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Test Microsoft Surface Pro 12” : la tablette qui se veut PC, ou l’inverse ?

Nous avons testé le Surface Pro 12 pouces de Microsoft, une tablette Windows 2-en-1 pouvant s’utiliser avec un clavier. Une tablette peut-elle faire un bon PC ? Voici notre avis sur la question.

Entre PC et tablette, la gamme hybride de Microsoft a connu des hauts et des bas. Surtout des bas pour être honnête, jusqu’à la Surface Pro 11 qui renversait la vapeur. Un an plus tard, la formule gagne un pouce et fait quelques compromis pour descendre son prix sous la barre psychologique des 1000 euros. Pour quel résultat ? J’ai testé la Surface Pro 12” pendant plusieurs semaines pour vous livrer mon verdict sur ce PC 2-en-1 capable de se transformer en tablette.

Le format hybride est-il encore une bonne idée en 2025 ? Que vaut le clavier officiel ? Un ordinateur avec une puce Snapdragon est-il limité ? Est-ce qu’un pouce de moins fait la différence ? Tant de questions et bien d’autres qui trouveront une réponse ci-dessous.

Fiche technique du Microsoft Surface Pro 12”

Surface Pro 12
Taille et poids- Longueur : 274 mm
- Largeur : 190 mm
- Hauteur : 7,8 mm
- Poids : 686 g
Affichage- Écran LCD tactile de 12 pouces5
- Définition: 2196 × 1464 (220 PPP)
- Fréquence de rafraîchissement : jusqu’à 90 Hz (60 Hz par défaut)
Processeur et carte graphique- CPU : Snapdragon X Plus (8 cœurs)
- GPU Adreno
- NPU 45 000 milliards d'OPS
Mémoire et stockage- 16 Go LPDDR5x
- 256 Go, 512 Go ou 1 To de stockage (UFS)
Batterie- Jusqu’à 16 heures de lecture vidéo en local
- Jusqu’à 12 heures d’autonomie en parcourant le web
Connectique- 2 ports USB-C / USB 3.2
- Connecteur Surface Pro 12 pouces Keyboard
Sécurité- Sécurité renforcée avec Microsoft Pluton (TPM 2.0)
- PC à noyau sécurisé Windows 11
- Reconnaissance faciale Windows Hello
Caméras- Caméra avant Full HD (1080p)
- Prise en charge des effets Windows Studio avec cadrage automatique, flou de portrait, filtres créatifs, contact visuel et éclairage portrait
- Caméra arrière Ultra HD de 10 mégapixels
Audio- Deux micros Studio avec le focus voix
- Haut-parleurs stéréo 2W avec Dolby Atmos
Réseau et connectivité- Wi-Fi 7
- Bluetooth 5.4
- Prise en charge de GNSS L1, GPS, Galileo, BeiDou, QZSS et NAVIC
- Compatible 4G et 5G
Système d'exploitation- Windows 11 Famille
Finitions et coloris- Violet
- Platine
- Océan
Prix et disponibilité- 979 € (256 Go)
- 1099 € (512 Go)
- 1299 € (1To)

Prix et disponibilité

Le Surface Pro 12 pouces est disponible à partir de 979 euros avec 256 Go et son prix monte jusqu’à 1299 euros avec 1 To de stockage. Trois coloris sont proposés : Platine (gris clair), Violet ou Océan (gris-vert).

Précisons qu’à ce prix-là, vous aurez… une tablette. Comptez 180 euros de plus pour avoir le clavier officiel (300 en pack avec le stylet Slim Pen), et 60 euros pour le chargeur USB-C de 45 W.

Il existe par ailleurs un Surface Pro 13 pouces si vous recherchez un écran plus large.

Microsoft Surface Pro 12 Pouces (9)
© MC / JDG

Design et connectique

Le Surface Pro 12 emprunte le format classique de l’hybride 2-en-1. Il s’agit d’une tablette munie d’un large pied intégré à son dos et d’un connecteur à sa base pour y adjoindre un clavier. Rien de bien surprenant ici, c’est une formule déjà adoptée et éprouvée par les modèles précédents.

Microsoft Surface Pro 12 Pouces (4)
© MC / JDG

Pourtant, cette nouvelle itération se démarque à plusieurs égards du Surface Pro 11, à commencer par ses bordures d’écran quasi uniformes qui encadrent l’affichage sur environ 1 cm. Si c’est un choix moins esthétique que le pourtour asymétrique plus fin sur les côtés du Surface Pro 11, cela devrait aussi éviter les déclenchements intempestifs du tactile lorsqu’on tient l’appareil en main au format tablette. Si on regarde du côté d’Apple, c’est d’ailleurs la solution utilisée sur l’iPad Pro.

La ressemblance avec la pomme s’arrête ici. La Surface Pro 12” est plus épaisse (7,8 mm), mais aussi plus lourde (686 g) que l’iPad Pro, que ce soit dans son format 11 ou 13 pouces. C’est un encombrement aussi bien adapté à l’usage qu’au transport, lui permettant de rester confortable dans tous les cas de figure. Son alliage d’aluminium recyclé est de qualité, pour un design sobre, élégant et (a priori) robuste.

Sa béquille arrière est dans la même veine. Prenant la totalité de la largeur de la tablette, elle la maintient fermement en place dans l’inclinaison de votre choix sans pour autant bloquer lorsqu’on veut la replier. Notons par ailleurs les deux encoches de part et d’autre du dos pour attraper facilement ce support. Après quelques utilisations, le geste devient un automatisme.

Microsoft Surface Pro 12 Pouces (2)
© MC / JDG

Pour un ordinateur, la connectique du Surface Pro 12” peut paraître un peu chiche : un connecteur propriétaire pour le clavier et deux ports USB-C (USB 3.2 avec prise en charge du DisplayPort 1.4a et du Thunderbolt 4). Si c’est une configuration relativement standard, on regrette l’absence de port jack pour y brancher un casque filaire et d’emplacement pour une carte SD/microSD. L’achat d’un dongle risque donc de s’avérer indispensable à un moment ou à un autre.

Utilisation multimédia : écran et audio

Par rapport à la version 13 pouces (et à la Surface Pro 11), l’écran a été revu à la baisse. Exit l’Oled, on est ici en présence d’une dalle LCD de 12 pouces avec une définition de 2196 x 1464 pixels. C’est standard, mais cela représente une baisse de résolution de près de 20 %. La fréquence de rafraichissement aussi a été amputée : 90 Hz au lieu de 120.

Malgré cela, la dalle est de qualité, avec d’excellents angles de vision, un bon contraste et de belles couleurs. Attention néanmoins à sa luminosité maximale de 400 nits. Aucun problème en intérieur, mais avec un revêtement brillant, c’est trop juste pour un usage sur la terrasse. Quant au Dolby Vision IQ, il est réservé au modèle 13 pouces.

L’audio est assuré par deux haut-parleurs stéréo de 2 W situés discrètement en façade. La puissance est bonne et les voix détaillées, mais si vous aimez la musique qui tape profondément et les films avec des explosions, vous risquez de ressentir un criant manque de basses.

En mode bureautique : le clavier officiel

Faisons maintenant un pas de côté pour nous intéresser au principal accessoire de cette tablette, le clavier Surface Keyboard, lui aussi disponible en trois coloris. Bien que légère, sa conception en plastique respire la solidité et ne plie pas lorsqu’on force dessus. Rassurant sachant qu’il s’agit là de la partie qui va également protéger l’écran de notre tablette, mais aussi pratique lorsqu’on souhaite écrire avec ce Surface Pro sur les genoux.

Microsoft Surface Pro 12 Pouces (6)
© MC / JDG

Le trackpad aurait été plus confortable à utiliser s’il avait été un peu plus haut, mais sa largeur au moins est appréciable. Notez qu’il est dépourvu de retour haptique, en revanche son clic est franc et fonctionne sur une large surface.

Je dois avouer m’être échiné pour m’adapter au clavier, dont la course des touches ciseaux est courte et qui est inévitablement moins large que sur un ordinateur traditionnel de 13 pouces. Je ne compte pas le nombre de fois où j’ai appuyé sur Tabulation au lieu de la lettre “A”, mais c’est évidemment un problème inhérent au format et un coup de main à prendre avec le temps.

Autre point à considérer : le clavier communique avec la tablette via ses connecteurs uniquement, pas en Bluetooth. Cela signifie que vous ne pouvez pas taper à distance (si vous branchez la tablette sur un téléviseur par exemple). Heureusement, vous pouvez toujours y connecter n’importe quel autre clavier Bluetooth.

Microsoft Surface Pro 12 Pouces (7)
© MC / JDG

Si vous avez l’habitude des précédents modèles, il est bon de constater que l’emplacement stylet présent sur le clavier Signature est absent ici. Il se trouve à présent au dos de la tablette, ce qui promet de passer de nombreuses heures à chercher le stylet au fond de votre sac si vous transportez régulièrement votre ordinateur.

Usage tablette : le problème de Windows

Le plus gros problème du Surface Pro 12” est qu’il est livré sans clavier, laissant penser qu’il s’agit d’une tablette. Or, Windows n’est pas pensé pour s’utiliser facilement avec un écran tactile. Le meilleur exemple de cela est la phase d’initialisation avec ses cases trop petites pour voir la totalité de son code Wi-Fi ou le clavier virtuel qui prend la moitié de l’écran, cachant lesdites cases. Il est d’ailleurs impossible de scroller pour consulter la partie basse de l’écran ET le clavier, il faut obligatoirement fermer ce dernier pour regarder ce qui se cache en dessous. Dans un autre genre, savez-vous comment faire une capture d’écran sans clavier sur Windows ? C’est absurdement complexe.

Autre exemple : revenir au bureau sans raccourci clavier nécessite de glisser le doigt pour ouvrir la barre de tâches et de cliquer à son extrémité droite. Je pourrais faire une blague sur le fait que choisir l’extrême droite n’est jamais une bonne idée, mais je vais m’en tenir à un constat plus terre à terre : il faut viser les trois pixels entre la bordure et l’horloge, ce qui demande une précision de sniper sous peine d’ouvrir le calendrier au lieu de retourner au bureau.

Quand on est habitué à une interface pensée pour le tactile, comme iPadOS ou Android, utiliser Windows avec son doigt ressemble à une punition. C’est d’autant plus remarquable dans les applications, toutes développées avec en tête un usage à la souris. En 2025, Zeus obligerait certainement Prométhée à utiliser cette configuration pour l’éternité en gage de châtiment.

Performances et autonomie

Comme sur toute sa gamme désormais, Microsoft a équipé son Surface Pro 12 pouces d’une puce Qualcomm, un Snapdragon X Plus avec 8 cœurs et 16 Go de mémoire vive unifiée. Il s’agit d’un SoC tourné vers l’utilisation de l’intelligence artificielle et l’autonomie avant tout. L’un de ses principaux avantages est de fonctionner sans refroidissement actif, ce qui lui assure une discrétion à toute épreuve. Le revers de la médaille est une chauffe assez importante lorsque l’appareil est en charge.

S’agissant d’une architecture ARM, toutes les applications ne sont pas natives. Windows assure la compatibilité par le biais d’une traduction des jeux d’instruction, réduisant ainsi les performances sur ces applications. Dans certains cas, cela peut poser d’autres problèmes : l’application Xbox permet seulement de lancer les jeux via le cloud et non pas de les installer, même sur un titre peu gourmand comme Ball x Pit. C’est dommage sachant qu’il est tout de même possible de jouer à Counter Strike 2 par exemple (en baissant la définition et la qualité des graphismes).

Microsoft Surface Pro 12 Pouces (8)
© MC / JDG

Concrètement, les performances sont pensées pour un usage bureautique léger, comme de la navigation web, de la lecture vidéo ou du traitement de texte. Si vous voulez effectuer des tâches plus lourdes, il faudra soit se tourner vers un autre appareil, soit savoir vous montrer patient. Cela se perçoit au travers des benchmarks : le Surface Pro 12” obtient un score de 2356 en single core et 10265 en multi core sur Geekbench 6 et un score de 1094 points en single core et 3979 points en multi core sur Cinebench R23.

La bonne nouvelle, c’est qu’on bénéficie de technologies récentes de connectivité, à l’instar du Wi-Fi 7 et du Bluetooth Core 5.4. Il est également possible de la connecter en 4G ou 5G pour une utilisation plus simple en mobilité (via nanoSIM ou eSIM).

Du côté de l’autonomie, on ne constate aucune évolution par rapport à la génération précédente. Comptez une dizaine d’heures en utilisation mixte. De quoi remplir votre journée sans avoir peur, mais pas assez pour ne pas recharger tous les jours malgré sa bonne résistance en veille.

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Notre avis

Une machine 2-en-1 est rarement un bon choix. Certes, les usages sont plus nombreux, mais ils sont aussi moins bons que des appareils dédiés. Le Surface Pro 12” n’échappe pas à la règle : tablette médiocre en raison de l’ergonomie de Windows, il fait un PC tout juste potable en ajoutant son onéreux clavier. En tablette, en dehors de son pied intégré, un iPad fera bien mieux l’affaire pour une fraction de son prix. En PC, un Surface Laptop 13” propose une meilleure autonomie et un confort bien supérieur.

Pourtant, Microsoft n’a pas mal fait les choses. Le Surface Pro 12” est un bel appareil, bien construit, avec des finitions soignées. Mais avec un tarif approchant les 1000 euros sans clavier, les défauts semblent tout de même trop importants par rapport aux avantages.
Note : 6  /  10

Les plus

  • Très bonnes finitions
  • Windows Hello réactif
  • Le silence du refroidissement passif

Les moins

  • Le clavier en option, cher et sans Bluetooth
  • Les reflets sur l'écran brillant
  • Des performances limitées

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