Espionnage de la Chine, le FBI nem pas !

Sur le web

Par Elodie le

Quand ce n’est pas l’un, c’est l’autre. Aujourd’hui, place au FBI qui accuse la Chine de cyberespionnage massif dirigé contre les plus grandes entreprises américaines.

FBI_china_cyberespionnage
memecenter.com

«Beaucoup, beaucoup, beaucoup », c’est l’importance des frappes provenant de la Chine et dénombrées chaque jour par le FBI selon son directeur, James Comey. Poursuivant ainsi :

« Je veux dire, il y a deux sortes de grosses compagnies aux Etats-Unis. Il y a celles qui savent qu’elles ont été piratées par les Chinois et celles qui ne savent pas qu’elles ont été piratées par les Chinois » a-t-il estimé lors d’une interview donnée à CBS pour l’émission 60 minutes.

Combien ces attaques coûtent par an à l’économie américaine ? « Impossible de compter. Des milliards  ».

Des attaques « extrêmement agressives », mais facilement repérables

James Comey accuse l’Empire du Milieu d’attaques « extrêmement agressives », répétées et à grande échelle à l’encontre des plus grandes compagnies américaines. Le but ? Subtiliser des documents confidentiels pour en faire bénéficier la Chine et ses industries, de cette manière « ils n’ont pas à inventer. Ils peuvent copier ou voler donc apprendre comment une compagnie [américaine] va entreprendre les négociations avec une entreprise chinoise », de l’espionnage économique en somme.

FBI_chine_espionnage
capture d’écran – CBS

Lorsque le journaliste de CBS l’interroge sur les pays qui visent les États-Unis, sans « vouloir donner de liste complète », le directeur du FBI lâche tout de même : « mais je peux vous dire qu’en haut de la liste se sont les Chinois ». Citant pour exemple ces 5 membres de l’armée chinoise inculpés, en mai dernier, pour cyberespionnage à l’encontre de diverses entreprises américaines spécialisées dans les domaines du nucléaire, de l’énergie solaire, et des métaux.

James Comey n’hésitant pas d’ailleurs à souligner l’amateurisme de ces cyber-espions, facilement repérables :

Ils me font penser à un cambrioleur ivre. Ils cassent la porte, renversent le vase, pendant qu’ils repartent avec votre téléviseur.
Ils sont juste prolifiques. Leur stratégie semble être : Nous serons partout, tout le temps. Et il n’y aura aucun moyen de nous arrêter.

Coups pour coups

Les tensions entre les États-Unis et la Chine ne sont pas nouvelles mais ont franchi un palier supplémentaire avec les révélations de l’affaire Snowden/NSA. Depuis, chacun se renvoie la balle de l’espionnage organisé. Lorsque le New York Times a dévoilé, sur la base des documents de Snowden, les pratiques indiscrètes de la NSA à l’égard de Huawei, l’Empire du Milieu avait vivement protesté.

FBI_director_cyberespionnage
capture d’écran – CBS

Les campagnes contre Microsoft (concernant Windows 8 et des « suspicions de comportement monopolistique »), puis IBM en Chine sonnant comme un retour de bâton, ce que les autorités chinoises n’ont jamais confirmé… ou infirmé.

Par ailleurs, le gouvernement chinois a interdit à certaines agences gouvernementales de s’équiper en logiciels de sécurité étrangers – dont ceux conçus par Kaspersky et Symantec – mais également de produits Apple suspectés de sécurité défaillante, comme nous le rappelle Le Monde.

À la lumière des récentes déclarations du directeur du FBI reprochant à Google et Apple leur nouvelle méthode de chiffrement, trop bien pensée, cela peut prêter à sourire. Coïncidence ?

Quoiqu’il en soit, les deux puissances semblent se livrer une guerre par médias et hackers interposés. Les dernières déclarations du directeur du FBI pour CBS sont-elles l’ultime salve des États-Unis ?

« Nous sommes dans un bien meilleur endroit qu’avant le 11 septembre »

D’habitude peu prolixe dans les médias, le FBI fait beaucoup parler de lui ces derniers jours par la voix de son directeur. Dernièrement donc, en s’en prenant à Apple et Google, vilipendés pour leur nouvelle politique de sécurité, et aujourd’hui, dans sa première interview majeure depuis sa prise de fonction il y a un an, en accusant la Chine d’un espionnage économique systématique. On ne va pas se mentir, c’est un peu comme enfoncer des portes ouvertes.

FBI_director_China_cyberespionnage
James Comey – directeur du FBI – capture d’écran – CBS

Alors, est-ce l’arbre qui cache la forêt ? Le FBI serait-il en pleine opération séduction de communication  ?
Une chose est sûre, selon lui, les gens ne comprennent pas assez les dangers engendrés par le cybercrime et le cyberespionnage, « Internet est le parking le plus dangereux qui soit », celui où l’on peut se faire voler sa vie en un clic sur une pièce jointe.

Fort heureusement, les Américains peuvent dormir tranquilles car « l’argent qu’ils ont investi dans ce gouvernement depuis le 11 septembre a été bien dépensé. Nous sommes mieux organisés, avec de meilleurs systèmes, de meilleurs équipements, un déploiement intelligent. Nous sommes meilleurs dans tous les domaines que vous voulez depuis le 11 septembre ». Il nuance cependant d’un « Nous ne sommes pas parfaits ».
Mais sa « philosophie en tant que dirigeant » lui fait dire qu’ils ne sont « jamais assez bons.» Il conclut en assurant que « nous sommes dans un bien meilleur endroit qu’il y a 13 ans ».

Ce n’est certainement pas la NSA qui dira le contraire.

Source: Source