La Russie a-t-elle piraté la Maison-Blanche ?

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Par Elodie le

En octobre 2014, une cyberattaque visait le Département d’État américain (Affaires étrangères) et la Maison-Blanche. Alors que les autorités US affirment qu’aucune donnée sensible n’a été compromise, CNN assure que la Russie en serait à l’origine.

crédits : AP Photo/Evan Vucci
crédits : AP Photo/Evan Vucci

Sur cette carte interactive des cyberattaques mondiales en temps réel réalisée par Norse, firme américaine spécialisée dans la cybersécurité, on constate non sans mal la guerre 2.0 que se livrent les États-Unis et la Chine. Les États-Unis étant la cible privilégiée de ces attaques dont la Chine est le premier pourvoyeur.
James Comey, le directeur du FBI, avait d’ailleurs accusé la Chine d’être à l’origine d’un cyberespionnage massif à l’encontre des grandes entreprises américaines, affirmant que ces attaques coûtent des « milliards » de dollars par an à l’économie américaine.

Cependant, force est de constater que la Russie n’est pas en reste et pour CNN il ne fait pas de doute qu’elle se cache derrière la cyberattaque ayant touché le Département d’État et la Maison-Blanche l’année dernière.
La Maison-Blanche a d’ailleurs confirmé l’attaque informatique tout en précisant qu’aucune donnée sensible n’avait été compromise. Traduction, pas de vol de données sensibles ou confidentielles. Néanmoins, elle s’est bien gardée d’attribuer la paternité de cette attaque à la Russie, comme elle avait pu le faire avec la Corée du Nord lors de l’affaire du hack des studios de Sony Pictures. Une précaution que ne prennent pas plusieurs responsables américains sous couvert d’anonymat.

« Il s’est passé quelque chose l’année dernière. [Mais] nos systèmes [d’informations] confidentiels sont sûrs. Nous ne croyons pas que nos systèmes classés ont été compromis », a assuré Ben Rhodes, conseiller adjoint à la sécurité nationale de la Maison-Blanche, à CNN. Précisant ensuite à quelques journalistes, « Nous ne parlons pas de l’origine de ces intrusions informatiques. »

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Le contexte international étant ce qu’il est (crise Ukrainienne, Syrie, etc.), porter des accusations contre la Russie serait peut-être malvenu. Selon la chaine américaine, cette attaque aurait pris la forme d’un phishing ou hameçonnage. Les hackers auraient utilisé un compte sur le serveur du Département d’État pour se frayer un chemin jusqu’à la Maison-Blanche. Le Département d’État avait ensuite stoppé et effectuer plusieurs mise à jour sur son serveur d’emails pendant plusieurs jours.

Heureusement pour les autorités américaines, la Maison-Blanche sépare les données classées des données non classées.
« Mais nous avons des systèmes différents ici à la Maison-Blanche : un système non confidentiel et un système confidentiel, un système top secret. C’est là que se trouvent les informations sensibles et confidentielles qui relèvent de la sécurité nationale. C’est un système sûr et nous ne pensons pas qu’il ait été touché », précise un haut responsable américain.

Ce dont doute CNN puisque la chaine affirme au contraire que les pirates ont au moins réussi à avoir accès à des informations sensibles, mais non classées, telles l’emploi du temps du président Obama en temps réel. Un fonctionnaire précise même que les pirates ont eu la « propriété » du système du Département d’État pendant plusieurs mois et qu’il n’est pas certain qu’ils en aient été entièrement chassés du système.

Le FBI, les services secrets et les agences de renseignement US seraient à pied d’œuvre pour mener les investigations sur ce qu’ils considèrent être l’une des attaques les plus sophistiquées jamais lancées.

Comme l’explique CNN, même si les pirates ont tenté d’effacer leurs traces en menant leurs attaques via de multiples ordinateurs et serveurs disséminés à travers le monde, cette intrusion porterait des « codages témoins » et autres marques qu’ils peuvent attribuer aux pirates travaillant pour le gouvernement russe.

Pour Mark Stroh, porte-parole du Conseil de Sécurité nationale (National Security Council ou NSC) de la Maison-Blanche, ces accusations envers la Russie ne sont que « spéculation ».
Rien ne dit si le président Barack Obama entend « sanctionner » ces pirates, une fois démasqués…

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