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Test de Yooka-Replaylee sur Switch 2 : les raisons de notre déception

Playtonic promettait de corriger les erreurs du passé avec ce remaster de Yooka-Laylee. Après plusieurs heures sur Switch 2, force est de constater que le studio semble avoir raté sa seconde chance.

Quand Playtonic a annoncé Yooka-Replaylee, l’espoir renaissait. Le studio fondé par d’anciens développeurs de Rare ayant travaillé sur Banjo-Kazooie allait enfin rectifier le tir après la réception mitigée du jeu original en 2017. Niveaux repensés, suppression des éléments répétitifs, graphismes améliorés pour la Switch 2. Sur le papier, tout semblait parfait pour offrir une vraie renaissance à ce duo de héros que peu de joueurs avaient vraiment adopté la première fois.

Yooka le caméléon et Laylee la chauve-souris doivent récupérer les Pagies dispersées dans différents mondes-livres par le vilain Capital B, un PDG aux ambitions démesurées. Malheureusement, dès les premières minutes, les fissures apparaissent. Le jeu débute avec un long tutoriel qui déverse toutes les capacités d’un coup, sans progression ni satisfaction de déblocage. Cette décision marque le début d’une série de choix discutables qui plombent l’expérience.

Des niveaux sans grands intérêts

Le plus gros problème de Yooka-Replaylee réside dans son level design chaotique. Là où Rare construisait ses niveaux autour de points de repère évidents comme le bonhomme de neige géant, Playtonic éparpille ses défis sans aucune logique apparente. Les PNJ traînent dans des fossés perdus, les objectifs surgissent sans prévenir et la verticalité excessive transforme chaque exploration en calvaire d’orientation.

La nouvelle carte intégrée tente de sauver les meubles avec son système de téléportation rapide. Certes, elle coche les défis accomplis et offre quelques repères visuels, mais elle révèle surtout à quel point la géographie des mondes manque de structure naturelle. On se téléporte d’un point à un autre non pas par choix stratégique, mais par pure nécessité pour ne pas se perdre dans ces labyrinthes sans âme.

Une technique à la ramasse

La Switch 2 devait marquer un tournant pour les jeux indépendants ambitieux. Yooka-Replaylee prouve malheureusement qu’une console plus puissante ne compense pas une optimisation bâclée. Les 30 images par seconde grincent dès qu’un peu d’action se profile à l’écran. Pour un jeu de plateforme sorti en 2025, cette fluidité devient rapidement insupportable.

Les effets visuels trahissent une finition précipitée. La brume censée donner de la profondeur aux environneme nts affiche un effet de transparence en damier digne des premières démos Unity. Les ombres souffrent d’un aliasing plus que prononcé et la distance d’affichage ridiculement basse applique un flou agressif après quelques mètres, donnant l’impression de jouer dans un brouillard permanent.

Exemple simple de ce manque de fluidité, quand Yooka crache du feu, les chutes de FPS se font ressentir. Ces micro-freezes apparaissent régulièrement lors des capacités élémentaires, brisant tout rythme de combat. Le bouquet final ? Un plantage complet au moment de retourner à la ruche centrale, nous forçant à recommencer une bonne quinzaine de minutes de progression.

Les temps de chargement méritent leur propre paragraphe tant ils défient l’entendement. Comptez entre 25 et 30 secondes à chaque fois que vous lancez une partie ou changez de monde. Pour comparaison, The Legend of Zelda Tears of the Kingdom charge son monde ouvert massif deux fois plus rapidement sur la même console. Playtonic promet un mode performance avec 60 FPS dans une future mise à jour, mais les early adopters se retrouvent coincés avec une version techniquement indéfendable.

Le manque d’identité et le gameplay daté se fait toujours sentir

L’autre grand drame de Yooka-Replaylee tient dans son incapacité à exister autrement qu’à travers le prisme de Banjo-Kazooie. Chaque élément rappelle son modèle sans jamais le surpasser ni même l’égaler.

Les combats recyclent sans fin les mêmes types d’ennemis facilement expédiés d’un coup de queue. Yooka se contrôle avec rigidité incapable d’attraper les rebords, manquant de la fluidité et de la précision de certains jeux de plateformes sortis il y a pourtant bien longtemps, comme Mario Odyssey par exemple. Chaque plateforme devient une loterie où la physique approximative décide si vous atterrissez proprement ou plongez bêtement dans le vide.

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Notre avis

Yooka-Replaylee avait l’opportunité de prouver que Playtonic avait appris de ses erreurs. Sept ans après la sortie originale, le studio livre un remaster techniquement défaillant qui aggrave certains problèmes structurels en croyant les corriger. Les quelques éléments sympas du jeu se noient dans un océan de médiocrité technique et de design bancal. Pour 30 euros, difficile de recommander Yooka-Replaylee même aux plus nostalgiques des collectathons de la Nintendo 64.
Note : 6  /  10

Les plus

  • Dialogues et jeux de mots marrants
  • Système de carte avec téléportation
  • Liste des défis accomplis

Les moins

  • Design des niveaux confus
  • Optimisation catastrophique sur Switch 2
  • Problèmes techniques et visuels
  • Manque d'identité propre
  • Rigidité des contrôles

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