Wikileaks : Chirac, Sarkozy et Hollande espionnés par la NSA

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Par Pierre le

Nous n’allons pas faire les étonnés, nous nous en doutions fortement : la NSA a espionné la France pendant une longue période. Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande ont copieusement été observés par la NSA. C’est Wikileaks qui l’affirme, indiquant qu’il allait divulguer des documents sensibles de la NSA sur l’espionnage français.

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Voici ce que Wikileaks a diffusé sur son site dans le courant de la nuit :

Ce 23 juin 2015, Wikileaks commence la publication de « Espionnage à l’Élysée », une collection de documents techniques et de rapports classés TOP SECRET de l’agence nationale de sécurité américaine, la NSA. Ces documents portent sur les moyens de surveillance et le renseignement sur les communications de personnes haut-placées dans le gouvernement français, qui s’étale sur une dizaine d’année.

Ces documents concernent des communications spécialement ciblées des présidents Français Francois Hollande (2012-présent), Nicolas Sarkozy (2007-2012), et Jacques Chirac (1995-2007), mais aussi des ambassadeurs français aux USA. Les documents contiennent aussi des « sélecteurs » provenant de la liste des cibles, détaillant les numéros de téléphones de nombreux officiels à l’Élysée jusqu’au téléphone direct du président.

La part belle est faite, dans ce trésor de documents top-secrets, aux résumés par les services secrets de conversations entre des membres du gouvernement français, sur des sujets critiques pour la France et la communauté internationale. On y retrouve la crise financière mondiale, la crise de la dette grecque, la gestion politique et le futur de l’Union Européenne, les relations entre le gouvernement de François Hollande et celui d’Angela Merkel, les efforts des français pour influencer la liste des dirigeants de l’ONU, l’implication française dans le conflit en Palestine, et le différent entre les gouvernements français et américains sur l’espionnage des USA en France.

Membre fondateur de l’Union Européenne et un des cinq membres permanents au conseil de sécurité de l’ONU, la France et un allié proche des États-Unis, et joue un rôle clé dans nombre d’institutions internationales ou associées aux États-Unis, y compris le G7, l’OTAN et l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC).

Ces révélations sur l’ampleur du programme d’espionnage des dirigeants et diplomates français font écho à celles dans la presse allemande, sur l’espionnage par les États-Unis des communications de la chancelière Angela Merkel, et d’autres membres du gouvernement Allemand. Ces révélations avaient provoqué un scandale politique en Allemagne, aboutissant à une enquête officielle, encore en cours, portant sur la collaboration des services de renseignement Allemands avec les États-Unis.

Pendant que les révélations allemandes se concentrent sur le seul fait que des officiels ont été ciblés par les services américains, ce que Wikileaks publie aujourd’hui fournit un meilleur aperçu de l’espionnage américain sur ses alliés. Cette fuite inclut des interceptions montrant comment les USA espionnent les appels des dirigeants français et des ministres pour des raisons politique, économique et diplomatique.

Le fondateur de Wikileaks, Julian Assange déclare : « Le peuple français a le droit de connaitre que son gouvernement et ses élus sont sujets à une surveillance hostile provenant d’un allié supposé. Nous sommes fier de notre travail avec des medias français : Libération et Médiapart, en vue de porter cette histoire à la connaissance du public. Les lecteurs français peuvent espérer des révélations régulières plus importantes dans un futur proche. »

Ça a le mérite d’être clair. La France espionnée depuis des années ? Ce n’est pas une surprise. Néanmoins, les déclarations de Wikileaks et la divulgation de preuves ont fait réagir l’Elysée, qui a organisé un conseil de défense ce matin. L’ambassadrice américaine a de même été convoquée par le Ministère des Affaires étrangères.

L’Elysée a vivement réagi, dénonçant les pratiques de la NSA. Des pratiques jugées “inacceptables” et mettant “en cause la sécurité de la France”. Néanmoins, l’Elysée rappelle que des engagements ont été pris par les Etats-Unis après les révélations de Snowden, en 2013. Des engagements que les Etats-Unis se doivent de respecter.

La Maison-Blanche a, elle, déclaré qu’elle n’espionnait pas François Hollande. Notons que cette déclaration est au présent dans le texte.

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Ces révélations risquent de rafraîchir grandement les relations franco-américaines. Les deux pays se sont toujours considérés comme des alliés proches dans l’Histoire. Mais certains mettent aujourd’hui en doute cette amitié, comme Jean-Jacques Urvoas, président de la commission des lois de l’Assemblée nationale :

Il y a plus, Jean-Marc Manach, journaliste à Libération, indique que le dernier étage de l’ambassade américaine de Paris est en réalité doté de bâches en trompe-l’œil pour passer inaperçu dans le paysage. Un dernier étage utilisé pour espionner les conversations sensibles en France. Plus c’est gros, plus ça passe, hein ?

Mais qu’apprend-on dans ces documents, pour le moment ? Eh bien diverses choses, comme le ton cassant de Chirac envers Philippe Douste-Blazy, ministre des affaires étrangères à l’époque, l’ego surdimensionné de Sarkozy, qui se voyait comme le seul à pouvoir sauver le monde de la crise financière ou les discussions peu flatteuses pour l’Allemagne entre Hollande et Ayrault.

Des secrets qui vont être dévoilés au fur et à mesure par Wikileaks. Une histoire qui risque de laisser des traces dans la relation entre les deux pays.

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