Malaise dans le milieu de la VFX

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Par Pierre le

Vous l’avez peut-être remarqué, depuis hier, sur les réseaux sociaux et les sites spécialisés (comme 3DVF), un élan de solidarité envers les artistes travaillant sur les effets spéciaux affecte le web. Un mouvement qui montre le malaise des travailleurs du milieu et qui se concentre sur un film en particulier : Life of Pi.

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Tout commence lors de la cérémonie des Oscars. Le film d’Ang Lee a reçu la récompense tant convoitée pour les meilleurs effets visuels. Les patrons de Rhythm and Hues, la société à l’origine des effets sont montés sur scène pour récupérer la statuette. Mais voilà, après quelques secondes de discours, les lauréats se sont vus censurés. La musique des dents de la mer a en effet couvert leurs voix et le micro a été coupé. La raison ? Les personnes sur scènes voulaient évoquer la situation critique de Rhythm and Hues, qui est actuellement en faillite.

Là est le nœud du problème. L’indignation ne se focalise pas seulement sur Rhythm and Hues, mais sur toute l’industrie. Les créateurs d’effets spéciaux parlent d’un manque de reconnaissance. Les studios leur en demandent toujours plus et les payes n’arrivent pas toujours. Pour l’exemple de Life of Pi, le film a couté 120 millions de dollars, post prod incluse, et en a rapporté 580 millions. Le studio responsable des effets spéciaux n’a pas été payé et ne profite donc pas de l’argent généré par le film (la post production étant réalisée sous contrat).

Dans leur mouvement, qui dispose d’une page Facebook internationale, les personnes travaillant dans les effets spéciaux ne demandent pas que Rhythm and Hues soit sauvé, mais juste un peu de considération. La société responsable des effets spéciaux de Pi n’est en effet qu’un catalyseur du mécontentement.

Ils dénoncent le fait que les artistes sont déconsidérés par les studios, qui jugent leur travail facile et le prennent à la légère. Il s’agit seulement de faire parler de nous

indique Thibaut Lamouroux, superviseur modélisation chez Tat production.

Un mouvement qui ne demande rien, donc, mais qui cherche juste à avoir ce qu’il n’a pas encore : la considération du public, des studios et la conscience de tout le travail derrière les effets visuels si chers au cinéma d’aujourd’hui.

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