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Test Onimusha Way of the Sword : le retour d’un samouraï onimushiant

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Onimusha tente une renaissance après 25 ans. Mais est-ce vraiment une bonne idée ?

Après près de vingt ans d’absence et un remaster sorti il y a peu, Onimusha revient avec un véritable nouvel épisode. Pour ses 25 ans, Capcom met un asamouraï légendaire au centre de sa scène dans un jeu d’action qui entend renouer avec les racines de la franchise tout en lui offrant une énorme dose de modernité. Il faut dire que les titres Onimusha ne sont pas tout jeunes et qu’ils auraient bien besoin d’un coup de polish.

Il fut un temps où Onimusha était l’une des licences incontournables de Capcom. Lancée en 2001 sur PlayStation 2, la série nous envoyait trucider du démon dans un Japon féodal avec un savant mélange d’action, d’énigmes et de progression en ligne droite (les fameux jeux couloir). Après Onimusha : Dawn of Dreams en 2006, la franchise a pourtant progressivement disparu des radars, jusqu’à revenir timidement avec une version VR en 2024. Capcom a donc décidé de faire les choses autrement en apportant un véritable épisode inédit. Onimusha Way of the Sword ne trouve pas plus prestigieux que Miyamoto Musashi, figure historique du Japon et célèbre épéiste, ici transformé en Onimusha malgré lui, pour incarner cette renaissance. Mais tout comme le protagoniste, on ne comprend pas ce qu’on fait là.

Un sabre qui répond au doigt et à l’œil

La première chose qui saute aux yeux dans Way of the Sword, c’est que Capcom n’a pas cherché à transformer Onimusha en un énième Nioh ou Sekiro. Le système de combat reste relativement simple, avec quelques attaques, des esquives et des parades facilement accessibles. La prise en main est donc immédiate, même pour quelqu’un qui n’a jamais touché à la franchise. Pour les habitués, les premières heures sont un jeu d’enfant.

Mais derrière cette simplicité se cache un système de timing que Capcom a particulièrement réussi. Une parade effectuée au bon moment peut devenir un contre percutant, tandis qu’une esquive parfaitement maîtrisée permet de se téléporter derrière l’adversaire. Tout repose donc sur la capacité du joueur à lire les attaques et à appuyer au bon moment.

Le seul souci qu’on pourrait rencontrer concerne les temps d’action et les animations en combat. Le gameplay n’est pas aussi réactif que dans la plupart des jeux d’action et il faut très souvent réfléchir à la longévité du coup qu’on veut donner avant de spammer le bouton d’attaque. Ce serait une bonne chose si seulement le coup le plus rapide n’était déjà pas un poil trop long. Il devient alors compliqué de ne pas subir de dégâts. Heureusement c’est un problème qu’on ne rencontre qu’en de rares occasions puisuqe seuls les boss peuvent vous mettre vraiment dans l’embarras.

Onimusha (3)
© Capcom

Les boss sauvent la mise

S’il fallait désigner une partie de Way of the Sword qui donne réellement envie de défendre le jeu, ce serait sans hésiter ses boss. Ce n’est pas pour rien que Capcom en a fait le focus dans tous les trailers du jeu, y compris celui de l’ONL de la Gamescom. C’est dans ces affrontements que le studio semble avoir concentré le plus de soin. Les animations sont beaucoup plus impressionnantes, les effets visuels se multiplient à l’écran et les combats deviennent nettement plus techniques. Surtout, la difficulté est enfin à la hauteur du système de combat.

Alors que les ennemis classiques sont souvent massacrés sans grande difficulté, les boss obligent à comprendre leurs patterns, observer leurs mouvements et encore plus maîtriser le timing des parades et des esquives. Ils donnent enfin une vraie raison de progresser et d’exploiter les quelques subtilités du gameplay. On y retrouve surtout un défi que les amateurs du genre recherchent.

Onimusha (5)
© Capcom

Le contraste avec le reste de l’aventure est malheureusement assez violent. Les affrontements classiques deviennent rapidement répétitifs, notamment parce que le bestiaire manque de variété. On retrouve régulièrement les mêmes adversaires, avec quelques évolutions selon la progression du joueur et les boss déjà vaincus. C’est d’autant plus dommage que les combats de boss représentent clairement le meilleur de ce qu’Onimusha peut proposer. On aurait presque envie que le jeu en fasse davantage et réduise tout ce qui existe entre deux étapes majeures.

Un monde ouvert couloir : quoi ?

Onimusha Way of the Sword reste profondément attaché à son héritage de jeu couloir. Et, honnêtement, ce n’est pas nécessairement un problème. Il existe de très bon titres qui excellent dans cette catégorie, encore aujourd’hui. Les environnements du jeu de Capcom proposent parfois quelques embranchements, notamment dans les zones urbaines, et permettent de partir explorer pour trouver du butin, améliorer son équipement ou accomplir quelques missions annexes. Sauf que Capcom semble avoir ajouté ces espaces plus ouverts sans vraiment savoir quoi en faire.

La plupart du temps, l’exploration consiste à parcourir des rues qui se ressemblent, casser quelques éléments du décor et récupérer une récompense une fois tous les 36 du mois. Les environnements destructibles sont amusants pendant les combats, mais ils sont loin d’être une nouveauté en 2026. Quant aux missions annexes, elles manquent souvent d’importance et reproduisent rapidement les mêmes mécaniques.

Onimusha (4)
© Capcom

Pire encore, les ennemis réapparaissent automatiquement lorsque l’on revient dans certaines zones ou après une sauvegarde. Ce n’est pas non plus un scoop pour la franchise, mais entendre la même personne crier dans la même maison pour qu’on vienne la délivrer a quelque chose d’agaçant au bout de la cinquième fois. Il m’aura suffi de seulement deux sauvetages pour ignorer le troisième appel à l’aide (ainsi que les suivants, évidemment). Le monde évolue bien légèrement en fonction de la progression, mais cela ne suffit pas à donner l’impression d’un univers vivant.

Visuellement, le constat est assez similaire. Le jeu est techniquement réussi si on se base sur les standards graphiques uniquement. Cependant, Ses environnements sont particulièrement ternes et répétitifs. On passe énormément de temps dans des rues qui partagent les mêmes caisses, les mêmes chariots et les mêmes vases. Le character design est lui aussi assez particulier. Il possède cette identité propre à Onimusha, sans forcément atteindre des sommets esthétiques. Une nouvelle fois, les boss tirent leur épingle du jeu avec des apparences bien plus travaillés. Mais je regrette, enfin, une motion capture assez pauvre en émotions, pour tous les personnages. Qu’est-ce que je dois faire pour sortir d’ici déjà ?

Onimusha (2)
© Capcom

Miyamoto Musashi mérite mieux

Il y a finalement un problème plus embêtant et ce n’est autre que le personnage principal. Choisir Miyamoto Musashi comme héros est une excellente idée sur le papier. Figure majeure de l’histoire des samouraïs, il possède tout ce qu’il faut pour devenir un protagoniste immédiatement mémorable. Pourtant, Way of the Sword peine à exploiter son potentiel.

Musashi manque tout simplement de charisme. Le personnage n’est pas désagréable (quoique), mais son écriture ne lui donne pas suffisamment d’épaisseur. Surtout, ses motivations restent difficiles à comprendre. Il est transformé en Onimusha contre son gré et semble principalement subir les événements plutôt que réellement les provoquer. Or c’est compliqué de passer plusieurs heures derrière un personnage dont on ne comprend pas vraiment ce qu’il veut et qui n’a absolument aucune motivation à “avancer dans la vie” hormis celle qu’on lui impose. Tout comme le héros, le joueur se retrouve malgré lui embarqué dans des histoires qui ne le concernent pas, et qui n’ont aucun impact sur ses motivations personnelles.

Onimusha (1)
© Capcom

C’est finalement assez révélateur du principal problème de Onimusha Way of the Sword. Le jeu est plaisant, parfois même bon, mais il donne constamment l’impression d’arriver avec quelques années de retard. Dans les combats de samouraïs nerveux, Nioh a déjà montré jusqu’où la formule pouvait aller. Pour les mondes ouverts japonais somptueux et immersifs, Ghost of Tsushima et Ghost of Yōtei occupent déjà une place de choix. Et pour les expériences narratives ambitieuses, Capcom lui-même dispose désormais de nombreuses références capables de proposer davantage. Même en ce qui concerne les gameplays alternatifs, j’avais personnellement adoré Kunitsu-Gami: Path of the Goddess.

Cela ne signifie pas que Onimusha Way of the Sword est un mauvais jeu. Son système de combat fonctionne, ses boss sont (presque tous) excellents et retrouver cette licence après autant d’années possède quelque chose de réjouissant pour les fans. Mais Capcom ressuscite ici une franchise qui appartient peut-être davantage au passé qu’il ne veut l’admettre. Way of the Sword ressemble finalement à un très bon jeu d’action des années 2000 auquel on aurait ajouté quelques éléments modernes. Et c’est à la fois son charme et sa principale faiblesse. Le résultat est loin d’être mauvais, mais il pose une question assez embarrassante : Onimusha a-t-il encore quelque chose à apporter en 2026 ?

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