Passer au contenu

Voiture électrique à 100€ : le leasing social revient, mais il va falloir faire vite

Le gouvernement vient d’officialiser le retour du leasing social pour les voitures électriques, prévu pour juillet 2026. 50 000 véhicules ciblés, un reste à charge entre 100 et 200 € par mois, et une nouveauté de taille : l’aide varie désormais selon l’origine industrielle du véhicule.

La date était attendue depuis plusieurs semaines. C’est finalement dans les colonnes d’Ouest-France, ce samedi 18 avril, que Maud Bregeon, ministre déléguée à l’Énergie, a confirmé l’ouverture du leasing social en juillet 2026, avec un mois de décalage par rapport à l’annonce initiale de Matignon. Un délai supplémentaire, qui aura permis aux constructeurs de structurer leur offre et aux réseaux de distribution de préparer les dossiers. Le fond du dispositif, lui, ne change pas, avec l’objectif assumé de rendre l’électrique accessible aux ménages modestes dans un contexte où les prix à la pompe continuent de mordre.

Ce retour intervient dans une séquence politique tendue. La situation au Moyen-Orient a fait flamber les cours du pétrole, avant de redescendre sous la barre des 90 dollars. Cette volatilité donne au gouvernement un argument supplémentaire pour accélérer la transition.

50 000 voitures pour les particuliers, 50 000 pour les pros

Le dispositif cible en premier lieu les Français modestes qui gagnent moins de 2 200€ par mois en moyenne, selon les termes de la ministre, ce qui représente, selon l’exécutif, environ un ménage sur deux. Le reste à charge annoncé se situe entre 100 et 200 € par mois, incluant assurance et entretien. Le plafond de revenus exact reste à préciser dans les textes officiels : en 2025, le dispositif s’appuyait sur un revenu fiscal de référence inférieur à 15 400 € par part fiscale.

L’autre nouveauté de taille concerne l’extension du dispositif aux professionnels. 50 000 véhicules supplémentaires seront dédiés aux aides à domicile, infirmières libérales et artisans, c’est-à-dire aux catégories qui roulent beaucoup, et encaissent le plus les hausses de carburant. Au total, ce sont donc 100 000 véhicules qui sont mis sur la table pour cette édition 2026, avec un budget de 1,5 milliard d’euros sur trois ans dont 500 millions mobilisés pour la première année.

Un nouveau barème qui récompense le made in Europe

C’est là que réside la vraie nouveauté de cette cuvée 2026. Fini le montant unique : l’aide est désormais modulée selon l’origine industrielle du véhicule. Plus précisément, quatre paliers sont définis. Le socle de base est fixé à 6 500 €, pour les véhicules affichant un éco-score validé par l’Ademe, contre 7 000 € en 2025. Mais la prime monte à 7 000 € si le moteur est fabriqué en Europe, à 9 000 € si la batterie l’est également, et culmine à 9 500 € pour les véhicules qui cumulent les deux critères.

Lors des deux premières éditions du leasing social, en 2024 et 2025, Renault et Stellantis captaient à eux seuls environ les trois quarts des immatriculations. Le barème 2026 creuse davantage l’écart en faveur des véhicules européens, tout en prenant soin d’exclure de facto les modèles fabriqués en Asie, qui auraient le plus de mal à atteindre les paliers les plus élevés. Pour les constructeurs chinois déjà sous pression tarifaire depuis les mesures douanières européennes, c’est une contrainte supplémentaire.

Ce qu’on sait déjà, c’est que la demande risque à nouveau de dépasser l’offre. Lors du lancement de 2024, le site dédié avait saturé en quelques heures, des dizaines de milliers de personnes se retrouvant sur liste d’attente. Les 50 000 places pour les particuliers représentent une fraction marginale des ménages potentiellement éligibles. En mars 2026, les véhicules électriques neufs représentaient déjà 28 % des immatriculations en France, un record.

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Mode