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[Test] Total War : Rome II – Tempora heroica

Notre avis
8 / 10

Par Henri le

Il aura fallu attendre neuf ans pour que The Creative Assembly décide de revenir fouler le sol de Rome. Un retour attendu de pied ferme par les fans de la première heure, bien que le studio semble vouloir séduire les néophytes. Alors, pari réussi ?

Schlacht_bei_Zama_Gemälde_H_P_Motte
D’après une histoire vraie

Depuis ma plus tendre enfance, je pense avoir toujours intégré la notion de conflit dans un cadre rationnel. Plus jeune, je me rappelle des batailles rangées de figurines, inspirées de l’histoire antique, que je recréais dans ma chambre. Pourquoi s’embêter avec des dragons et des robots quand un homme défie un empire, en traversant les Alpes à dos d’éléphant ? À dix ans, et grâce aux manuels d’histoire de mon grand frère, la plupart des rivalités de la première partie du 20ème siècle avaient vu le jour sur la moquette de mon salon. Je profitais déjà du jeu vidéo (et de notre chère Super Nes) mais aucune machine 16 bits ne pouvait retranscrire l’ampleur de ces batailles de plastique.

Le temps passant, j’ai évidemment délaissé ces babioles pour des consoles de plus en plus puissantes et la série des Total War est arrivée pour assouvir le fin stratège que je croyais être. Vous l’aurez peut-être compris, j’aime l’histoire. Ce Rome II, comme tous les autres épisodes de la saga met un point d’honneur à coller à la période qu’il raconte. C’est un détail que les amateurs de la série, gâtés par le studio depuis plus de 10 ans, ont tendance à oublier. Si le contenu peut être écrasant pour un novice, la richesse de l’encyclopédie (pour peu qu’on la lise), des unités, de la culture et des informations dispersées çà et là mettront en joie les amateurs de « faits réels ».

rome2_big

« La patience a beaucoup plus de pouvoir que la force » (Plutarque)

Pour ce nouvel épisode, The Creative Assembly a décidé de donner encore plus d’importance à la gestion des territoires. Sans tomber dans la complexité d’un Civilization, les provinces occupées demanderont une bonne dose d’attention, sans quoi la clameur publique se fera vite entendre. Jouer dans un niveau de difficulté adéquat vous demandera de pérenniser votre empire, là où Shogun II permettait une conquête plus rapide des territoires. Ce choix, qui peut déranger les plus belliqueux, se révèle réaliste. Nourrir ses armées en maintenant l’ordre dans les villages necessitera de passer plus de temps sur la nouvelle carte du jeu. Cette dernière, encore plus agréable à l’œil qu’avant, se divise en 57 provinces (et 183 régions !) aisément reconnaissables.

TWR2-BatailleduNil-8

L’option diplomatique est désormais plus fouillée, et ajoute la possibilité d’un pacte défensif toutefois difficile à mettre en place. Les peuples partageant les mêmes traditions peuvent créer de grandes confédérations, ce qui est utile pour des régions partagées comme la Gaule ou la Ligurie. Il vaut donc mieux stabiliser une région avant d’en attaquer une autre. Et c’est d’ailleurs comme ça qu’on fonde un vrai empire.

Mais vous n’êtes pas le seul à faire ça. Chaque faction s’occupe de ses terres et le temps d’attente entre chaque tour est franchement long, même sur une grosse config. Rome II est donc un jeu qui force à la patience. Autant s’en servir pour planifier ses attaques. Ici encore, quelques nouveautés bienvenues dynamisent les combats, qui mélangent désormais batailles navales et assauts sur terre ferme. La possibilité de planifier des débarquements-surprise, et de renverser la vapeur, rajoute une dimension épique aux échauffourées. Les gamers qui pourront profiter du jeu en ultra se retrouveront devant un spectacle tout à fait superbe, qui surpasse (très) légèrement le travail initié sur Shogun II. Ajoutez à ça une nouvelle caméra cinématique, qui vous place au-dessus de l’épaule des soldats en première ligne, et vous vous retrouvez à crier comme un Teuton dans votre salon.

total-war-rome-ii-screenshot-ME3050120156_2

More ambition, more problems

Mais Rome II a aussi les problèmes de ses ambitions. L’optimisation est loin d’être parfaite, et le jeu souffre de bugs parfois gênants. Nous n’avons cependant pas relevé d’erreurs aussi énormes que certains particuliers sur notre version (Steam retail). Les quelques crashs semblent néanmoins pris en compte par le studio. On note également des problèmes de pathfinding, où des unités adverses en pleine charge reviennent soudainement sur leurs pas. Pas de quoi ruiner l’expérience, puisque leur incidence est à modérer par rapport aux nombres d’heures passées à jouer. Ces petites erreurs d’IA s’associent parfois à un problème d’équilibrage des unités (Phalanges et animaux de guerre trop puissants). Comme souvent dans la série, de nombreux patchs devraient améliorer l’expérience de jeu. Il est toutefois dommage que la version finale n’ait pas été plus polie.

La seconde déception vient de l’aspect politique du jeu. Les sénateurs peuvent tenter de vous nuire si vos actions ne leur siéent pas. Les généraux disposent d’une jauge de gravitas, qui représente l’importance qu’ils ont au sein d’une faction. Plus cette donnée est élevée, plus vos pouvoirs (édits, recrutements…) sont larges. Il faut donc mettre en avant les familles préférées par nos chers politiques. Cet aspect, géré trop aléatoirement, n’a finalement pas l’impact escompté, mais on est déjà bien occupés comme ça.

TWRII_Faction_Seleucids

Rome II arbore plus les ambitions d’Empire que la finition de Shogun II. Cet épisode lance quelques pistes à confirmer dans un prochain opus, mais apporte également des innovations bienvenues.

Si quelques bugs peuvent vraiment déranger, il faut malgré tout prendre le jeu pour ce qu’il est : Un véritable festin vidéoludique, qui propose des centaines d’heures de jeu tout en conservant la maestria visuelle de ses aînés. À l’heure où des softs un peu fades se plient en moins de trois jours, Rome II mérite amplement sa place dans l’étagère de tous les amateurs de stratégie.

Il aura fallu attendre neuf ans pour que The Creative Assembly décide de revenir fouler le sol de Rome. Un retour attendu de pied ferme par les fans de la première heure, bien que le studio semble vouloir séduire les néophytes. Alors, pari réussi ?

Schlacht_bei_Zama_Gemälde_H_P_Motte
D’après une histoire vraie

Depuis ma plus tendre enfance, je pense avoir toujours intégré la notion de conflit dans un cadre rationnel. Plus jeune, je me rappelle des batailles rangées de figurines, inspirées de l’histoire antique, que je recréais dans ma chambre. Pourquoi s’embêter avec des dragons et des robots quand un homme défie un empire, en traversant les Alpes à dos d’éléphant ? À dix ans, et grâce aux manuels d’histoire de mon grand frère, la plupart des rivalités de la première partie du 20ème siècle avaient vu le jour sur la moquette de mon salon. Je profitais déjà du jeu vidéo (et de notre chère Super Nes) mais aucune machine 16 bits ne pouvait retranscrire l’ampleur de ces batailles de plastique.

Le temps passant, j’ai évidemment délaissé ces babioles pour des consoles de plus en plus puissantes et la série des Total War est arrivée pour assouvir le fin stratège que je croyais être. Vous l’aurez peut-être compris, j’aime l’histoire. Ce Rome II, comme tous les autres épisodes de la saga met un point d’honneur à coller à la période qu’il raconte. C’est un détail que les amateurs de la série, gâtés par le studio depuis plus de 10 ans, ont tendance à oublier. Si le contenu peut être écrasant pour un novice, la richesse de l’encyclopédie (pour peu qu’on la lise), des unités, de la culture et des informations dispersées çà et là mettront en joie les amateurs de « faits réels ».

rome2_big

« La patience a beaucoup plus de pouvoir que la force » (Plutarque)

Pour ce nouvel épisode, The Creative Assembly a décidé de donner encore plus d’importance à la gestion des territoires. Sans tomber dans la complexité d’un Civilization, les provinces occupées demanderont une bonne dose d’attention, sans quoi la clameur publique se fera vite entendre. Jouer dans un niveau de difficulté adéquat vous demandera de pérenniser votre empire, là où Shogun II permettait une conquête plus rapide des territoires. Ce choix, qui peut déranger les plus belliqueux, se révèle réaliste. Nourrir ses armées en maintenant l’ordre dans les villages necessitera de passer plus de temps sur la nouvelle carte du jeu. Cette dernière, encore plus agréable à l’œil qu’avant, se divise en 57 provinces (et 183 régions !) aisément reconnaissables.

TWR2-BatailleduNil-8

L’option diplomatique est désormais plus fouillée, et ajoute la possibilité d’un pacte défensif toutefois difficile à mettre en place. Les peuples partageant les mêmes traditions peuvent créer de grandes confédérations, ce qui est utile pour des régions partagées comme la Gaule ou la Ligurie. Il vaut donc mieux stabiliser une région avant d’en attaquer une autre. Et c’est d’ailleurs comme ça qu’on fonde un vrai empire.

Mais vous n’êtes pas le seul à faire ça. Chaque faction s’occupe de ses terres et le temps d’attente entre chaque tour est franchement long, même sur une grosse config. Rome II est donc un jeu qui force à la patience. Autant s’en servir pour planifier ses attaques. Ici encore, quelques nouveautés bienvenues dynamisent les combats, qui mélangent désormais batailles navales et assauts sur terre ferme. La possibilité de planifier des débarquements-surprise, et de renverser la vapeur, rajoute une dimension épique aux échauffourées. Les gamers qui pourront profiter du jeu en ultra se retrouveront devant un spectacle tout à fait superbe, qui surpasse (très) légèrement le travail initié sur Shogun II. Ajoutez à ça une nouvelle caméra cinématique, qui vous place au-dessus de l’épaule des soldats en première ligne, et vous vous retrouvez à crier comme un Teuton dans votre salon.

total-war-rome-ii-screenshot-ME3050120156_2

More ambition, more problems

Mais Rome II a aussi les problèmes de ses ambitions. L’optimisation est loin d’être parfaite, et le jeu souffre de bugs parfois gênants. Nous n’avons cependant pas relevé d’erreurs aussi énormes que certains particuliers sur notre version (Steam retail). Les quelques crashs semblent néanmoins pris en compte par le studio. On note également des problèmes de pathfinding, où des unités adverses en pleine charge reviennent soudainement sur leurs pas. Pas de quoi ruiner l’expérience, puisque leur incidence est à modérer par rapport aux nombres d’heures passées à jouer. Ces petites erreurs d’IA s’associent parfois à un problème d’équilibrage des unités (Phalanges et animaux de guerre trop puissants). Comme souvent dans la série, de nombreux patchs devraient améliorer l’expérience de jeu. Il est toutefois dommage que la version finale n’ait pas été plus polie.

La seconde déception vient de l’aspect politique du jeu. Les sénateurs peuvent tenter de vous nuire si vos actions ne leur siéent pas. Les généraux disposent d’une jauge de gravitas, qui représente l’importance qu’ils ont au sein d’une faction. Plus cette donnée est élevée, plus vos pouvoirs (édits, recrutements…) sont larges. Il faut donc mettre en avant les familles préférées par nos chers politiques. Cet aspect, géré trop aléatoirement, n’a finalement pas l’impact escompté, mais on est déjà bien occupés comme ça.

TWRII_Faction_Seleucids

Rome II arbore plus les ambitions d’Empire que la finition de Shogun II. Cet épisode lance quelques pistes à confirmer dans un prochain opus, mais apporte également des innovations bienvenues.

Si quelques bugs peuvent vraiment déranger, il faut malgré tout prendre le jeu pour ce qu’il est : Un véritable festin vidéoludique, qui propose des centaines d’heures de jeu tout en conservant la maestria visuelle de ses aînés. À l’heure où des softs un peu fades se plient en moins de trois jours, Rome II mérite amplement sa place dans l’étagère de tous les amateurs de stratégie.

Notre avis

Chronophage

8 / 10