Un homme qui a fourni l’interprétation en langue des signes sur la scène de la commémoration de Nelson Mandela, à laquelle assistaient de nombreux chefs d’Etat, était un “imposteur” a déclaré le directeur national de la Fédération des sourds d’Afrique du Sud mardi. L’homme non-identifié, qui a été vu par la Terre entière à la télévision à côté de dirigeants comme Barack Obama, “agitait ses mains mais il n’y avait aucune signification à la manière dont il les utilisait” a déclaré Bruno Druchen, le directeur national de la fédération à Associated Press.
Please get RID of this CLOWN interpreter,please! pic.twitter.com/ziAZ4KBFNZ
— Bruno Peter Druchen (@BrunoDruchen) 10 Décembre 2013
Selon divers témoins de la scène et experts en langues des signes dont Bruno Druchen, les traductions de cet homme ne faisaient référence à aucune langue des signes connue, il s’est donc lancé dans une énorme improvisation tout au long de la cérémonie hommage du 10 décembre, lors des différents discours proclamés par divers chefs d’États, de gouvernements ou personnalités publiques telles Desmud Tutu, Prix Nobel de la Paix en 1984 (qui dans sa grande miséricorde en attendait un peu plus de son prochain en rentrant chez lui. Ce dernier s’étant fait cambrioler pendant qu’il assistait à l’hommage rendu à Nelson Mandela au stade de Soweto à Johannesburg).
Gestes sans queue ni tête, inexpressivité du visage – l’expressivité étant un élément central pour faire passer les émotions de celui qui parle – c’est une traduction pour le moins alambiquée à laquelle certains ont eu droit.

Comment cet homme a-t-il fait pour ne pas être confondu avant, alors qu’aux dires de Druchen il a fait de même lors d’un événement auquel assistait Jacob Zuma, le président sud-africain ? Mais le meilleur est à venir. Selon les dires même de cet imposteur – Thamsanqa Jantjie, 34 ans – il n’a rien d’un escroc mais souffrirait… de « schizophrénie », et ce depuis plusieurs années. Il aurait alors « soudainement perdu sa concentration lorsqu’il était sur scène, il aurait entendu des voix et serait parti dans une hallucination“, commençant ainsi à effectuer des gestes au hasard comme il s’en est lui-même expliqué au journal sud-africain Star :
Je n’y pouvais rien. Je me suis retrouvé seul dans une situation dangereuse. J’ai essayé de me contrôler et de ne pas montrer au monde ce qui se passait. Je suis vraiment désolé
À une radio locale qui lui demandait son avis sur sa prestation controversée, il assure qu’il est « un champion de langue des signes » et que « jamais personne ne [lui] a dit [qu’il] traduisait mal ». Voilà donc chose faite.
Cérémonie d’hommage à Mandela : l’interprète… par lemondefr
Selon la vice-ministre sud-africaine, c’est à SA interpreters, société qui employait Jantjie, qu’il faut demander des comptes. Société qui s’est depuis « volatilisée » à son grand regret.
Un faux interprète, ou du moins un interprète schizophrène, employé pour un événement planétaire, dans un stade pouvant accueillir jusqu’à 80 000 personnes, situé à quelques mètres – centimètres pour certains comme Barack Obama, les membres de la famille Mandela, Jacob Zuma – de chefs d’États, de gouvernements et de personnalités… Les différents services de sécurité ont dû se payer quelques sueurs froides après coup…
