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[Test] Gods will be Watching : Mais qu’est-ce que j’ai fait aux bons dieux ? [PC]

Notre avis
7 / 10

Par Henri le

La plupart des productions videoludiques actuelles sont conçues pour plaire à un large public. Ce n’est pas le cas de Gods will be Watching. On vous dit pourquoi.

gwbw

C’est au cours de la Ludum Dare 26, une compétition de développement de jeux vidéo dans un thème imposé et avec limite de temps, que la genèse de Gods will be Watching a vu le jour. Très attaché au Pixel Art, Deconstructeam a cette fois-ci décidé de tous miser sur le récit, en créant un titre hybride, à mi-chemin entre point & click et visual novel.

Vous incarnez le sergent Burden, membre d’une équipe de mercenaire travaillant pour Xenolifer, une organisation terroriste, qui tente par tous les moyens de trouver un remède contre un virus mortel. Lors de cette mission quasi-suicide, vous serez rejoint par une équipe d’individu aux caractéristiques bien différentes : soldats, scientifiques, ingénieurs… Chacun de ces alliés de fortune présentera des qualités et des défauts avec lesquels il faudra composer.

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Votre but ultime : survivre. Et c’est là que les choses se gâtent. Car Gods will be Watching est un jeu difficile. Très difficile. Les développeurs ne s’en cachent d’ailleurs pas, et annoncent la couleur dès le départ. Dans le mode « Normal », vous mourrez souvent, dans le mode Facile… vous mourrez souvent aussi. À la manière d’un die & retry diabolique, il est tout bonnement impossible de réussir une mission (nous parlerons plutôt ici de tableaux) du premier coup. Vos partenaires, que vous verrez surement mourir au fil du jeu, reviennent par magie au niveau suivant. Ce n’est pas très réaliste, mais vous serez toujours content d’avoir une personne en plus pour vous aider. Croyez-moi.

Les sept chapitres ont tous plusieurs points en commun. Placé dans une situation critique (enfermé dans une grotte, perdu dans le désert, etc.), vous devrez utiliser tous les moyens nécessaires pour faire survivre votre équipe, tout en complétant un objectif obligatoire. Cela va de la confection d’un remède en passant par le hacking d’un serveur ultra protégé. Mais le temps est compté, et chaque action que vous choisirez d’effectuer en consommera (hormis certaines, indiquées en vert). Vous devrez donc avoir l’œil sur tout, et la moindre erreur se paye généralement très vite. Oubliez d’allumer un feu, de rassurer un collègue ou de faire peur à un otage, et vous pouvez être sûr que la partie se terminera là. C’est dans le maintien de cet équilibre extrêmement fragile que Gods will be Watching tire sa force. « Plus l’effort est grand, plus la victoire est belle » n’a jamais trouvé un aussi bel écho.

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Cette gestion paranoïaque des évènements exacerbe la dramaturgie de l’histoire, et offre une réflexion sur le manichéisme souvent inhérent aux jeux vidéo. Outre un scénario solide, c’est l’effacement de la frontière entre le bien et le mal qui intéresse ici. Dans une véritable optique de survie, le sacrifice ou l’abandon d’un partenaire n’est pas toujours synonyme de cruauté. Une réflexion assez rare émane de cette expérience, et c’est sûrement la plus grande force du titre. Surtout quand le tout est supporté par une bande-son hypnotique.

Mais Gods will be Watching souffre aussi de défauts pesants. Si le fait de mourir et recommencer fait partie intégrante du titre, le temps passé sur chacune des sessions peut réussir à énerver les gamers les plus patients. En effet, perdre bêtement après vingt ou trente minutes de jeu sans possibilité de sauvegarder est parfois difficile à supporter. Cela peut d’ailleurs avoir un effet négatif sur la manière de vivre l’expérience. À force de recommencer, on finit plus par essayer de trouver un « système » qui fonctionne, plutôt que de tenter d’autres solutions pour sortir du calvaire. Cette difficulté pourra donc être contre-productive chez certains joueurs.

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« Toujours le plaisir de douleur s’accompagne » disait Ronsard, et on se demande s’il ne parlait pas de Gods will be Watching. Visuellement agréable, le titre de Deconstructeam est avant tout une expérience minimaliste unique, qui tente de nous mettre toutes les responsabilités du monde sur les épaules. Le plaisir de la réussite n’en est que plus grand. Reste une difficulté exacerbée, qui devrait décourager une partie des joueurs les moins têtus. C’est dommage, car le titre n’en avait pas spécialement besoin pour nous séduire.

Gods will be Watching est disponible sur PC (uniquement en ligne) pour 8,99€.

La plupart des productions videoludiques actuelles sont conçues pour plaire à un large public. Ce n’est pas le cas de Gods will be Watching. On vous dit pourquoi.

gwbw

C’est au cours de la Ludum Dare 26, une compétition de développement de jeux vidéo dans un thème imposé et avec limite de temps, que la genèse de Gods will be Watching a vu le jour. Très attaché au Pixel Art, Deconstructeam a cette fois-ci décidé de tous miser sur le récit, en créant un titre hybride, à mi-chemin entre point & click et visual novel.

Vous incarnez le sergent Burden, membre d’une équipe de mercenaire travaillant pour Xenolifer, une organisation terroriste, qui tente par tous les moyens de trouver un remède contre un virus mortel. Lors de cette mission quasi-suicide, vous serez rejoint par une équipe d’individu aux caractéristiques bien différentes : soldats, scientifiques, ingénieurs… Chacun de ces alliés de fortune présentera des qualités et des défauts avec lesquels il faudra composer.

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Votre but ultime : survivre. Et c’est là que les choses se gâtent. Car Gods will be Watching est un jeu difficile. Très difficile. Les développeurs ne s’en cachent d’ailleurs pas, et annoncent la couleur dès le départ. Dans le mode « Normal », vous mourrez souvent, dans le mode Facile… vous mourrez souvent aussi. À la manière d’un die & retry diabolique, il est tout bonnement impossible de réussir une mission (nous parlerons plutôt ici de tableaux) du premier coup. Vos partenaires, que vous verrez surement mourir au fil du jeu, reviennent par magie au niveau suivant. Ce n’est pas très réaliste, mais vous serez toujours content d’avoir une personne en plus pour vous aider. Croyez-moi.

Les sept chapitres ont tous plusieurs points en commun. Placé dans une situation critique (enfermé dans une grotte, perdu dans le désert, etc.), vous devrez utiliser tous les moyens nécessaires pour faire survivre votre équipe, tout en complétant un objectif obligatoire. Cela va de la confection d’un remède en passant par le hacking d’un serveur ultra protégé. Mais le temps est compté, et chaque action que vous choisirez d’effectuer en consommera (hormis certaines, indiquées en vert). Vous devrez donc avoir l’œil sur tout, et la moindre erreur se paye généralement très vite. Oubliez d’allumer un feu, de rassurer un collègue ou de faire peur à un otage, et vous pouvez être sûr que la partie se terminera là. C’est dans le maintien de cet équilibre extrêmement fragile que Gods will be Watching tire sa force. « Plus l’effort est grand, plus la victoire est belle » n’a jamais trouvé un aussi bel écho.

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Cette gestion paranoïaque des évènements exacerbe la dramaturgie de l’histoire, et offre une réflexion sur le manichéisme souvent inhérent aux jeux vidéo. Outre un scénario solide, c’est l’effacement de la frontière entre le bien et le mal qui intéresse ici. Dans une véritable optique de survie, le sacrifice ou l’abandon d’un partenaire n’est pas toujours synonyme de cruauté. Une réflexion assez rare émane de cette expérience, et c’est sûrement la plus grande force du titre. Surtout quand le tout est supporté par une bande-son hypnotique.

Mais Gods will be Watching souffre aussi de défauts pesants. Si le fait de mourir et recommencer fait partie intégrante du titre, le temps passé sur chacune des sessions peut réussir à énerver les gamers les plus patients. En effet, perdre bêtement après vingt ou trente minutes de jeu sans possibilité de sauvegarder est parfois difficile à supporter. Cela peut d’ailleurs avoir un effet négatif sur la manière de vivre l’expérience. À force de recommencer, on finit plus par essayer de trouver un « système » qui fonctionne, plutôt que de tenter d’autres solutions pour sortir du calvaire. Cette difficulté pourra donc être contre-productive chez certains joueurs.

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« Toujours le plaisir de douleur s’accompagne » disait Ronsard, et on se demande s’il ne parlait pas de Gods will be Watching. Visuellement agréable, le titre de Deconstructeam est avant tout une expérience minimaliste unique, qui tente de nous mettre toutes les responsabilités du monde sur les épaules. Le plaisir de la réussite n’en est que plus grand. Reste une difficulté exacerbée, qui devrait décourager une partie des joueurs les moins têtus. C’est dommage, car le titre n’en avait pas spécialement besoin pour nous séduire.

Gods will be Watching est disponible sur PC (uniquement en ligne) pour 8,99€.

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7 / 10