[Impressions] Ryse : Son of Rome – L’assommeur assommé

Par Fabio le

Coup de genou vertical au visage, amputation du bras droit plus double coup de bouclier, moulinet sur le haut du torse… Ryse s’est présenté au monde à grands coups de grandiloquentes tatanes virtuelles. Mais qui se cache réellement derrière le Beat them All des créateurs de Crysis ? Impressions après deux heures de jeu.

Ces derniers mois, on a entendu beaucoup de choses sur Ryse, et des choses pas vraiment sympathiques. Que c’est un QTE abrutissant, qu’il n’est qu’une vitrine technologique pour le CryENGINE… entres autres.

2_003Bon, déjà, Ryse est un jeu, genre un vrai jeu. Un jeu où on appuie beaucoup sur les boutons et où on se sert beaucoup des joysticks. Rien de davidcagesque, donc, même si, en effet, les actions contextuelles déterminent en partie votre progression, ou du moins, la facilité avec laquelle vous allez progresser.

On détaillera plus amplement sur cet aspect dans le test, mais on peut déjà dire que la plastique de Ryse, sans être une claque visuelle, se montre avantageuse. C’est même le jeu le plus beau que j’ai vu tourner sur Xbox One (avec Forza) ; plus pour la mise en scène (travelling et plans très larges) que pour la modélisation des combattants, jolie sans être sublime. Les environnements eux – aux abords du palais, dans le palais, en pleine forêt de nuit, sur la côte, dans les ruelles de la ville au petit matin – sont plutôt réussis, en tout cas riches en petits détails.

2_002Mais revenons au cœur du gameplay, basé comme vous le savez sur ces fameuses « exécutions », coups fatals forcément sanglants. Éclaircissons déjà les choses : il est tout à fait possible de combattre sans exécutions. Vous avez un bouton pour taper, un pour pousser, un autre pour parer, une roulade et un coup spécial qui permet de passer en mode Rage/Bullet Time pendant un court laps de temps. Rajoutez à ça quelques subtilités pour briser la garde adverse en combinant deux boutons et vous obtenez un Beat them All tout ce qu’il y a de plus classique.

En réalité, les exécutions représentent la cerise sur le gâteau en même temps qu’elles sont le salut pour progresser. Comment ça se passe ? Une fois que vous avez suffisamment savaté votre ennemi, une petite tête de mort apparaît au-dessus de sa tête, vous indiquant que vous pouvez l’envoyer ad patres. Sur quoi, vous devez appuyer dans le bon timing de l’animation sur 2 à 3 boutons consécutivement. C’est plutôt bien fichu, discret en tout cas : s’il faut appuyer sur le Y, votre victime se verra nimbée d’un halo jaune pendant un court laps de temps ; si c’est le X, un halo bleu, etc.

3_002Il y avait eu cette rumeur il y a quelques mois, comme quoi rater une exécution ne serait pas pénalisant. Eh bien si. Si vous ratez une exécution, l’animation « se casse », vous engrangez moins d’expérience et ne profitez pas de petits bonus immédiats tels qu’un regain de santé ou le (re)remplissage de votre jauge de Rage (pour être précis, c’est vous qui choisissez, via un petit menu, quels bonus vous voulez obtenir avec vos exécutions).

Vous avez une centaine d’exécutions en tout, que vous allez pouvoir débloquer progressivement, en accumulant (en solo) des points de bravoure. Sachez que le multi fonctionne à peu près pareil, avec des exécutions à débloquer, soit en grindant, soit en payant avec des vrais brouzoufs (un homme du staff nous a dit que tout était déblocable en jouant).

1_002Pour conclure, oublions un instant ces exécutions, qui sont dans l’absolu une mécanique de progression pas plus idiote qu’une autre. Rien de gênant à ce sujet. Posons-nous plutôt la seule question qui vaille quand on joue à un Beat them All. Est-ce que l’on prend du plaisir à mettre des timbales sur tout ce qui bouge ? Nous sommes mitigés.

Au départ, c’est clairement un NON, parce que l’animation est extrêmement rigide, on a l’impression que Marius ne peut pas taper et avancer en même temps. C’est comme si, à l’approche d’un combat, il avait revêtu une chape de plomb. Aussi, les combats manquent terriblement de fluidité, on se sent lourd, limité, et la fluidité, c’est un peu le nerf de la guerre dans ce genre-là.

Ensuite, c’est un petit OUI, car on s’habitue à tout, même à la lourdeur du pauvre Marius. Alors, j’en vois bien certains qui me diront que c’est voulu par les développeurs (un peu comme dans Dead Space, où le pas lourd du protagoniste est assumé, et contribue d’ailleurs pleinement à l’expérience), mais personnellement je n’y crois pas trop. Ryse manque juste de peps, de légèreté, voilà tout. Une bonne maîtrise des contrôles va atténuer cette sensation, mais elle ne la supprimera pas.

6_002En revanche, j’ai bien aimé tout ce qui gravite autour du gameplay – notamment ce sublime flashback animé qui nous raconte la légende de Damoclès -, juste juste assez pour me donner envie de poursuivre, histoire de voir ce que Ryse a véritablement dans le ventre.

À la bonne heure, Ryse : Son of Rome ça arrive dans une petite dizaine de jours, sur Xbox One uniquement.

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