Licenciement du secrétaire général de l’Hadopi

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Par Elodie le

Le désamour avec l’industrie du cinéma, qui lui reproche son manque de résultat, a peut-être eu raison d’Eric Walter, en poste depuis 2010.

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C’est le principal intéressé qui a révélé la nouvelle sur Twitter, à la manière de l’ancien ministre des finances grec, Yanis Varoufakis : « Ne suis plus en poste à #hadopi depuis le 1er aout 2015 », a-t-il ainsi indiqué.

Une annonce qui n’est pas réellement une surprise à en croire NextInpact. En effet, le départ de l’ancien secrétaire de la Haute Autorité pour la Diffusion des Œuvres et la Protection de la création sur Internet (HADOPI) ne serait pas volontaire, mais résulterait d’un licenciement. Les relations avec les ayants droit du cinéma s’étant détériorées en 2014, ces derniers lui reprochant un certain laxisme à l’égard des pirates d’œuvres culturelles protégées.

Ses déclarations, pourtant sensées, tenues dans les colonnes de Libération en aout 2014 ont provoqué l’ire de l’industrie du cinéma comme le rapporte Le Figaro :

« Il ne faut jamais perdre de vue que le piratage est avant tout une conséquence de la carence de l’offre légale, jamais la cause. »

Faisant le parallèle avec le streaming musical : « On le voit très bien avec la musique. Depuis que l’offre a évolué, le piratage est devenu marginal. Aller piocher des mp3 sur les réseaux peer-to-peer, c’est même devenu un peu has been ! »
Considérant enfin que c’est à l’industrie du cinéma de s’adapter à la nouveauté et non l’inverse. Un avis pourtant partagé par nombre d’internautes adeptes du téléchargement insatisfaits par l’offre légale.

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Des déclarations qui avaient fait vivement réagir Nicolas Seydoux, président de Gaumont : « Nous avons un problème avec le secrétaire général de l’Hadopi qui pense que le problème du téléchargement illicite réalisé par les internautes est réglé, et que si ceux-ci téléchargent, c’est la faute des ayants droit », avait-il alors répondu.

Reproche également formulé par les professionnels du cinéma à Fleur Pellerin, ministre de la Culture, dans une lettre ouverte adressée en septembre 2014.
Dans la ligne de mire notamment, l’étude sur la rémunération proportionnelle du partage chapeauté par Eric Walter qui ne lui a pas fait gagner que des amis. Elle prévoyait de faire passer nombre de sites pirates dans la légalité moyennant des contreparties financières.

Ce licenciement met à jour l’intense lobbying exercé par les ayants droit. Gouvernement et politiques leur répondant avec amour : à Cannes, où le Premier ministre Manuel Valls était venu débattre avec les professionnels du cinéma concernant le droit d’auteur, la chronologie des médias et le piratage ; ou avec Fleur Pellerin pour l’établissement d’une charte ayant pour ambition d’assécher les revenus publicitaires des sites illicites.

La Hadopi a depuis musclé son discours et son action en passant le mode répressif.