Culture G(eek) : Scott Pilgrim VS Machete

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Par Pia le

C’est le combat tant attendu de cette fin d’année. Alors que les petits choisiront entre Raiponce et Harry Potter qui les accompagnera durant les vacances de Noël, les plus grands découvriront leurs deux héros de cette fin d’année. Scott Pilgrim et Machete sortent tous les deux le premier décembre au cinéma.

De chaque côté, plus de deux heures de baston, un héros seul contre tous et une esthétique léchée. Mais les personnalités diamétralement opposées des réalisateurs Edgar Wright pour Scott Pilgrim et Robert Rodriguez pour Machete nous offrent deux propositions challengers pour le film des fêtes de Noël. Il n’y a plus qu’un moyen de les départager : free fight !

Alors que le mexicain balafré aiguise sa machette, le canadien fluet répète sa choré sur Dance Dance Paradise. Le renouveau du film de série B tout de sang, de sueur et d’érotisme soft enterrera-t-il la nouvelle garde des adaptations de comics audacieuse et référencée ? Enchainements meurtriers et coups non réglementaires sont à prévoir. Finish Him !

scott-machet


« In the Bluuuue corner » : Il a traversé la frontière en fraude depuis le Mexique où il était agent fédéral. Aujourd’hui trahi par tous, et en cavale, Machete combat le crime et les politiciens véreux, couche avec leurs femmes et sauve des clandestins tout en défouraillant un casting de choix (Robert De Niro, Steven Seagal et… Don Johnson ?) à l’aide d’instruments variés. C’est la nouvelle folie de Robert Rodriguez avec Danny Trejo, tirée de la bande annonce parodique qu’il avait tournée pour le projet Grindhouse.

« In the Reeeed corner » : attendu par des hordes de fanboys qui se sont acharnés sur le jeu Xbox Live Arcade en attendant sa sortie, Scott Pilgrim s’est échappé de son comic indé pour combattre les sept ex démoniaques de la jolie Ramona Flowers. Ultra-référencée et générationnelle, la nouvelle comédie d’Edgar Wright avec Michael Cera alterne combats de jeux vidéo et blagues geeks.

// ROUND 1 : Couillu

On voyait mal un Michael Cera un peu mou en mode dragon punch et katana enflammé. Pourtant, la baston dans Scott Pilgrim déboite. Stylisée à l’extrême, chorégraphiée avec maestria, elle baigne dans la culture pop : iconographie tirée des jeux de combat, références à foison et super-pouvoirs de comics. C’est du 100 hit combo dans la tronche. À l’ancienne, Machete sait aussi faire preuve d’originalité : saut à l’intestin, lancer de scalpel, maniement des armes à feu et d’outils de jardinage. Des hectolitres de sang jaillissent de poches habilement dissimulées…
Machete 1 – Scott Pilgrim 1

// ROUND 2 : Glamour

La fille avec les cheveux bleus ; la lesbienne ninja, la lycéenne et ses saï, l’ex batteuse complètement dépressive… Dans Scott Pilgrim, les sentiments priment sur le sexy. Et la baston prime sur les sentiments. Pas très glamour, donc. Alors que Machete, même en cavale il trouve le temps de tirer son coup. Michelle Rodriguez nous ferait croire qu’elle aime les hommes. Jessica Alba et sa collection de chaussures pour fétichistes ne sont pas en reste. Quant à Lindsay Lohan, sa mère et la cascade… Oh, et il y a même des jumelles en tenues d’infirmières.
Machete 2 – Scott Pilgrim 1

// ROUND 3 : Epique

Contre les sept ex diaboliques aux pouvoirs surpuissants, Scott Pilgrim ne peut compter que sur la force de son amour. Des duels de sabre, des duel de basse, des duels de filles, de l’introspection dans une dimension parallèle, des amis qui l’enfoncent… Et comme un chevalier du zodiaque, il commence toujours par se prendre une grosse raclée. Machete, il est veuf, moche et ringard. En plus, c’est un immigré clandestin qui combat des politiciens corrompus pour laver son honneur. Sauf qu’il était le plus couillu des flics de Mexico, et sera le plus fort des révoltés du Texas. Un peu trop facile.
Machete 2 – Scott Pilgrim 2

// FINAL ROUND : Indé

Un réalisateur anglais qui aime les zombies et les films de genre (Edgar Wright) + un comic underground (Scott Pilgrim, de Brian Lee O’Malley) + Michael Cera (Juno) = un pur divertissement geek certifié label rouge. Sauf que le film aurait couté près de soixante-dix millions d’euros et ça, c’est pas vraiment indé. Heureusement, ses faibles résultats au box office américain devraient lui garantir le statut de film culte. A la base, Machete n’était qu’une bande annonce factice dans le grand projet Grindhouse de Tarantino et Rodriguez. Aujourd’hui un film de plus de deux heures bourré de stars déchues pour certaines. L’esthétique « Grindhouse » est toujours là, mais plus l’effet de surprise.
Machete 2 – Scott Pilgrim 3

Résultat : Scott Pilgrim l’emporte donc sur Machete, mais de peu. Il faut dire que le nouveau délire d’Edgar Wright risquait la faute de goût avec un casting parfois surprenant et un budget qui en aurait étouffé plus d’un. Mais au final, cette histoire d’amour sur fond de baston a tout du shonen réussi : des combats qui décoiffent, une mise en scène outrageuse et une sacré dose d’epicness. Ajoutez l’humour absurde de l’œuvre originale et une narration ultra-visuelle à l’esthétique poétique, vous obtenez un vrai trip qui va vous scotcher à votre fauteuil. Machete pousse le trip au maximum : gore, irrespectueux, potache et sexy, il nous offre un sacré défouloir. Et réussit un tour de force, faire passer presque deux heures de péripéties stéréotypées dignes d’un feuilleton d’après-midi avec le naturel d’une machette dans l’estomac. Autant de second degré et le talent de Robert Rodriguez font de ce retour aux sources qui ne se prend pas au sérieux un excellent film. Il lui manque néanmoins la vraie folie et le génie d’un Planet Terror pour en faire un film culte.

Hop ! La bande annonce de Scott Pilgrim :

Hop ! La bande annonce de Machete :