Impossible de passer à côté de l’événement « street art » et « Retro gaming » de l’été : Invader est de retour à Paris. L’artiste français qui envahit les villes du monde entier au moyen de mosaïques pixelisées a posée hier lundi 6 juin, son millième alien sur la façade de La Générale, une galerie d’art du 11ème arrondissement. A cette occasion, le lieu expose jusqu’au 2 juillet ses œuvres, réunies en un événement baptisé « 1000 ». L’occasion de découvrir toutes les facettes de son travail artistique à travers des installations ludiques et colorées, mais aussi de s’interroger sur la démarche de ce vandale geek et poétique.

Le pixel comme matière première. Le Jeu Vidéo transposé à la réalité. Le détournement d’un objet, la mosaïque, d’une forme, le carrée, et d’un lieu, la rue, pour donner naissance à une œuvre d’art. La façon de procéder d’Invader se rapproche furieusement de l’idéologie libertaire et créatrice du haking. En marge de la légalité, dans l’anonymat le plus complet, il crée depuis 1996 des tableaux destinés à la rue, qu’il installe dans le plus grand secret. Cet ancêtre un peu bucolique de la réalité augmentée invite à la rêverie… Et tout comme le mouvement auquel on le rattache, à la participation. On trouve en effet sur son site internet des « kits d’invasion » qui offrent à tout un chacun la possibilité de pirater son petit bout de rue. Il parait même que certains fans iraient jusqu’à décrocher ses réalisations pour les réparer !

// « Use your cellphone »

D’ailleurs, ce n’est pas sa source d’inspiration principale, le jeu d’arcade de Taito, Space Invaders qui nous convaincra du contraire. Depuis 1978, date de sortie du jeu au Japon, les envahisseurs extra-terrestres se sont imposés comme les icônes par excellence du jeu vidéo. Lequel est, rappelons-le, le résultat d’un détournement – ou hack – d’étudiants américains à la fin des années 60 (Space War, 1962) ! Mais les expérimentations de détournement de l’artiste ne se limitent pas à deux dimensions. Furieusement rétro et pourtant toujours dans l’air du temps, Invader est depuis quelques années passé à la 3D. Son nouveau joujou, le Rubik’s Cube, lui offre la possibilité de sculpter ses créatures, matérialisant ainsi son pixel fétiche, mais aussi de composer d’immenses tableaux au moyens des six couleurs offertes par le cube. De l’Origine du Monde de Courbet à la pochette d’un album de Bob Marley, en passant par Jack Nicholson dans Shining, il reconstruit à travers le prisme de son esthétique 8-bits les plus grands figures iconographiques de notre culture. Et ces réalisations gigantesques, les visiteurs de La Générale seront invités à les admirer… à travers l’écran de leur téléphone portable ! Pourtant, nulle technologie de pointe à là-dessous, l’utilisation de la caméra du mobile permet d’avoir une vision d’ensemble de l’œuvre, forcément très, très pixellisée.

// Le Guide de l’Envahisseur

Toujours dans cet esprit ludique, l’exposition offre aussi une étonnante installation dans laquelle des balles rebondissantes en caoutchouc sont projetées à 200 km/h vers une vitre en plexiglas, le scooter d’Invader recouvert de stickers (une autre de ses formes d’expression de prédilection), des gaufres à l’effigie des emblématiques aliens ainsi que des distributeurs de balles, de stickers, ainsi que de la vingtième édition du plan d’invasion de la capitale, Paris 2.0, designé et annoté par l’artiste lui-même. Les plus fervents admirateurs de l’envahisseur pourront de même se rendre à la galerie Le Feuvre, où sont exposés une sélection d’Alias. Il s’agit des prototypes de chacune des mosaïques d’Invader, renfermant chacun une carte d’identité sur laquelle son apposés son nom, son emplacement, ainsi que son score, décerné par l’artiste lui-même. Représentant français d’Invader, Le Feuvre édite le catalogue d’exposition de 1000. Enfin, un mystérieux rendez-vous est donné pour le mois de septembre prochain. Le maître sera de retour afin de dédicacer le seul ouvrage recensant ses mille créations… Dans un lieu pour le moment tenu secret !

1000, du 7 juin au 2 juillet, à La Générale, 14 avenue Parmentier, Paris 11. Entrée Libre.
Et à la Galerie Le Feuvre, 164 rue du Faubourg St Honoré, Paris 8 Entrée Libre.

- Hop ! Le teaser plutôt rigolo de l’expo :

1000 par extermitent