Test

[Test] Narcosis – Au fond des eaux, pas déso [PC]

L'abîme et mon couteau

Notre avis
6.5 / 10
Jeux-Video

Par Corentin le

Quelques poulpes et autres poissons belliqueux viendront vous chercher des noises durant votre exploration des ruines de votre base. Vous aurez votre fidèle couteau, seule arme disponible pour vous défendre et repousser les menaces, ainsi que quelques fusées de détresse qu’il sera possible de placer çà et là pour éclairer certains lieux sombres et attirer la faune locale à un autre endroit que votre personne. Parfois, c’est la structure même des niveaux qui représentera une difficulté. Quelques séquences pas toujours top consisteront en de la plateforme assistée de votre propulseur utilisable à l’envi, mais qui possède un temps de refroidissement. Votre personnage ne pouvant pas sauter, il devra ainsi se projeter, ce qui l’élève un peu dans les airs pour franchir corniches et précipices mortels. Évidemment, comme souvent dans les jeux à la première personne, ces phases sont loin d’être les plus intéressantes et les chutes inopinées sont particulièrement frustrantes, considéré la raideur de notre scaphandre et le placement hasardeux de certains checkpoints.

Cependant, avec la VR, Honor Code a transformé la contrainte de ce lourd équipement en mécanique de gameplay. Quand vous tournez la tête avec un Oculus Rift sur le nez, c’est bien votre tête qui bouge à l’intérieur du scaphandre, ce qui laisse énormément d’angles morts. Le seul moyen de vous dégager la vue sera alors d’effectuer une rotation avec tout votre corps. Raide. Tout cela induit une vraie notion de claustrophobie dans le jeu. Du passage à un écran noir si vous tentez de passer la tête au travers de la vitre de votre casque au sound design étouffé, la sensation de suffocation est permanente. Les HUD ont également été intégrés directement dans des petits écrans qui se reflètent sur la vitre. Si vous ne faites pas l’effort de les regarder directement, ils sont souvent hors champ. Ainsi, il n’est certes pas possible d’avoir à tout moment les informations essentielles comme le taux d’oxygène restant, mais les reflets lumineux que l’on peut observer du coin de l’œil donnent une indication partielle de la situation. Par exemple, la jauge de température des propulseurs devient rouge à l’approche de la surchauffe et la jauge de consommation en temps réel d’oxygène devient jaune en cas de grand stress. Voilà un système intéressant, bien pensé et qui sait tirer parti de l’environnement du jeu.

Dommage que tous ces éléments qui apportent de l’immersion ne soient pas servis par une mise en scène mieux gérée. Hormis quelques trouvailles intéressantes qui illustrent de manière impressionnante la folie qui prend peu à peu le contrôle du héros, les jumpscares sont souvent bien trop prévisibles. Le jeu vous fait arriver dans un cul-de-sac pour activer un mécanisme ? Vous pouvez être sûr que quand vous vous retournez, une mauvaise surprise vous attendra. Vous voyez un cadavre dans un scaphandre au loin ? Oh non ! « Agrou agrou ! » Il se met d’un seul coup à bouger avant de disparaître ! Ce n’était qu’une hallucination finalement. On a parfois la désagréable impression de se promener dans un train fantôme dont on aurait largement passé l’âge, dont on connaît à l’avance tous les rouages et qui ne nous fait malheureusement plus peur.

C’est d’autant plus dommage que l’histoire est intéressante et rondement menée. Les pensées du protagoniste sont résumées par des témoignages audio racontant ce qui s’est passé au moment de la catastrophe. Le tout est propre, bien doublé et nous amène assez habilement vers une conclusion plutôt inattendue, mais bien trouvée qui saura récompenser le joueur qui aura persévéré dans les méandres sous-marins de ce jeu qui montre un peu trop souvent ses limites.

Notre avis

Narcosis est une chouette idée, exécutée avec les moyens du bord et donc par endroits, l’expérience prend l’eau. Les maladresses de mises en scène et les petites frustrations mal gérées çà et là entachent une belle intention qui parvient de temps à autre à sortir son épingle du jeu grâce à de bonnes réflexions de game design et une histoire solide. Il est également difficile de ne pas souligner l’aspect monotone du titre et la nécessité de posséder un casque pour profiter à fond de cette expérience déjà un poil chère par rapport à d’autres jeux comparables sur le marché. Ce résultat quelque peu mitigé reste cependant honorable, surtout pour le joueur avide de jeux en réalité virtuelle qui vont au-delà de la simple expérience contemplative.

6.5 / 10