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Test Gears of War E-Day : This is the end, my only friend, the end !

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Gears of War E-Day répond à une question : est-il encore possible de faire de bonnes confitures dans de vieux pots ? Oui mon colonel, la saga n’est pas morte et elle a encore le gros pistolet bien chargé.

Alors que l’on croyait la Xbox un peu au fond du gouffre du catalogue vidéoludique, pleurant sur les cendres de feu sa réputation ou de ses studios partenaires, la lumière est venue au bout du tunnel de deux directions différentes. D’abord, un partenariat exclusif avec la légende Hideo Kojima. Ensuite, le retour d’une saga qui a fait les beaux jours de la console depuis quelques générations. Halo ? Non Billy Boy, pas encore. Aujourd’hui on va parler de Gears of War E-Day. Oui, le Jour de l’Émergence. Comme un symbole, on ressuscite la franchise en revenant aux origines du scénario, vingt ans après. C’est beau comme un film de guerre se transformant en boucherie chevaline.

Test Gears of War E-Day : This is the end, my only friend, the end !
© The Coalition

Car Gears of War en a connu des vertes et des pas mûres en 20 ans. En 2006, GoW, pensé à l’origine comme une démo technique d’Unreal Engine 3, devenait un modèle de gameplay cover shooter, ce qui deviendra sa marque de fabrique et servira d’exemple à bien d’autres productions. Mais après trois opus, le développeur Epic Games doit laisser sa place à The Coalition. Malheureusement, le récit s’essouffle, le studio tente des trucs. Trop de trucs. La saga se transforme, s’épuise et en 2019, l’échec du cinquième volet semble enterrer définitivement les Gears. Mais The Coalition a simplement pris le temps de décortiquer les forces et les faiblesses de la licence pour livrer, pour cet anniversaire des deux décennies de gros bourrinage, l’opus le plus abouti à ce jour. Bienvenue à la fête, camarade !

S’il peut saigner, on peut le tuer

Tout fan de Gears of War connaît le Jour de l’Émergence, soit la toute première fois que l’humanité a été confrontée à l’autre espèce peuplant la planète : les Locustes. Le premier jeu s’ouvrait sur une guerre qui dure depuis quatorze ans. Et alors qu’on avait fait le tour du sujet au point où cette espèce belliqueuse avait été reléguée au rang de souvenirs (ou presque) face à d’autres menaces, Gears of War E-Day fonctionne comme un prologue en plaçant l’action ce fameux jour. On y découvre des versions plus jeunes de Marcus Fenix et Dominic “Dom” Santiago obligés de prendre les armes face à une véritable apocalypse qui vient de déferler des entrailles de la terre partout en ville. Accompagnés par Mags, une vétérante qui a raccroché, et d’une recrue, Lucas Reyes, ils vont devoir s’armer avec le reste des soldats pour repousser l’invasion. Du moins c’est ce qu’il pense.

Test Gears of War E-Day : This is the end, my only friend, the end !
© The Coalition

Évidemment, le connaisseur sait ce qu’il en est, mais cela ne nous empêche pas d’être complètement pris dans le récit ! Pour le coup, The Coalition a fait un formidable travail de narration avec une direction artistique post-apocalyptique comme on les aime. On est rapidement immergé dans cette Émergence et on s’attache aux nouveaux personnages qui ont chacun leur personnalité. Au point d’oublier un fait très simple : seulement deux membres de cette escouade sont de Gears of War premier du nom. Toujours est-il que la mise en scène est particulièrement spectaculaire et l’apparition des Locustes, tout comme leurs attaques, sont dignes de nos pires cauchemars. Les cinématiques soignent les moments iconiques (l’apparition de la tronçonneuse, ce bijou) et on a le sentiment d’incarner un soldat en pleine guerre. Bref, visuellement, ce Gears of War E-Day claque !

Moins lourd qu’une blague à papa

Il faut bien l’avouer, malgré mes grands airs, je ne connais pas la licence Gears of War sur le bout des ongles. J’ai donc accueilli cet E-Day armé de mes lointains souvenirs et d’une certaine appréhension. D’ailleurs, ma première reprise de contact n’a pas été particulièrement bluffante puisque le premier niveau de mise en main m’a paru solide, sans faire décoller mon endorphine. Les mecs sont un peu lourdauds à déplacer et bon, le cover shooter est un peu devenu un classique depuis un certain Gears of War. Donc pour transcender le titre, il va falloir faire mieux que ça, soldat !

Test Gears of War E-Day : This is the end, my only friend, the end !
© The Coalition

La guerre à plusieurs, c’est meilleur ?

Déjà, il faut saluer l’opportunité offerte par Gears of War E-Day de nous permettre à nouveau d’inviter des amis sur son canapé pour éclater du Locuste à plusieurs en écran partagé. C’est si rare de nos jours. Mais le titre se paie le luxe d’avoir un mode multijoueur assez balèze ! L’essence même de ce mode se situe dans le Horde Siege : trois escouades de quatre joueurs remplissent des objectifs sur une grande map avant d’évacuer et vous pouvez vous croiser et vous entraider. Le mode DMZ du prochain Modern Warfare 4, sans le côté tirer sur les collègues parce que voir une escouade débarquer pour vous filer un coup de main sur un boss, c’est beau comme un camion et en plus, il y a un système de classe à upgrade.

Vous avez également un mode Horde classique avec 10 vagues à repousser, mais qui ressemble peut-être trop au mode Horde Siege pour son propre bien. Enfin, un mode PvP à 4v4 vous ramènera à votre condition de novice face à des joueurs qui poncent ce mode dès le p’tit déj. À déconseiller à ceux qui aiment le plaisir et la vie.

Cela tombe bien, il fait rapidement mieux. Le jeu est divisé en cinq actes de plusieurs chapitres et il faut arriver au boss de l’acte 1 pour comprendre que cet E-Day n’est pas là pour la rigolade. Déjà, même si ce sont toujours des bulldozers sur jambes, les Gears gagnent en “légèreté” en combat grâce à des mécaniques de sauts ou de glissades. Les combats sont nerveux et chaque arme a sa physique en main, avec la sensation de recul qui va avec. Le défourraillage de masse est particulièrement satisfaisant, surtout que des mods nous permettent plusieurs modifications adaptées à notre façon d’éclater du Locuste. Même en “facile”, l’intelligence artificielle sait poser quelques défis.

Test Gears of War E-Day : This is the end, my only friend, the end !
© The Coalition

Le studio a fait un gros travail de level design pour nous offrir des niveaux très diversifiés et on peut passer du jeu couloir à du semi-monde ouvert d’un chapitre à l’autre, avec des missions secondaires à la clé. Cela empêche non seulement la monotonie de l’objet, mais provoque la sensation d’un jeu vivant qui ne se contente pas d’un simple avancer-se cacher-tirer. On est dans de l’action non-stop qui ne laisse aucun repos. On a à peine le temps de reprendre son souffle et de recharger ses armes que déjà, faut se diriger vers la prochaine zone d’extermination… quand ce n’est pas celle-ci qui vous tombe dessus. L’attaque de l’aérodrome est un modèle de tension alors qu’il faut avancer entre les décombres des bâtiments qui s’écrasent autour de vous et enjamber les cadavres de vos camarades. Est-ce que le jeu est gore ? Oui et pas qu’un peu !

Test Gears of War E-Day : This is the end, my only friend, the end !
© The Coalition

Pas trop vieux pour ces conneries

Gears of War E-Day prouve une chose : que The Coalition a compris ce que les joueurs et les fans attendaient d’un opus GoW. Le retour des Locustes avec de nouvelles “espèces” au milieu des anciennes. Un jeu qui reprend les bases tout en se servant de l’évolution de gameplay pour récupérer ce qui avait marché, y compris dans les opus moins aimés. Un arsenal modifié, amélioré, renouvelé, un gameplay plus dynamique et des ajouts plus organiques que jamais avec un environnement diversifié. Et puis c’est beau ! On en prend tellement plein les yeux avec un jeu d’ombre et de lumière qui montre tout le sérieux de cette production qui n’aura pas volé son triple A. C’est donc ça le paradis en enfer ?

 

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