En 1975, l’hypothèse est vérifiée presque intégralement et ce qui n’était alors qu’à la base l’observation d’une tendance générale devient, après une révision de sa régularité de doublement (passage de un à deux ans), « loi de Moore ». Désormais, et dans l’idée de ne jamais se retrouver en retrait des évolutions technologiques, les entreprises avant-gardistes de l’électronique en font leur métronome dans leurs innovations. Plus qu’une véritable loi de la nature, la théorie de Moore devient fil conducteur et source d’inspirations pour l’ensemble de l’industrie des semi-conducteurs qui se fait un devoir d’aller aussi vite que le rythme prédit. Cinquante ans après sa création, la loi de Moore a toujours un impact profond sur notre monde.
Tout au long de ces années, cela s’est donc joué au rythme des transistors, de tous ces rouages miniatures essentiels à la bonne marche d’un processeur. Dans un écheveau microscopique toujours plus dense pour permettre une réduction des courants de fuite et donc des puces toujours plus performantes et économes en énergie, les transistors n’ont pas cessé de se multiplier dans des écarts de chiffres toujours plus vertigineux.
Pour vous donner une idée, le premier microprocesseur d’Intel, le 4004, comptait 2300 transistors alors le Core i5 de cinquième génération en dénombre aujourd’hui quelques 1,3 milliards ! Leurs dimensions ont été à ce point réduites – en 1965 les transistors étaient gravés à l’échelle du 10 000 nm alors qu’ils sont désormais en 14 nm – que les “fabs” produisent actuellement plus de 10 milliards de transistors chaque seconde ! Bien que beaucoup plus puissants en termes de performances (3500 fois entre un 4004 et un processeur Core i5 de cinquième génération) ou d’efficacité énergétique (90 000 fois sur le même comparatif), les transistors sont bien évidemment aujourd’hui invisibles à l’œil nu et là encore, pour se donner peut-être une image plus concrète, le bond est important lorsque l’on sait que les premiers transistors avaient par exemple la taille d’une gomme de crayon.
L’évolution dans ce domaine a été si rapide et impressionnante que de nombreux comparatifs pourraient être faits pour se faire encore un ordre d’idée. Si l’efficacité énergétique du carburant avait augmenté au même rythme que la loi de Moore, une personne pourrait conduire sa vie entière avec un seul réservoir. Si le prix de l’immobilier encore avait chuté au même taux que le coût des transistors, une personne pourrait s’acheter une maison pour le prix d’un bonbon. Si la vitesse de progression enfin de la loi de Moore s’appliquait aux voyages dans l’espace, celui vers la Lune (soit 3 jours en 1969) ne prendrait plus qu’une minute et le rêve d’atteindre un jour Mars deviendrait d’un coup plus palpable !
