Cela fait maintenant un mois que la petite dernière de Nintendo s’est lancée sur le marché et il est grand temps de dresser un premier bilan. La Switch 2 s’est fait attendre et débarque donc avec de lourdes promesses à remplir, de quoi expliquer le torrent de négativité qu’elle ne cesse de subir depuis sa révélation. Le prix de la console a fait jaser, celui de Mario Kart World aussi mais pourtant le verdict est sans appel : la firme de Kyoto est parvenue à décrocher le meilleur lancement de console de l’histoire avec 3,5 millions d’exemplaires vendus en seulement 4 jours. Sur les réseaux, les mêmes questions restent alors en suspens : la Switch 2 mérite-t-elle cette réussite, ou bien les joueurs se sont-ils fait avoir ?
Il faut dire que la console ne cesse d’en prendre pour son grade. Entre les analyses pointilleuses de performance qui n’évoquent rien au grand public, les comparaisons peu pertinentes avec d’autres consoles de salon ou encore celles et ceux qui jugent la console sans l’avoir prise en main : il n’est pas évident de savoir où donner de la tête. Et les positions du camp opposé n’aident pas non plus. Peut-on vraiment crier à la console parfaite après seulement un mois d’utilisation ?
L’exercice de test de la Switch 2 n’est pas aisé. Cette machine entre dans la continuité de la précédente mais cherche tout de même à s’imposer comme un futur novateur pour le constructeur. Les inquiétudes des joueurs ne concernent donc pas uniquement la puissance de la console, mais touchent également à l’expérience utilisateur. Après plus de sept ans, la Switch s’est imposée dans notre quotidien et la Switch 2 va devoir redoubler d’efforts pour prendre cette place à son tour. Prix, performances, confort, promesses d’avenir et plus encore : voici notre avis direct et honnête sur la nouvelle console de Nintendo.
@journaldugeek Aujourd’hui, c’est l’ Unboxing de la Switch2 😍 nintendo
Un premier contact qui met les pendules à l’heure
Une fois les joy-con et l’écran déballés puis assemblés, on comprend immédiatement que Nintendo cherche à faire de sa Switch 2 une console de jeu premium. Qu’il s’agisse du revêtement noir matte, de la tenue des manettes grâce au système magnétique, de la fluidité des joysticks, de la taille de l’écran ou encore du poids de la machine : tout a été pensé pour que la première prise en main évoque une véritable évolution. En même temps, après avoir déboursé 469,99€ (ou 499,99€ pour le pack avec Mario Kart) : on n’en attend pas moins dès l’ouverture de la boîte !
Le choc est d’autant plus grand lorsque l’on reprend sa Switch originale en main pour préparer le transfert de données. L’ancienne console donne l’impression d’être un jouet bon marché, que l’on n’a pourtant eu cesse d’encenser depuis son lancement en 2017. Puisque la console précédente a marqué toute une génération, celle qui suit promet donc d’être encore plus marquante, non ?
Mais si cette euphorie initiale nous donne presque envie de lâcher un 10/10 sans chercher plus loin, on ne peut se contenter de crier au chef-d’œuvre lorsque la Switch 2 se contente d’appliquer les améliorations les plus évidentes, sans même oser de petites révolutions. D’habitude, c’est Nintendo qui innove, mais un échec encore trop frais (qui commence par Wii et fini par U) a certainement dû refroidir le constructeur.
Pourquoi changer une équipe qui gagne ?
Si vous aviez peur d’être dépaysé, pas de panique ! La nouvelle console de Nintendo porte bien son nom puisqu’elle se contente d’offrir exactement la même expérience utilisateur, en mieux. Est-ce un défaut ? Pas vraiment. Est-ce qu’on est tout de même déçu de ne pas découvrir une nouvelle interface plus vivante ? Oui. S’il y a bien une chose pour laquelle la toute première Switch a été critiquée, c’est pour son manque d’identité. Historiquement, les consoles de la firme de Kyoto nous ont habituées à des interfaces atypiques accompagnées de sons d’ambiance mémorables, une tradition malheureusement brisée au lancement de la Switch en 2017. Soudainement, Nintendo a fait le choix du minimalisme, certainement pour éviter de reproduire l’échec de sa Wii U un peu trop audacieuse.
Après une génération réussie mais plutôt discrète visuellement, nombreux sont les joueurs qui attendaient le retour de la touche Nintendo sur cette Switch 2. Le constructeur a toutefois préféré respecter une certaine continuité, et même si cela déçoit à première vue, il s’agit certainement du choix le plus raisonnable. D’autant plus qu’il ne s’agit que d’une façade. En effet, si le système d’exploitation paraît identique en apparence, le constructeur a profité du temps gagné côté design pour retravailler le fonctionnement de la machine.

La Nintendo Switch 2 n’a ni le même hardware, ni le même fonctionnement logiciel, ce qui pousse même la console à avoir recours à quelques artifices pour faire tourner les jeux de la première Switch (une leçon dédiée à cette particularité est d’ailleurs présente dans Nintendo Switch 2 Welcome Tour). Ce sont ces efforts qui permettent à la majorité des anciens titres de profiter d’améliorations nativement, même sans mise à jour dédiée.
Si nous avons décidé de ne pas nous attarder sur les fonctionnalités GameChat et GameShare (qui sont bien les uniques nouveautés majeures), c’est tout simplement parce que nous les avons vite mises de côté lors de notre prise en main. Mais pourquoi ? Sur le papier, ce sont de belles additions : l’une permet de communiquer en jeu avec ses amis sans intermédiaire supplémentaire, tandis que l’autre permet de partager une session multijoueur, en local ou en ligne, avec des participants qui ne possèdent pas le jeu de l’hôte. Malheureusement, leur exécution imparfaite a de quoi repousser les gamers exigeants. GameChat n’est qu’un clone limité de Discord intégré à la console, tandis que GameShare peine à offrir du gameplay dans une résolution acceptable, en local comme en ligne sur une excellente connexion fibrée. Même s’il nous faut féliciter l’initiative de Nintendo, il est clair que ces services ont été pensés pour un autre public, comme les enfants et les familles qui ne verront pas ou passeront outre les défauts.
L’ergonomie et l’écran, c’est un grand Wii !
Inutile de passer par quatre chemins : l’ergonomie et le confort qu’offre la Switch 2 n’ont rien à voir avec la console précédente. C’est un peu comme si la Switch première du nom avait servi de version bêta fonctionnelle mais un peu bancale à ce nouveau modèle. Et c’est un peu le cas. À l’époque, Nintendo avait abandonné l’idée de joy-con magnétiques pour la Switch après de trop nombreux échecs. Mais aujourd’hui, les limitations ont été dépassées et cette prouesse participe activement à l’appréciation de la Switch 2.
En premier lieu, le système magnétique facilite l’accrochage et le décrochage des joy-con, tout en offrant moins de jeu entre les manettes et l’écran, contrairement au système de rails utilisé auparavant. Et puisque Nintendo est parvenu à faire fonctionner le système d’aimant en augmentant la taille des joy-con pour y inclure des boutons SL et SR métalliques, le confort global de prise en main a également été amélioré grâce à cette innovation. Malheureusement, les manettes sont toujours à risque concernant le phénomène de drift. On sent toutefois que les joysticks sont de bien meilleure qualité qu’auparavant et l’on ne peut qu’espérer que le souci se reproduira moins régulièrement.

La question de l’écran a également inquiété plus d’un joueur. Après avoir proposé un modèle OLED sur les dernières années de service de la Switch, Nintendo revient subitement à une dalle LCD sur la Switch 2. C’est ici que le constructeur s’est retrouvé contraint de faire des concessions pour éviter une hausse du prix (qui est déjà bien assez haut). Fort heureusement, l’écran de la nouvelle console possède plus d’un tour dans son sac pour aider à faire passer la pilule. Si l’on demande encore à voir l’affichage de jeux en 120 images par secondes en dehors du Nintendo Switch 2 Welcome Tour, d’autres artifices permettent déjà de faciliter le passage de l’OLED au LCD.
C’est notamment le cas de l’affichage HDR, qui permet d’obtenir des images vives, ainsi que de la résolution, passée de 1280x720p à 1920x1080p. Tout paraît plus net, plus coloré, plus beau, au point d’oublier que l’on est en train de jouer sur un écran LCD. Il n’y a qu’en plaçant la Switch OLED côte à côte que l’on peut véritablement commencer à jouer au jeu des différences, notamment dans la profondeur des noirs. En ajoutant à cela une compatibilité VRR (variable refresh rate) permettant d’obtenir une fluidité surprenante sur Cyberpunk 2077, autant dire que la Switch 2 offre l’une des meilleures expériences portable du marché. On se passera de commenter le dock de la console, qui fait tout aussi plastique et d’apparence fragile que les précédents.
Une Switch plus puissante… et c’est tout ?
Du côté des performances, il est encore difficile de juger ce dont la petite dernière est capable. À l’exception de titres comme Mario Kart World, Cyberpunk 2077 ou encore Street Fighter 6, le line-up lancement de la console s’appuie essentiellement sur des remasters et des améliorations pour d’anciens jeux. Mais une chose est claire : l’expérience de jeu est à des années-lumière de la précédente machine. Quand on voit la Switch première du nom cracher ses poumons sur Pokémon et des titres AAA de 2015, jouer aux versions Écarlate et Violet en 60 FPS et à Cyberpunk 2077 à 40 FPS, autant dire que le gain en performance a de quoi surprendre.
Et même si dans les faits, la Switch 2 est en retard sur la PS5 et la Xbox Series X côté hardware, on ne peut qu’applaudir la prouesse de fluidité et de stabilité que nous propose la firme de Kyoto sur une console qui rappelons-le, est portable avant tout. Une fois encore, la machine de Nintendo ne sera peut-être pas la plateforme idéale pour profiter des dernières grosses productions dans des conditions optimales (et encore, seul le temps nous le dira), mais elle promet déjà d’être une console mémorable pour bon nombre de joueurs.
La Switch 2 nous rappelle que lorsque l’on cesse de s’attarder sur le chiffrage des performances, les jeux vidéo deviennent bien plus que de simples blockbusters qui jouent à “qui a la plus grosse”. Le jeu vidéo est un art qui n’a pas toujours besoin d’être le plus à la pointe pour être apprécié à sa juste valeur. Mais encore faut-il que les titres soient jouables dans des conditions décentes. Et c’est exactement ce que propose la Nintendo Switch 2 : l’expérience portable de la Switch première du nom, avec un véritable confort de jeu qui répond aux standards d’aujourd’hui.
La question de l’autonomie
À sa sortie, la Nintendo Switch 2 n’a pas manqué d’effrayer plus d’un joueur. Pour beaucoup, la batterie de la console semblait s’envoler à toute vitesse, et ce même sur les titres les moins gourmands. Il n’a pas fallu longtemps pour que ce défaut ne devienne l’un des fers de lance de la campagne de haine contre la console. Trop chère, pas assez puissante, trop peu d’autonomie.
Mais finalement, s’il y a bien un défaut de la console qui n’en est pas vraiment un, c’est celui-ci. C’est en mettant la batterie de la console à l’épreuve lors de tests approfondis que la véritable nature du problème a fini par sauter aux yeux. Certaines consoles souffrent en réalité d’un problème de calibrage de batterie. Le logiciel système affiche alors un pourcentage qui dégringole alors que la batterie en elle-même est encore chargée, ce qui explique que la Nintendo Switch 2 pouvait rester plusieurs heures à 0%.
Depuis que Nintendo a mis en ligne un protocole de calibration (qui est peu pratique à mettre en place mais véritablement efficace), la console que nous avons testée respecte ses promesses en matière d’autonomie, soit entre 2 et 6,5 heures en fonction de l’utilisation qui en est faite. Pour une machine aussi fine et légère mais également plus puissante, on aimerait même dire que l’autonomie est plus que satisfaisante.
Prix et disponibilité
La Nintendo Switch 2 est disponible depuis le 5 juin dernier à un tarif de 469,99€ pour la console seule, et 499,99€ en pack avec Mario Kart World.
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