Space invader à la conquête de l’espace

culture geek

Par Elodie le

Si vous habitez Paris, Montpellier ou que vous avez voyagé à New York, Tokyo, Istanbul, Katmandou, etc. impossible que vous soyez passé à côté de ces petits Space Invaders – tiré du jeu vidéo japonais du même nom, édité par la société Taito et sorti en 1978. Certes, il faut parfois être un peu « tête en l’air ». Présent dans quelques 70 villes sur cinq continents, il y en aurait 2700 à travers le monde et 1074 rien qu’à Paris.

SpaceOne-invader

Après avoir envahi la Terre, retour à l’envoyeur, le street-artiste français Invader s’est lancé dans un projet cosmique : envoyer un space invader dans l’espace ! Prénommé Space-One, ce dernier s’est envolé à bord d’un ballon-sonde gonflé à l’hélium qui a éclaté une fois arrivé à bon port : 35 km plus haut, dans la stratosphère (pour les plus pointilleux d’entre vous). Le temps de prendre des images de la chose pour l’Histoire et retour sur Terre. Cette démarche, débutée il y a un peu plus d’an, le 20 août 2012, est retracée dans un documentaire Art4Space.

Comme l’explique Invader à la conférence de presse qui a eu lieu lundi à Paris et où il est apparu masqué, pour conserver son anonymat :

C’est une démarche qui me titillait depuis longtemps, d’autant plus qu’il existe peu de démarches artistiques en ce sens. C’était aussi pour surprendre mon public, en allant là où il ne s’attend pas à voir de l’art contemporain. Maintenant, j’ai une très belle image d’un Space Invader avec la Terre en toile de fond

D’une durée de 25 minutes, le documentaire retrace les différentes étapes du projet jusqu’au extraits des images prises à 35 km au-dessus du sol. Et comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, c’est l’artiste qui a conçu la « navette » après quelques recherches sur internet : une GoPro, un tracker GPS, un ballon d’hélium commandé au Japon, une puce RFID, etc. pour un budget de 1000 euros. La première œuvre de l’artiste à avoir ainsi été « exposée » dans l’espace va bien et son créateur est satisfait, comme le rapporte 20 minutes :

L’œuvre n’était pas cassée, pas de signe d’usure, mais elle a été foudroyée lors de sa descente, par un éclair ou un champ magnétique. Je la garde précieusement et je l’exposerai

Art4Space_SpaceOne

Par ailleurs, comme il l’a reconnu lors de la conférence de presse, son objectif initial était une invasion sous-marine. Après avoir pris connaissance qu’un autre artiste Jason de Caires Taylor avait créé une galerie d’œuvres immergées au large de Cancún, il a changé son fusil d’épaule et visé les étoiles. Mais tout n’est pas perdu puisque l’artiste a pris connaissance du souhait initial du street-artiste et lui a proposé une collaboration. Ainsi, trois space invaders collés à ses sculptures se sont retrouvés immergés dans l’océan Atlantique. L’Invasion continue…