Les employés et personnes en recherche d’emploi aux Etats-Unis se retrouvent confrontés à une difficulté supplémentaire sur le marché de l’emploi, certains employeurs n’hésitent désormais plus à demander aux candidats de leur remettre leurs identifiants Facebook afin qu’ils puissent mener quelques « investigations ».

Facebook ou Facepalm ?

Vous avez bien lu. Si depuis l’explosion du phénomène Facebook il est (malheureusement diront certains) admis que certains employeurs un peu curieux s’intéressent à l’e-reputation des candidats, aux Etats-Unis les choses semblent prendre une tournure autrement plus polémique.

Un article du Herald Business relate les déboires d’un officier de police de retour de deuil qui s’est vu demandé ses identifiants Facebook afin que son employeur puisse vérifier qu’il n’avait aucun lien avec des gangs ou des activités illicites.


« c’est bon vous êtes clea… mais qu’est ce que ?! »

Circulez y’a rien à voir, j’ai déjà tout vu

Dans un climat économique instable pour un bon nombre d’employés outre-atlantique (mais également en France) et dans un système ou la sécurité de l’emploi est toute relative, Robert Collins (rien à voir avec le dictionnaire) n’avait d’autre choix que d’accéder à la requête de son supérieur :

Je n’avais pas le choix, j’ai besoin de ce travail pour subvenir aux besoins de mon foyer […] Je comprends le besoin d’en savoir toujours un peu plus que la moyenne sur un candidat, mais c’est à mon sens une violation de la vie privée.

Cet officier du Maryland a cependant été l’élément déclencheur d’une vague de contestation dans l’état qui a ainsi conduit à la rédaction d’une nouvelle réglementation. Celle ci permet toutefois aux employeurs d’inviter les candidats à se connecter à leurs réseaux sociaux durant l’entretien sans avoir à remettre en clair leurs identifiants à qui que ce soit.

Un chantage à peine voilé

Ces pratiques sont d’ailleurs en passe de devenir monnaie courante outre-atlantique, depuis la multiplication des réseaux sociaux, et leur adoption souvent massive de la part des citoyens américains, les employeurs n’ont plus aucun scrupules à départager en amont les candidats parmi ceux qui coopèrent et les autres.

Parmi les activités gravitant autour de cette tendance nous pouvons citer : la demande pure et simple des identifiants aux réseaux sociaux, l’obligation d’ajouter en ami (dans le cas de Facebook) un des employés des ressources humaines de la société à laquelle le candidat a postulé, la visite des réseaux sociaux aux côtés du candidat.


« yes ! on l’appellera vomito à la cafet ! »

Ces comportements n’ont pas manqué de faire réagir les spécialistes des questions de vie privée dont le point de vue est sans équivoque comme en témoigne cette citation du Progesseur Orin Kerr :

C’est une violation éhontée de la vie privée […] cela équivaut à demander à quelqu’un les clés de son logement sans autre forme de procès

L’occasion encore une fois de rappeler que l’e-reputation prend des proportions de plus en plus importantes au sein des processus de recrutement, la meilleure façon de se prémunir de ces dérives est de rester vigilant quant à ce que vous dites, postez, mettez en ligne, ou tout simplement ne pas posséder de comptes sur les réseaux sociaux.