[Test] White Night : Il n’y a pas de lumière sans ombres

Par Henri le

Présenté comme un survival horror innovant, White Night mise plus sur son atmosphère générale que sur ses mécaniques de gameplay. Suffisant pour allumer la mèche ?...

Présenté comme un survival horror innovant, White Night mise plus sur son atmosphère générale que sur ses mécaniques de gameplay. Suffisant pour allumer la mèche ?

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Le genre du survival horror n’étant pas à la fête en ce moment sur nos consoles, White Night avait de quoi enthousiasmer les gamers à la recherche de frissons. Et le jeu d’OSome Studio a effectivement quelques cordes à son arc pour convaincre les joueurs console et PC de débourser les quinze euros demandés.

White Night est avant tout un jeu d’ambiance, et ceux qui resteront hermétiques à la plastique du jeu risquent de rater le principal intérêt du titre. L’histoire s’apparente à un polar se déroulant dans les années 30, fortement influencé par l’esthétique des travaux de Frank Miller. Jazz et tristesse se mélangent pour créer une atmosphère obscure, et donnent un véritable cachet à l’ensemble, même si certaine tirade forcent un peu trop le trait. C’est un fait, White Night a vraiment de la gueule.

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Enfermé dans un manoir gigantesque, un détective amnésique va devoir se frayer un chemin à travers des salles plongées dans le noir le plus total. Grâce aux allumettes trouvées çà et là, le principal but du jeu sera de réactiver l’électricité à certains endroits, et de démêler les fils du mystère qui entoure la maison. Problème : Passé quelques secondes dans le noir, notre héros se met à perdre la raison, ce qui mène inévitablement au game over. Il faut également faire avec les nombreux fantômes qui hantent l’endroit, et dont le simple contact signifie la fin de la partie.

C’est donc une véritable bataille contre l’obscurité qui s’engage. À la manière des anciens Resident Evil, White Night joue avec les plans fixes de manière intelligente. La lumière de l’allumette dévoile peu à peu le mobilier, et offre des cadrages hitchkokiens. C’est particulièrement saisissant, surtout lorsqu’une partie de la pièce se dérobe à nos yeux, laissant planer un sentiment de dangerosité saisissant. Les amateurs de cinéma s’arrêteront parfois de marcher pour apprécier ce genre de tableau, signe d’une véritable réussite de ce côté-là.

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Cette mise en scène réussie est hélas un peu desservie par un gameplay classique, qui emprunte les défauts de ses illustres modèles. On pense notamment aux changements brutaux de plans, qui inversent complètement les directions lorsque l’on change de pièce, et nous place nez à nez à un esprit. Des game over fortuits, qui font également pester contre le système de sauvegarde. Il faut en effet s’asseoir quelques secondes sur un fauteuil pour conserver sa progression. Si l’obligation de devoir illuminer la zone de sauvegarde est une idée intéressante, leur placement dans le manoir n’est pas idéal. Vous n’aurez normalement pas plus d’un quart d’heure à refaire en cas d’échec, mais cela reste gênant.

Le titre propose des énigmes bien pensées, mais un peu trop simples pour les amateurs de survival. Il s’agit bien souvent d’activer des mécanismes dans un ordre précis, indiqué par des indices disséminés dans la pièce. On regrette en revanche de perdre beaucoup plus de temps à chercher un simple interrupteur, alors qu’ils n’ont pas vocation à cela. C’est parfois rageant, surtout lorsque l’on sait où aller, mais qu’un fantôme bloque le passage. Des défauts dont on se serait bien passé, surtout que l’ambiance pesante donne envie d’en savoir plus. Seule la fin un brin téléphonée nous a un peu déçues. Mais une chose est sure, la nuit est passée plus vite qu’on ne le croyait.

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White Night est un jeu qu’il faut apprécier pour ce qu’il dégage. Son atmosphère pesante, servie par une direction artistique superbe donne envie d’en savoir plus sur le mystère qui entoure le récit. On peste en revanche contre les nombreux petits défauts de gameplay qu’il aurait été facile d’éviter. Mais pour quinze euros, l’expérience monochrome d’OSome Studio mérite définitivement le coup d’œil.

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