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[Test] Dark Souls 2 : Pourquoi est-il aussi méchant ? [Xbox 360]

Notre avis
8 / 10

Par killy le

Dark Souls. Dit comme ça, quand on ne connaît pas la série de From Software, rien ne se passe. Mais les aventuriers qui se sont déjà perdu dans les couloirs d’Anor Londo auront eux, rien qu’à l’évocation de ce terrible nom, une montée subite d’anxiété. Et quand ils auront Dark Souls 2 en main, alors là…

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S’il y a bien une inconnue récurrente concernant Dark Souls 2, c’est de savoir s’il est possible de débuter la série par cette suite. Sera-t-on perdu ? Frustré ? Pas capable de comprendre la trame générale ? Que les craintes s’apaisent, même en connaissant parfaitement Demon’s Souls et Dark Souls, vous serez perdu, frustré et pas vraiment capable de comprendre ce qui se passe. C’est un des principes fondateurs de cette « trilogie » : laisser au joueur suffisamment de latitudes pour qu’il se débrouille tout seul dans son apprentissage des règles. Un court tutorial permet de se familiariser avec les concepts de base dès la première zone de jeu, mais il est très facile de ne pas le remarquer et de courir comme un dératé vers ce qui sera le hub de Dark Souls 2, Majula. Parce que From Software laisse les mains libres, autorisant toutes les erreurs. C’est la recherche du danger qui fait avancer. Et de ce point de vue là, le jeu est d’une générosité presque top appuyée.

FRPG2_2014_03_04_161544Malgré un manque de cohérence dans les transitions entre ses différentes zones, Dark Souls 2 est bien plus vaste que son prédécesseur avec la présence de très nombreuses ramifications, certaines étant bien cachées derrière moult squelettes, zombies et chevaliers étrangement agiles. L’exploration est un moteur qui se nourrit de l’essence de vos larmes. Quasiment comparable à un shoot’em up dans sa logique, Dark Souls 2 pousse à apprendre par cœur la topologie des niveaux et le comportement des ennemis. La réussite vient de la maîtrise de son environnement. Mais aller fouiller les moindres recoins à la recherche de nouveaux passages est de fait un énorme risque. Tout simplement parce que tout a envie de vous tuer dans le jeu. Une balade dans une forêt, hop un nuage de poison. Oh tiens un petit escalier, mince il s’est écroulé. Voilà enfin la porte pour sortir d’ici, et bim, elle s’ouvre sur un gouffre. Les décors vous veulent du mal, les PNJ vous parlent mal, les ennemis vous font mal, la douleur pousse vite à devenir parano. Comme dans Dark Souls, ici l’équilibre entre la prudence et l’aventure est d’une finesse extrême et le basculement dans le drame est vite arrivé. Mais en tant que jeu de « désir », Dark Souls 2 rend la victoire d’autant plus jouissive qu’elle survient après un nombre effrayant d’échecs et de frustration. Comme apercevoir le soleil couchant de Majula en sortant des entrailles de la terre.

FRPG2_2014_03_04_164612Les rouages n’ont pas vraiment changé, il est toujours question de collecter les âmes des créatures abattues afin de s’en servir comme monnaie d’échange pour des armes, des objets, et donc de la dignité. Les âmes sont également nécessaires pour monter de niveau, chaque passage au niveau supérieur en demandant un certain nombre, forcément croissant. Petite blaguounette, si le joueur décède, ce qui risque d’arriver, il est impératif de revenir sur son propre cadavre pour ramasser ses âmes perdues. Mais, si par malheur ce même joueur meurt sur le chemin, elles sont perdues à jamais. Ce qui peut provoquer des crises de colère faisant parfois penser à un début d’infarctus. Toujours cet équilibre entre gourmandise et bon sens. D’autant qu’il est obligatoire de retourner à Majula pour monter de niveau, ce qui implique deux choses : trouver un feu de camp et y arriver vivant. Désormais, ces oasis de paix ne sont plus seulement un bon moyen de retrouver sa vie, ils réparent les armes et ont un mode téléportation. Dès qu’un feu a été découvert, il est possible de s’y rendre en quelques secondes et un chargement. Une idée qui tend à ouvrir le jeu aux plus feignants, mais qui va à l’encontre de la logique de farming et d’apprentissage.

FRPG2_2014_03_05_110219Il est plus difficile de bien cartographier de tête les différentes zones, et les allers-retours évités obligent à stagner un peu dans les mêmes endroits pour ramasser suffisamment d’âmes. D’autant que désormais, plus vous êtes ridicule dans un tableau et moins il y a d’ennemis. La contrepartie étant que votre barre de vie est rongée au fur et à mesure de vos échecs, jusqu’à 50 % de sa grandeur initiale. Un donnant-donnant d’une utilité discutable, moins d’adversaires signifiant encore une fois moins de farming. Et si le skill du joueur est la première cause de réussite ou d’espoirs brisés dans Dark Souls 2, les affrontements dépendent aussi en grande partie des statistiques du personnage. La collecte tend alors davantage vers un côté répétitif plus marqué, sorte de mélange entre Dark Souls et Demon’s Souls. Le rythme du jeu s’en ressent, et si la quête vers l’ivresse de la réussite est un moteur d’une efficacité redoutable, cette nouvelle structure retire quelques degrés sur l’échelle de méchanceté de la série. Ce qui ne veut pas dire que l’on peut courir en slip, hache à la main sans problème. Avec un timing beaucoup plus serré au niveau des contres et des roulades, cet élan de joie sera très vite brisé. Le leitmotiv du jeu.

FRPG2_2014_03_05_110219Heureusement, quelques bonnes âmes en ligne pourront vous filer un coup de main, à condition de les invoquer sous votre forme humaine, en sacrifiant une plutôt rare Effigie Humaine. Encore et toujours du sacrifice. En revanche, même si la recette ne perd pas en efficacité, elle a tendance à accrocher au fond de la gamelle, avec des problèmes qui sont là depuis trop longtemps. Une caméra qui abandonne toute envie de bien cadrer au premier endroit exigu – même si la seconde, disponible dans les options, arrange un peu les choses –, ou un système de lock qui rend fou par sa difficulté à décrocher une cible, et enfin, surtout, des bugs de collision pervers. Parce que la survie est une chose, se faire couper un bras parce qu’une lame est passée à travers un mur de trois mètres d’épaisseur en est une autre. Surtout dans un jeu au gameplay aussi centré sur la distance de frappe.

Dark Souls 2 est une histoire d’amour/haine, le éros/thanatos 2.0. Comme une ex un peu chiante mais avec qui les liens sont là, les habitudes rassurantes aussi. Une re-découverte d’un œil nouveau sur des réflexes énervants mais attachants. Parce qu’il y a toujours un petit quelque chose qui brûle à l’intérieur. Et c’est ce feu qui anime Dark Souls 2. Moins bien construit, manquant parfois de cohésion, il marche sur ses propres traces avec un but précis, faire du bien dans le malheur. Reste que si l’expérience est une nouvelle fois forte et marquante, le Dark Souls 1.5 serait plus proche de la vérité.

Dark Souls 2, disponible sur Xbox 360 et PS3, et bientôt sur PC.
Le test est illustré avec des images éditeur

Dark Souls. Dit comme ça, quand on ne connaît pas la série de From Software, rien ne se passe. Mais les aventuriers qui se sont déjà perdu dans les couloirs d’Anor Londo auront eux, rien qu’à l’évocation de ce terrible nom, une montée subite d’anxiété. Et quand ils auront Dark Souls 2 en main, alors là…

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S’il y a bien une inconnue récurrente concernant Dark Souls 2, c’est de savoir s’il est possible de débuter la série par cette suite. Sera-t-on perdu ? Frustré ? Pas capable de comprendre la trame générale ? Que les craintes s’apaisent, même en connaissant parfaitement Demon’s Souls et Dark Souls, vous serez perdu, frustré et pas vraiment capable de comprendre ce qui se passe. C’est un des principes fondateurs de cette « trilogie » : laisser au joueur suffisamment de latitudes pour qu’il se débrouille tout seul dans son apprentissage des règles. Un court tutorial permet de se familiariser avec les concepts de base dès la première zone de jeu, mais il est très facile de ne pas le remarquer et de courir comme un dératé vers ce qui sera le hub de Dark Souls 2, Majula. Parce que From Software laisse les mains libres, autorisant toutes les erreurs. C’est la recherche du danger qui fait avancer. Et de ce point de vue là, le jeu est d’une générosité presque top appuyée.

FRPG2_2014_03_04_161544Malgré un manque de cohérence dans les transitions entre ses différentes zones, Dark Souls 2 est bien plus vaste que son prédécesseur avec la présence de très nombreuses ramifications, certaines étant bien cachées derrière moult squelettes, zombies et chevaliers étrangement agiles. L’exploration est un moteur qui se nourrit de l’essence de vos larmes. Quasiment comparable à un shoot’em up dans sa logique, Dark Souls 2 pousse à apprendre par cœur la topologie des niveaux et le comportement des ennemis. La réussite vient de la maîtrise de son environnement. Mais aller fouiller les moindres recoins à la recherche de nouveaux passages est de fait un énorme risque. Tout simplement parce que tout a envie de vous tuer dans le jeu. Une balade dans une forêt, hop un nuage de poison. Oh tiens un petit escalier, mince il s’est écroulé. Voilà enfin la porte pour sortir d’ici, et bim, elle s’ouvre sur un gouffre. Les décors vous veulent du mal, les PNJ vous parlent mal, les ennemis vous font mal, la douleur pousse vite à devenir parano. Comme dans Dark Souls, ici l’équilibre entre la prudence et l’aventure est d’une finesse extrême et le basculement dans le drame est vite arrivé. Mais en tant que jeu de « désir », Dark Souls 2 rend la victoire d’autant plus jouissive qu’elle survient après un nombre effrayant d’échecs et de frustration. Comme apercevoir le soleil couchant de Majula en sortant des entrailles de la terre.

FRPG2_2014_03_04_164612Les rouages n’ont pas vraiment changé, il est toujours question de collecter les âmes des créatures abattues afin de s’en servir comme monnaie d’échange pour des armes, des objets, et donc de la dignité. Les âmes sont également nécessaires pour monter de niveau, chaque passage au niveau supérieur en demandant un certain nombre, forcément croissant. Petite blaguounette, si le joueur décède, ce qui risque d’arriver, il est impératif de revenir sur son propre cadavre pour ramasser ses âmes perdues. Mais, si par malheur ce même joueur meurt sur le chemin, elles sont perdues à jamais. Ce qui peut provoquer des crises de colère faisant parfois penser à un début d’infarctus. Toujours cet équilibre entre gourmandise et bon sens. D’autant qu’il est obligatoire de retourner à Majula pour monter de niveau, ce qui implique deux choses : trouver un feu de camp et y arriver vivant. Désormais, ces oasis de paix ne sont plus seulement un bon moyen de retrouver sa vie, ils réparent les armes et ont un mode téléportation. Dès qu’un feu a été découvert, il est possible de s’y rendre en quelques secondes et un chargement. Une idée qui tend à ouvrir le jeu aux plus feignants, mais qui va à l’encontre de la logique de farming et d’apprentissage.

FRPG2_2014_03_05_110219Il est plus difficile de bien cartographier de tête les différentes zones, et les allers-retours évités obligent à stagner un peu dans les mêmes endroits pour ramasser suffisamment d’âmes. D’autant que désormais, plus vous êtes ridicule dans un tableau et moins il y a d’ennemis. La contrepartie étant que votre barre de vie est rongée au fur et à mesure de vos échecs, jusqu’à 50 % de sa grandeur initiale. Un donnant-donnant d’une utilité discutable, moins d’adversaires signifiant encore une fois moins de farming. Et si le skill du joueur est la première cause de réussite ou d’espoirs brisés dans Dark Souls 2, les affrontements dépendent aussi en grande partie des statistiques du personnage. La collecte tend alors davantage vers un côté répétitif plus marqué, sorte de mélange entre Dark Souls et Demon’s Souls. Le rythme du jeu s’en ressent, et si la quête vers l’ivresse de la réussite est un moteur d’une efficacité redoutable, cette nouvelle structure retire quelques degrés sur l’échelle de méchanceté de la série. Ce qui ne veut pas dire que l’on peut courir en slip, hache à la main sans problème. Avec un timing beaucoup plus serré au niveau des contres et des roulades, cet élan de joie sera très vite brisé. Le leitmotiv du jeu.

FRPG2_2014_03_05_110219Heureusement, quelques bonnes âmes en ligne pourront vous filer un coup de main, à condition de les invoquer sous votre forme humaine, en sacrifiant une plutôt rare Effigie Humaine. Encore et toujours du sacrifice. En revanche, même si la recette ne perd pas en efficacité, elle a tendance à accrocher au fond de la gamelle, avec des problèmes qui sont là depuis trop longtemps. Une caméra qui abandonne toute envie de bien cadrer au premier endroit exigu – même si la seconde, disponible dans les options, arrange un peu les choses –, ou un système de lock qui rend fou par sa difficulté à décrocher une cible, et enfin, surtout, des bugs de collision pervers. Parce que la survie est une chose, se faire couper un bras parce qu’une lame est passée à travers un mur de trois mètres d’épaisseur en est une autre. Surtout dans un jeu au gameplay aussi centré sur la distance de frappe.

Dark Souls 2 est une histoire d’amour/haine, le éros/thanatos 2.0. Comme une ex un peu chiante mais avec qui les liens sont là, les habitudes rassurantes aussi. Une re-découverte d’un œil nouveau sur des réflexes énervants mais attachants. Parce qu’il y a toujours un petit quelque chose qui brûle à l’intérieur. Et c’est ce feu qui anime Dark Souls 2. Moins bien construit, manquant parfois de cohésion, il marche sur ses propres traces avec un but précis, faire du bien dans le malheur. Reste que si l’expérience est une nouvelle fois forte et marquante, le Dark Souls 1.5 serait plus proche de la vérité.

Dark Souls 2, disponible sur Xbox 360 et PS3, et bientôt sur PC.
Le test est illustré avec des images éditeur

Notre avis

Inhumain

8 / 10