Elle dénonce les cartels mexicains sur Twitter, ils tweetent son exécution

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Par Elodie le

Le combat contre les cartels mexicains peut prendre de multiples formes. Certains avaient choisi de dénoncer leurs exactions sur les réseaux sociaux, outil de propagande privilégié des groupes criminels en tout genre (narcotrafiquants, terroristes, etc.). Démasquée, l’une d’entre elle a été exécutée, son assassinat annoncé par ses ravisseurs depuis son compte Twitter.

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Au Mexique, la lutte contre les cartels fait rage, souvent seules face à une véritable armée, les autorités sont parfois bien impuissantes quand elles ne sont pas corrompues.
Depuis quelques années, les initiatives privées fleurissent pour combattre le crime et se réapproprier une ville, un quartier, une vie, prise en otage par les règlements de comptes, les exactions, les assassinats, sur fond de trafic. En mai 2013, Vice nous racontait l’histoire de cet « État guerrier » où les habitants de l’État de Guerrero avaient pris les armes pour se défendre suite à un énième enlèvement. Ou encore ces femmes qui ont décidé de créer leur propre milice pour combattre le cartel des Chevaliers Templier dans le Michoacan.

Dans l’État de Tamaulipas, la guerre fait rage entre deux cartels locaux qui contrôlent la police, le gouvernement et les médias. Quiconque se risque à raconter les enlèvements, les fusillades et autres extorsions peut être assassiné. C’est dans ce contexte qu’un groupe d’anonymes a décidé de braver l’interdit en publiant sur les réseaux sociaux : Valor por Tamaulipas (Courage pour Tamaulipas) possède une page Facebook réunissant plus de 500 000 membres et un compte Twitter suivi par plus de 100 000 followers, sur lesquels ils avertissent notamment des fusillades en cours entre groupes rivaux afin qu’aucun passant ne se trouve pris au piège entre des tirs croisés.

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Une initiative qui était loin de plaire aux cartels. Un an auparavant, ils avaient offert une prime de 48 000€ pour tout renseignement révélant l’identité des administrateurs ou contributeurs de ces comptes. Certaines personnes soupçonnées d’appartenir au réseau ont été exécutées. Une menace qui n’avait pas entamé la motivation du groupe.
Comme le relate The Daily Beast, Felina (en référence à Catwoman) faisait partie de ce réseau et tweetait depuis son compte @Miut3.

Début octobre, les cartels se plaignaient que ce groupe ne communique que sur les mauvais côtés des cartels, pas leurs bonnes actions envers les pauvres de la ville de Reynosa.

« Elle était connue pour ses posts qui donnaient la localisation exacte d’incidents violents en temps réel. Les gens lui envoyaient des informations car c’était une manière pour eux de résister à l’hégémonie des cartels. Elle écrivait pour supplier les victimes de crimes de ne pas rester silencieuses et d’en parler à la police… Elle postait des numéros de téléphone à utiliser en cas d’urgence », explique le journaliste Jason McGahan dans The Daily Beast, comme le rapporte Slate.

Las, le 16 octobre, ce message était tweeté depuis son compte :

Amis et famille, mon vrai nom est María del Rosario Fuentes Rubio. Je suis médecin. Aujourd’hui, ma vie prend fin.

Suivi d’une photo avant et après son assassinat mais également de menaces envers le reste du réseau, l’incitant à ne pas commettre la même « erreur » qu’elle : « Fermez votre compte, ne mettez pas vos familles en danger comme je l’ai fait. Je suis morte pour rien ». Son compte a été supprimé depuis mais les deux comptes de Valor por Tamaulipas sont toujours actifs.

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