Turquie, 6000 internautes pour faire la com du gouvernement

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Par Elodie le

Tunisie, Égypte, Yemen, Syrie, Algérie, Libye, etc., lors des différents soulèvements qui constituèrent le “printemps arabe”, les réseaux sociaux s’étaient révélés être une arme redoutable aux mains de certains manifestants face à leur gouvernement. Alors que ces derniers tentaient de verrouiller l’information et réprimaient durement tout signe de contestation, les protestataires utilisaient Twitter, Instagram et autre Facebook pour relayer la réalité du terrain – la leur -, contrer la propagande d’État, mobiliser, s’informer et s’organiser entre eux pour la suite des événements. Les printemps arabes quittaient la rue pour envahir le net et donc potentiellement trouver un écho à travers le monde.

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Les réseaux sociaux sont devenus un outil de contestation auxquels les gouvernements ne s’étaient pas préparés, bien qu’ils ne suffisent pas à eux seuls à expliquer l’ampleur du mouvement. Cependant, la Turquie ne compte pas s’y laisser (re)prendre. Il y a quelques mois, un sit-in protestant contre un projet immobilier à Istanbul (détruire le dernier parc public de la ville pour y construire un centre commercial) a dégénéré en vive protestation. Le gouvernement envoyant l’armée pour déloger et disperser les manifestants. Comme toujours dans ce type d’événement, la confusion règne. Encore une fois, les réseaux sociaux ont permis aux contestataires de faire entendre leur voix au dessus du tumulte et des informations d’État. Même si entre information et désinformation (d’un côté comme de l’autre), la limite est parfois trouble lorsqu’on ne vit pas les événements sur place.

AFP/OZAN KOSE
AFP/OZAN KOSE

Le gouvernement en a pris bonne note et a décidé de riposter avec les mêmes armes « alors que de nouvelles manifestations commencent à se tenir à Istanbul ». Ainsi, 6000 adhérents au parti ont été réquisitionnés par le gouvernement pour viraliser la parole d’État. Cette nouvelle armée numérique sera présente sur Twitter, Facebook, YouTube et Instagram et servira de veilleur concernant les conversations en ligne. Selon un responsable du parti AKP au Wall Street Journal :

Nous cherchons à développer un langage politique positif, que nous enseignons à nos volontaires. Et quand le camp opposé répand de la désinformation à propos du parti, nous la corrigeons par des informations valides, en utilisant un langage positif

Les élections locales et présidentielles à venir l’année prochaine ne seraient étrangères à cette nouvelle lubie du gouvernement Erdogan, qui compte bien rattraper le retard pris par ses opposants sur la toile.

Source Big Browser