Selon Que-Choisir la 3G serait bridée pour pousser à l’adoption de la 4G

Smartphone

Par Jerome Durel le

L’arrivée de la 4G a donné du grain à moudre à l’UFC-Que Choisir. Après avoir levé un lièvre à propos de la couverture 4G parisienne, l’association de consommateurs suspecte maintenant les opérateurs de brider les débits 3G… afin de pousser à l’adoption de la nouvelle norme.

Ce sont les conclusions qu’elle tire de son étude intitulée « Qualité de la 3G : Une dégradation… annonciatrice d’une transhumance forcée des consommateurs vers la 4G ? » Pour prouver ses dires, l’UFC s’appuie sur de multiples études de terrains réalisées en Île-de-France à Lille et à Toulouse durant le mois d’octobre, et a comparé les chiffres avec ceux obtenus au mois de décembre 2012.

que-choisir-3G-1

Les résultats sont condensés dans le joli tableau ci-dessus réalisé par l’association et montre bien des changements assez notables. Chez Orange et Free, les débits intermédiaires étant les plus touchés. L’association a également mesuré les performances des réseaux en fonction de l’utilisation de différents services, notamment de streaming.

Elle a ensuite agrégé toutes ces données pour en déduire un taux de non-qualité. C’est-à-dire quand les services en question ne sont pas décemment utilisables. Le graphique ci-dessous illustre les taux de non-qualité moyens.

que-choisir-3G-3

Comme on peut le voir, le réseau de Free Mobile est particulièrement touché et obtient même la « palme de la non-qualité, de très loin » selon l’UFC. On note également une hausse du taux chez Orange (+3 points) et SFR (+1,3 point) alors que Bouygues Télécom s’améliore. Est-ce suffisant pour dire que les dégradations sont volontaires ?

Des réserves à émettre

Non, l’UFC n’est pas catégorique, mais pose la question. On s’étonne toutefois de la façon dont elle est amenée. Après 25 pages d’études, l’association ne s’attarde en réalité pas vraiment sur la baisse des débits 3G et tente de se justifier tant bien que mal en parlant des… offres. Ce qui n’a pas grand-chose à voir avec les débits.

C’est un fait, les opérateurs ont remanié leurs politiques tarifaires, afin de mettre en avant la 4G et accroître le fameux ARPU (revenu moyen par utilisateur), une situation qui devrait d’ailleurs prendre fin lorsque les MVNO proposeront leurs offres 4G. C’est certes critiquable d’un point de vue idéologique, mais on ne voit pas trop le rapport avec le reste de l’étude.

g-4g

L’UFC n’a pas vraiment d’autre choix. Avouons-le, 3 points de non-qualité en plus chez Orange et 1,3 en plus chez SFR, ce n’est clairement pas assez significatif pour mettre en lumière un bridage délibéré de la part des opérateurs. Nous mettons de côté Free Mobile qui ne propose pas la 4G, et se retrouve donc de facto hors d’atteinte, ainsi que Bouygues dont la qualité semble s’être améliorée entre les deux mesures.

Par ailleurs, l’association de consommateurs oublie l’engorgement des réseaux qui a cru en une année, portant nécessairement atteinte à la qualité des réseaux.  Nous émettons donc quelques réserves sur la réalité de ce bridage.

La totalité de l’étude est disponible ici.

Source: Source