans le digne prolongement de Human Revolution, narrant une histoire intrigante et présentant un système de jeu novateur. On en reparle très vite.