« Source Sûre », première plateforme francophone sécurisée pour lanceur d’alerte

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Par Elodie le

Quatre médias, Le Monde, Le Soir, La Libre Belgique et Le Soir de Bruxelles, lancent la première plateforme francophone sécurisée pour lanceurs d’alerte, « Source Sûre« . Avec la promesse d’assurer sécurité et anonymat. Présentation.

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Jeremy Hammond, Chealsea Manning, Xu Zhiyong, Edward Snowden, Julian Assange, tous lanceurs d’alerte au destin tragique, en prison ou pourchassés. Si les grands de ce monde s’accordent pour promouvoir et protéger les libertés civiles, force est de constater que les lanceurs d’alerte sont rangés dans une zone floue tantôt qualifier de héros, tantôt voué aux gémonies coupables de trahison.

Si les États-Unis se sont dotés d’une loi censée protéger les lanceurs d’alerte des agences de renseignement (tout en prenant soin d’exclure Snowden du périmètre de cette loi), et que la protection des sources des journalistes est garantie par le droit européen la réalité rattrape parfois les grands principes, l’affaire Cahuzac ou Bettencourt nous en a donné la preuve.

Quatre médias francophones ont donc lancé une plateforme sécurisée à destination des lanceurs d’alerte afin qu’ils puissent, en toute liberté, dénoncer les actes illégaux de leur compagnie et/ou de leur hiérarchie. « Source Sûre » se veut :
Anonyme : le lanceur d’alerte se voit attribuer un numéro d’identification à 16 chiffres que lui seul connait. Ainsi, le journaliste à qui seront destinés les documents ne pourra pas remonter jusqu’à lui. Ils pourront cependant discuter ensemble via une messagerie sécurisée intégrée au site.

Sécurisée : « Source Sûre » propose une double sécurité. Les documents postés ne peuvent pas être interceptés et sont chiffrés. Logiquement, le lanceur d’alerte est intraçable.
La source peut donc déposer documents et messages sur la plateforme, et choisir son média destinataire (un ou plusieurs). À charge pour le ou les médias d’étudier lesdits documents, leur solidité et de juger s’il y a matière à lancer une enquête.

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Pour Le Monde, « Source Sûre devrait ainsi permettre aux médias de découvrir de nouvelles affaires et de mieux remplir leur rôle de contre-pouvoir. »
Dans le détail, le lanceur d’alerte se rend sur le site, dépose les documents qui « sont pris en charge par la plate-forme sécurisée GlobaLeaks » dont le quotidien du soir nous précise qu’elle a été conçue par une équipe d’experts européens indépendants et par des ONG comme Amnesty International.

Les documents sont ensuite expurgés de leurs données sensibles pouvant permettre l’identification de la source, ils sont également chiffrés « par un puissant système de cryptage », seul le ou les média(s) destinataire(s) pourra les lire, et enfin entreposés sur un « serveur caché et sécurisé ».
Au bout de la chaîne, le journaliste se connecte ensuite au serveur via Tor et peut déchiffrer les documents envoyés.

Le Monde précise que « Source Sûre » ouvre sa plateforme à d’autres médias désireux de participer au projet, mais qu’ils devront pour cela respecter une condition : menée une enquête très poussée avant d’entreprendre de publier un article à partir des documents reçus.

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