Test

Test : Daytona USA

Par Valentin - Yamato le

Si il y a un domaine dans lequel SEGA a particulièrement brillé dans les années 90, c’est bien l’arcade. Yu Suzuki faisait le fou avec la 3D et des processeurs d’origine militaire, nous sortait le Model 1 avec Virtua Racing et Virtua Fighter, puis le Model 2 et ses polygones texturés écrasant la concurrence, avec LE premier jeu du hardware, Daytona USA. Tous ceux qui ont fréquenté les salles de jeu françaises entre 95 et 2000 vous le diront, Daytona USA était partout, souvent en version double, parfois en version deluxe jusqu’à 8 borne en link dans les grosses salles (souvenirs des Espaces SEGA, Tête dans les Nuages et autres franchises pleines à craquer de belles bornes), Mais surtout, c’était LE fondateur de la bonne course arcade qu’on aime. Mon enfance ayant été rythmée par les passages à la salle pour faire une course dès que j’avais le droit à 5 francs (misère, des francs, j’avais presque oublié), j’ai travaillé Ben pendant 1 semaine quand le jeu a été annoncé sur Xbox Live Arcade et PSN pour pouvoir le tester. Mais les souvenirs de gosse, c’est souvent la surprise, alors du coup, ce Daytona, on fini par se demander si c’est un bon cru qui tient la longueur, ou bien si après tout ce temps, il n’a pas tourné au vinaigre.


Gentlemen, Start your Engine

La philosophie de SEGA dans le domaine du jeu de course arcade a toujours été simple : un gameplay fun, une maniabilité calibrée au millimètre avec une énorme marge de progression et un challenge assez corsé pour forcer à claquer quelques crédits histoire de faire son beurre, mais pas non plus trop hardcore pour ne pas décourager dès la première partie. De plus, le cycle de vie d’un jeu arcade étant relativement court, pas besoin de proposer un contenu énorme, les circuits se comptent sur les doigts de la main. On rajoute une bande-son un peu pêchue, qui sait se faire entendre dans le brouhaha ambiant, et c’est parti. Pour le come back de Daytona USA, il n’est d’ailleurs pas question pour la marque au Hérisson bleu de remettre tout ça en cause. Que les choses soient claires dès le départ : Si vous achetez le jeu sur PSN ou XBLA, c’est un hit arcade de 94 que vous aurez sur votre disque dur. Présenté tel quel, ce n’est pas très vendeur à notre époque, et pour cause, démonstration : 3 circuits, 2 voitures différentes (automatique ou manuelle), quelques musiques avec des lyrics un peu « what the fuck » (« Blue blue skiiies I seeee » tellement nineties, perso, je suis fan.) et enfin une tripotée de Game Over pour cause de time’s up lors des premières partie, parce que mine de rien, il est dur ce foutu jeu.

vos voisins vont vous haïr en mode karaoké

Blue Sky, mais pas sponsorisé par Carrefour

Mais c’est la que le portage entre en scène. Sur le plan technique, c’est discret et de bon goût : un mode 720p, un peu de filtrage de textures, et déjà on trouve un certain cachet à la réalisation d’époque discrètement remise en valeur. Le jeu démarre et la bande son débarque, légèrement remasterisée, avec tact. On est sous le charme. Le coup est très finement joué, car on nous propose un Daytona USA avec ce petit goût du bon souvenir, tel qu’on l’avait laissé il y a quelques années, et lorsqu’on mord dedans, c’est la madeleine de Proust pour tous ceux qui passaient leurs mercredis après-midis sur la borne. D’ailleurs, en jouant on s’aperçoit que le cliping de la version arcade a été corrigé et tous les détails des circuits sont présents, la statue de Jeffrey, le sonic sur la falaise, les canassons en 3D, le bandit manchot, tout y est.

Niveau contenu, on a droit à quelques rajouts pour faire plaisir. Un mode miroir déjà, pour varier un peu sur les 3 tracés du jeu, un survival où l’on doit durer le plus longtemps possible, atteindre les différents checkpoints et gagner de précieuses secondes avec des dérapages de maître, un mode endurance, à base de 80 tours sur le premier circuit Three Seven Speedway par exemple, et même un mode challenge avec 30 épreuves (10 par circuits) pour maitriser les finesses du pilotages et les tracés. Pour les accros aux musiques de Takenobu Mitsuyoshi (Qui sont fantastiques, c’est évident.), un mode Karaoké vous permet de conduire librement ou en autopilote (pour les flemmards) sur les circuits avec les musiques en version instrumentale et les paroles qui défile à l’écran « I wanna fly hiiigh, sky hiiiigh, let’s gooo tougezeuuuur ». On notera une étrange fonction de retour en arrière, présente dans le menu pause, qui permet de se rattraper sur un virage raté, pas fondamentalement indispensable, mais elle permettra aux joueurs plus casual de progresser à leur rythme. Cerise sur le gâteau, les volants à retour de force sont gérés, histoire de se remémorer les sensations de l’arcade. Enfin, un Daytona USA sans multijoueur ne serait pas vraiment complet, c’est donc 8 joueurs en ligne qui pourront s’affronter en chantant « blue blue sky » en chœur aux quatres coins de la planète (Quel interêt d’avoir un micro sinon ?). On paramètre le nombre de joueurs, le circuit, le nombre de tours, la présence de voitures controllées par l’IA, et c’est parti. le gameplay ne pâtit pas de problèmes de latence entre français et européens de l’ouest, et il est toujours fun de pousser ses petits camarades dans les murs en chanteant à tue tête. C’est d’ailleurs en multi que se trouve la plus grosse replay value du titre.

Il y a 17 ans, on ne savait pas faire de roues circulaires en 3D, la honte.

15 ans dans la gueule

Vous l’aurez compris, Daytona USA est un jeu d’un autre âge, une époque où l’arcade régnait en maitre sur le plan technologique et proposait une expérience impossible à reproduire chez soi. Bien évidemment, depuis 17 ans, on n’a toujours pas de borne deluxe Daytona chez soi, mais il n’empêche que le portage est totalement réussi et permet de se replonger dans le jeu dans de bonnes conditions. le titre phare de Sega ressort du placard totalement dépoussiéré et montre une fois de plus que les grands jeux qui marquent leur époque sont intemporels. Alors oui, on pourra toujours chipoter sur les 3 circuits, sur le gameplay un peu tordu au pad et l’absence d’un mode multijoueurs en local à 4, mais tout de même, un Daytona saveur à l’ancienne comme les chips, jouable à 8 online en 720p, c’est ça que j’attends personnellement du jeu qui a défini le jeu de course arcade, lorsque je le retrouve, 15 ans plus tard.
Bon après, si vous prenez votre pied sur GT5 ou Forza 4, ou que d’une manière générale vos préférez la simulation ou vous êtes allergique à l’arcade pure et dure, gardez votre argent car la déception serait amère.

(Ce test est bien évidemment sponsorisée par ma propre nostalgie, mais je fais ce que je veux, c’est mon test.)

Le verdict ?


Que signifie cette pastille ?

Si il y a un domaine dans lequel SEGA a particulièrement brillé dans les années 90, c’est bien l’arcade. Yu Suzuki faisait le fou avec la 3D et des processeurs d’origine militaire, nous sortait le Model 1 avec Virtua Racing et Virtua Fighter, puis le Model 2 et ses polygones texturés écrasant la concurrence, avec LE premier jeu du hardware, Daytona USA. Tous ceux qui ont fréquenté les salles de jeu françaises entre 95 et 2000 vous le diront, Daytona USA était partout, souvent en version double, parfois en version deluxe jusqu’à 8 borne en link dans les grosses salles (souvenirs des Espaces SEGA, Tête dans les Nuages et autres franchises pleines à craquer de belles bornes), Mais surtout, c’était LE fondateur de la bonne course arcade qu’on aime. Mon enfance ayant été rythmée par les passages à la salle pour faire une course dès que j’avais le droit à 5 francs (misère, des francs, j’avais presque oublié), j’ai travaillé Ben pendant 1 semaine quand le jeu a été annoncé sur Xbox Live Arcade et PSN pour pouvoir le tester. Mais les souvenirs de gosse, c’est souvent la surprise, alors du coup, ce Daytona, on fini par se demander si c’est un bon cru qui tient la longueur, ou bien si après tout ce temps, il n’a pas tourné au vinaigre.


Gentlemen, Start your Engine

La philosophie de SEGA dans le domaine du jeu de course arcade a toujours été simple : un gameplay fun, une maniabilité calibrée au millimètre avec une énorme marge de progression et un challenge assez corsé pour forcer à claquer quelques crédits histoire de faire son beurre, mais pas non plus trop hardcore pour ne pas décourager dès la première partie. De plus, le cycle de vie d’un jeu arcade étant relativement court, pas besoin de proposer un contenu énorme, les circuits se comptent sur les doigts de la main. On rajoute une bande-son un peu pêchue, qui sait se faire entendre dans le brouhaha ambiant, et c’est parti. Pour le come back de Daytona USA, il n’est d’ailleurs pas question pour la marque au Hérisson bleu de remettre tout ça en cause. Que les choses soient claires dès le départ : Si vous achetez le jeu sur PSN ou XBLA, c’est un hit arcade de 94 que vous aurez sur votre disque dur. Présenté tel quel, ce n’est pas très vendeur à notre époque, et pour cause, démonstration : 3 circuits, 2 voitures différentes (automatique ou manuelle), quelques musiques avec des lyrics un peu « what the fuck » (« Blue blue skiiies I seeee » tellement nineties, perso, je suis fan.) et enfin une tripotée de Game Over pour cause de time’s up lors des premières partie, parce que mine de rien, il est dur ce foutu jeu.

vos voisins vont vous haïr en mode karaoké

Blue Sky, mais pas sponsorisé par Carrefour

Mais c’est la que le portage entre en scène. Sur le plan technique, c’est discret et de bon goût : un mode 720p, un peu de filtrage de textures, et déjà on trouve un certain cachet à la réalisation d’époque discrètement remise en valeur. Le jeu démarre et la bande son débarque, légèrement remasterisée, avec tact. On est sous le charme. Le coup est très finement joué, car on nous propose un Daytona USA avec ce petit goût du bon souvenir, tel qu’on l’avait laissé il y a quelques années, et lorsqu’on mord dedans, c’est la madeleine de Proust pour tous ceux qui passaient leurs mercredis après-midis sur la borne. D’ailleurs, en jouant on s’aperçoit que le cliping de la version arcade a été corrigé et tous les détails des circuits sont présents, la statue de Jeffrey, le sonic sur la falaise, les canassons en 3D, le bandit manchot, tout y est.

Niveau contenu, on a droit à quelques rajouts pour faire plaisir. Un mode miroir déjà, pour varier un peu sur les 3 tracés du jeu, un survival où l’on doit durer le plus longtemps possible, atteindre les différents checkpoints et gagner de précieuses secondes avec des dérapages de maître, un mode endurance, à base de 80 tours sur le premier circuit Three Seven Speedway par exemple, et même un mode challenge avec 30 épreuves (10 par circuits) pour maitriser les finesses du pilotages et les tracés. Pour les accros aux musiques de Takenobu Mitsuyoshi (Qui sont fantastiques, c’est évident.), un mode Karaoké vous permet de conduire librement ou en autopilote (pour les flemmards) sur les circuits avec les musiques en version instrumentale et les paroles qui défile à l’écran « I wanna fly hiiigh, sky hiiiigh, let’s gooo tougezeuuuur ». On notera une étrange fonction de retour en arrière, présente dans le menu pause, qui permet de se rattraper sur un virage raté, pas fondamentalement indispensable, mais elle permettra aux joueurs plus casual de progresser à leur rythme. Cerise sur le gâteau, les volants à retour de force sont gérés, histoire de se remémorer les sensations de l’arcade. Enfin, un Daytona USA sans multijoueur ne serait pas vraiment complet, c’est donc 8 joueurs en ligne qui pourront s’affronter en chantant « blue blue sky » en chœur aux quatres coins de la planète (Quel interêt d’avoir un micro sinon ?). On paramètre le nombre de joueurs, le circuit, le nombre de tours, la présence de voitures controllées par l’IA, et c’est parti. le gameplay ne pâtit pas de problèmes de latence entre français et européens de l’ouest, et il est toujours fun de pousser ses petits camarades dans les murs en chanteant à tue tête. C’est d’ailleurs en multi que se trouve la plus grosse replay value du titre.

Il y a 17 ans, on ne savait pas faire de roues circulaires en 3D, la honte.

15 ans dans la gueule

Vous l’aurez compris, Daytona USA est un jeu d’un autre âge, une époque où l’arcade régnait en maitre sur le plan technologique et proposait une expérience impossible à reproduire chez soi. Bien évidemment, depuis 17 ans, on n’a toujours pas de borne deluxe Daytona chez soi, mais il n’empêche que le portage est totalement réussi et permet de se replonger dans le jeu dans de bonnes conditions. le titre phare de Sega ressort du placard totalement dépoussiéré et montre une fois de plus que les grands jeux qui marquent leur époque sont intemporels. Alors oui, on pourra toujours chipoter sur les 3 circuits, sur le gameplay un peu tordu au pad et l’absence d’un mode multijoueurs en local à 4, mais tout de même, un Daytona saveur à l’ancienne comme les chips, jouable à 8 online en 720p, c’est ça que j’attends personnellement du jeu qui a défini le jeu de course arcade, lorsque je le retrouve, 15 ans plus tard.
Bon après, si vous prenez votre pied sur GT5 ou Forza 4, ou que d’une manière générale vos préférez la simulation ou vous êtes allergique à l’arcade pure et dure, gardez votre argent car la déception serait amère.

(Ce test est bien évidemment sponsorisée par ma propre nostalgie, mais je fais ce que je veux, c’est mon test.)

Le verdict ?


Que signifie cette pastille ?