Passer au contenu

Test du Origine Montmartre Air : le vélo électrique qui n’a pas peur de rouler sans batterie

7 min
0 commentaire
Partagez

Avec son poids plume, son moteur discret et son assistance très naturelle, l’Origine Montmartre Air prend le contre-pied des vélos électriques toujours plus puissants.

Que se passe-t-il lorsqu’un vélo électrique tombe en panne de batterie à plusieurs kilomètres de sa destination ? Sur certains modèles, qui peuvent peser plus de 25 kg, la fin du trajet risque de se transformer en véritable séance de sport. Avec l’Origine Montmartre Air, l’expérience s’est révélée nettement moins pénible. Batterie à plat à 10 km de la destination, le trajet s’est fait sans encombre, même s’il s’est révélé un peu plus sportif qu’à l’ordinaire. Une expérience qui résume assez bien la philosophie de ce vélo électrique pas tout à fait comme les autres.

Avec le Montmartre Air, le fabricant français Origine (installé dans le Nord) s’adresse en effet à une clientèle un peu particulière : ceux qui apprécient le coup de pouce de l’électricité, mais qui veulent continuer à faire du vélo. Autrement dit, pédaler réellement, sentir l’effort et ne pas dépendre entièrement du moteur. Un positionnement qui prend tout son sens une fois en selle.

Origine Montmartre Air (1)
© JDG

Design : un vélo électrique qui cache bien son jeu

À première vue, difficile de deviner que le Montmartre Air est un vélo électrique. Son cadre en aluminium aux lignes fines, sa fourche en carbone et son moteur discrètement logé dans le moyeu de la roue arrière lui donnent l’allure d’un vélo urbain classique. La batterie, intégrée dans le tube diagonal, est tout aussi invisible. Le cadre semi-ouvert facilite l’enjambement, tandis que les câbles soigneusement intégrés renforcent l’impression de sobriété. Finalement, seul le petit écran (optionnel) au milieu du guidon révèle un secret bien gardé.

Mais la véritable prouesse se trouve sur la balance. Origine annonce 13,92 kg pour le Montmartre Air dans sa configuration standard. Une version Lite (avec moins d’équipements) descend même à 12,4 kg. Attention toutefois : ces valeurs dépendent de la taille du cadre et des équipements choisis. Dans la version testée, avec différents équipements (porte-bagage, écran de contrôle, béquille, garde-boue…), le modèle était aux alentours des 15 kg. Cela reste néanmoins très loin des 20 à 30 kg de nombreux vélos électriques urbains.

Origine Montmartre Air (2)
© JDG

Cette légèreté change la donne au quotidien. Pour déplacer le vélo, le manipuler à l’arrêt ou tout simplement pédaler sans assistance, les kilos économisés sont loin d’être anecdotiques. Le Montmartre Air conserve une maniabilité et une facilité d’utilisation qui rappellent vraiment celles d’un vélo musculaire.

Moteur : une assistance qui sait rester à sa place

Pour assurer l’assistance, Origine a choisi le Mahle X30, un moteur de 250 W situé dans la roue arrière et délivrant un couple de 45 Nm. Sur le papier, ces caractéristiques peuvent sembler modestes face aux motorisations centrales de 65, 75 ou 85 Nm proposées par certains concurrents. Mais le Montmartre Air ne cherche pas à rivaliser sur ce terrain.

Trois niveaux d’assistance permettent d’adapter la puissance délivrée. Et c’est en utilisant le modes le moins élevé que le vélo révèle une bonne partie de son intérêt. Le moteur accompagne le pédalage, sans prendre systématiquement le dessus. Les jambes continuent de travailler, le rythme reste naturel et l’assistance ne donne jamais l’impression de propulser artificiellement le cycliste.

Origine Montmartre Air (8)
© JDG

Il est bien sûr possible d’augmenter la puissance pour se faciliter la tâche, notamment au démarrage ou dans les longues montées ou une côte abrupte. Mais le Montmartre Air est particulièrement agréable lorsqu’il se contente d’apporter juste ce qu’il faut d’énergie supplémentaire. De quoi séduire les cyclistes qui n’apprécient pas toujours les sensations des VAE les plus puissants.

Autre particularité : sa transmission à courroie Hutchinson CrossDyn, associée à un seul rapport de vitesse. Exit le dérailleur et les changements de vitesse. Le système est silencieux, propre et nécessite peu d’entretien. Cette simplicité se paie toutefois dans les fortes côtes, où l’absence de vitesses peut compliquer le pédalage, particulièrement lorsque l’assistance est désactivée.

Origine Montmartre Air (3)
© JDG

Conduite : le passage des 25 km/h ne se fait presque pas sentir

C’est l’une des meilleures surprises de cet essai. La réglementation impose aux vélos à assistance électrique de couper l’aide du moteur à 25 km/h. Sur de nombreux modèles, ce seuil se ressent immédiatement. Le moteur cesse de pousser et le poids du vélo prend soudain toute son importance. Sans qu’il y ait réellement de freinage, la sensation peut être celle d’une résistance brutale à l’avancement. Sur le Montmartre Air, cette transition est particulièrement réussie. Une fois les 25 km/h atteints, le vélo continue naturellement sur sa lancée. L’assistance disparaît, mais il est possible de poursuivre l’accélération en pédalant, sans avoir l’impression de devoir lutter contre le poids de la machine.

Origine Montmartre Air (4)
© JDG

Ce comportement est particulièrement appréciable sur les portions roulantes, où dépasser ponctuellement les 25 km/h (voire les 30 km/h) ne demande pas un effort démesuré. Le moteur Mahle X30, conçu pour limiter les résistances lorsqu’il ne fonctionne pas, y contribue largement. Mais c’est aussi la légèreté de l’ensemble qui fait la différence. Cette fluidité est probablement le principal argument du Montmartre Air. Là où certains vélos électriques semblent perdre une grande partie de leur intérêt dès que l’assistance s’arrête, celui-ci conserve les qualités d’un vélo traditionnel.

Batterie à plat : 10 km sans assistance, et sans galère

Restait à vérifier si cette promesse tenait toujours avec une batterie complètement déchargée. Nous avons volontairement “oublié” de recharger le vélo pour voir ce que cela donnait. Avec 10 kilomètres à parcourir et plus aucune assistance électrique disponible, le Montmartre Air s’est retrouvé dans la situation que redoutent de nombreux utilisateurs de VAE. Pourtant, le retour du bureau s’est effectué sans difficulté majeure. Certes, il faut fournir davantage d’efforts, particulièrement lors des relances. Mais le vélo reste suffisamment léger et roulant pour conserver un pédalage agréable, y compris sur une côte de 5.

Il ne s’agit évidemment pas de prétendre que 10 kilomètres sans assistance seront toujours faciles, quelles que soient les conditions. Le relief, le vent et la condition physique du cycliste jouent un rôle important. Et la transmission monovitesse peut devenir pénalisante face à une pente importante. Mais cette expérience permet de tirer une conclusion : contrairement à bien des vélos électriques lourds, le Montmartre Air reste parfaitement utilisable lorsque la batterie est vide. Une vraie qualité pour les trajets quotidiens, où une recharge oubliée ne doit pas nécessairement tourner à la catastrophe.

Origine Montmartre Air (9)
© JDG

Connectivité : un petit écran qui fait le nécessaire

À l’heure où certains vélos électriques multiplient les écrans couleur, les fonctions de navigation et les applications connectées, le Montmartre Air préfère la simplicité. Le petit compteur Mahle présent sur le modèle testé affiche les informations utiles : vitesse, distance parcourue, niveau de batterie ou mode d’assistance. Son écran monochrome est minimaliste, mais il remplit parfaitement son rôle pour une utilisation quotidienne. Pas besoin de naviguer dans des menus complexes pour savoir à quelle vitesse on roule ou combien de batterie il reste. On peut toutefois regretter l’absence de rétroéclairage, qui limite sa lisibilité une fois la nuit tombée.

Origine Montmartre Air (7)
© JDG

Le système n’est pas pour autant déconnecté. La motorisation Mahle dispose du Bluetooth et peut communiquer avec une application sur smartphone, notamment pour personnaliser les niveaux d’assistance et consulter les données des trajets. La compatibilité ANT+ permet également d’utiliser certains équipements connectés. Reste que le compteur, proposé en option, correspond bien à l’esprit général du vélo : fournir les informations nécessaires sans transformer le guidon en tableau de bord.

Autonomie et recharge : le gros compromis de la batterie intégrée

Pour parvenir à un poids aussi contenu, Origine a opté pour une batterie de 250 Wh. Une capacité relativement modeste, mais cohérente avec une motorisation peu énergivore et un vélo qui peut facilement se passer d’assistance sur certaines portions du trajet. L’autonomie (théoriquement de 100 km) réelle varie naturellement selon le niveau d’assistance, le relief, la météo et le poids transporté. La possibilité de rouler avec une assistance réduite, voire sans moteur, permet cependant d’économiser de précieux pourcentages de batterie. Sur un trajet quotidien d’une petite vingtaine de kilomètres intégrant quelques côtes mais globalement plat, nous a permis de tenir entre trois et quatre jours (environ 70 km) avec un niveau d’assistance bas, selon les parcours empruntés. C’est une belle performance.

Origine Montmartre Air (10)
© JDG

Le principal défaut du Montmartre Air se situe ailleurs : sa batterie principale n’est pas amovible. Impossible donc de la retirer pour la recharger chez soi (ou au bureau) en laissant le vélo dans un local collectif. Il faut pouvoir brancher directement le vélo là où il stationne. Pour les utilisateurs qui disposent d’un garage ou d’un local équipé d’une prise, cette contrainte restera relativement mineure. Mais pour ceux qui habitent en appartement et garent leur vélo dans une cour, un sous-sol ou un espace commun dépourvu d’alimentation électrique, elle peut tout simplement devenir rédhibitoire. Le faible poids du vélo permet certes de le monter plus facilement dans un logement, mais encore faut-il pouvoir le faire.

Origine propose également une batterie additionnelle amovible de 171 Wh, destinée à augmenter l’autonomie. Elle ne règle toutefois pas la question de la recharge de la batterie principale.

Prix et verdict : un vélo électrique pour ceux qui aiment pédaler

Proposé à partir de 3 301 € dans sa version standard, et de 3 045 €  pour la déclinaison Lite, l’Origine Montmartre Air n’est pas à la portée de toutes les bourses. Son tarif s’explique notamment par la légèreté de sa conception, le choix des composants et les nombreuses possibilités de personnalisation offertes par le fabricant français. Ce vélo ne conviendra pas nécessairement à ceux qui recherchent une assistance très puissante pour avaler quotidiennement de grosses côtes, ni aux utilisateurs qui ont besoin d’une batterie amovible. Sa transmission monovitesse limite également sa polyvalence.

Articles sauvegardés