Daniel Arnold est probablement l’un des meilleurs (si ce n’est le meilleur) photographe de rue sur Instagram. C’est simple, son compte avait plusieurs milliers d’abonnés, parmi de grands photographes ou directeurs artistiques. Et pour cause, il dépeint les rues de New York avec une authenticité dure, capturant ces moments insaisissables, amusants et cela sans artifice. C’est trash, ça fait penser aux années 70-80. Les photos sont brutes et brutales.
Mais le puritanisme américain frappa. Un jour, il posta une image sur son compte Instagram, une image dans laquelle apparaissaient deux femmes seins nues se prenant en photo. Il laissa son téléphone le temps d’aller à la plage.
Lorsqu’il rentra, il avait tellement reçu de notifications (de likes) suite à cette image, que son téléphone n’avait plus de batterie. Lorsqu’il le ralluma, à son étonnement, il constata que son compte avait été banni d’Instagram. Car si l’on peut montrer la pauvreté, la misère, des accidents, des choses gores, il ne faut jamais, au grand jamais, rendre visible un téton. Il perdit une grande partie de ses followers. Il avait eu la bonne l’idée de faire une sauvegarde de ses images avant, ce qui lui évita de les perdre.
Le jour de son 34ème anniversaire, il se retrouva avec moins de 100$ sur son compte en banque, et pas de quoi payer le loyer. Car malgré le succès de ses photos sur Instagram, il peine à joindre les deux bouts. Ce photographe ne fait pas que peindre une ville de New York plus réaliste, il en porte aussi les séquelles. Bref, il eût une idée et décida de poster ce message :
« Hello, I just turned 34 this second. For one day only I am selling 4×6 prints of whatever you want from my Instagram archive for $150 each. I swear I will never sell anything this cheap again. If you’re interested, send a screenshot of the photo(s) of your choice to [email protected] (one d) and I will send a paypal invoice, followed by a signed print. Easy peasy. Happy my birthday. I love you »
Résultat, en 24 heures, il obtint pour 15000$ de commandes de tirages. Quelqu’un lui ayant même demandé un tirage de chaque photo dépassant les 1000 vues. Les commandes sont pour le moment arrêtées. Le temps qu’il puisse faire tous ces tirages. Mais il est fort probable qu’il refasse une vente de ce type. Cette histoire est géniale, car elle prouve que cet homme a pu, grâce à son talent, vivre de la photographie. Et cela, malgré le puritanisme, la censure, le matériel photo de qualité on ne peut plus basique, et cette idée que la photo n’impacte plus et ne paie plus. Elle prouve aussi que la photo est facile à aborder. Qu’un simple smartphone suffit, et qu’elle est difficile à maîtriser. Il n’y a qu’à voir les photos du début de l’article et celles qui suivent pour se rendre compte de la différence de niveau.


