La Chine bloque les applications de messagerie étrangères et les VPN

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Par Elodie le

La Chine opère un tour de vis important sur les technologies de télécommunications étrangères. L’Empire du Milieu censure désormais les applications de messagerie étrangères comme WhatsApp. Et les VPN n’y changeront rien.

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La Chine semble bien décidée à se passer de toute technologie étrangère, que ce soit pour équiper ses agences gouvernementales ou ses citoyens.

Le Wall Street Journal rapportait récemment que les autorités chinoises souhaitaient fabriquer ses propres smartphones vierges de toute technologie américaine, trop suspecte d’héberger en son sein quelques backdoors bien dissimulées.

Aujourd’hui, le New York Times enfonce le clou et rapporte que le gouvernement réprime désormais les applications de messagerie étrangères. Des premières mesures de censure ont été constatées dans la région autonome (ouïghoure) chinoise du Xinjiang où les usagers de l’application WhatsApp ont reçu ce message :

« En raison de l’avis de police, nous allons fermer votre numéro de téléphone dans les deux prochaines heures, conformément à la loi. Si vous avez des questions, veuillez consulter la cyber police affiliée à la station de police des alentours dès que possible. »

Cependant, ce message semble plus destiné à identifier les personnes usant de ces applications et autres logiciels permettant de contourner les filtres internet imposés par les autorités chinoises.

Comme le précise le NYT, l’une des personnes ayant reçu ce message s’est renseignée auprès des services de police concernés qui lui ont rétorqué que ces mesures étaient destinées aux personnes qui n’étaient pas correctement identifiées sur leur compte de messagerie (type usage d’un pseudo), qui utilisaient des VPN pour échapper à la censure chinoise (filtres) ou utilisaient une application de messagerie étrangère comme WhatsApp et Telegram. Ces dernières proposent notamment un chiffrement de bout-en-bout des communications donc indéchiffrable par les autorités.

Une restriction qui est considérée comme un pas de plus vers un contrôle et une surveillance de l’information en ligne de la part des autorités chinoises sous couvert de lutte contre le terrorisme.

La région du Xinjiang a d’ailleurs été le théâtre d’une opération antiterroriste sanglante voici trois jours, rapporte Le Monde : 28 « terroristes » sont morts.

Désormais, même pourvus d’un VPN, les citoyens chinois pourront voir leur téléphone mobile mis hors service, ces derniers devront alors se rendre auprès des autorités pour avoir accès à un service de restauration.

Un nouveau coup de semonce à destination des entreprises étrangères qui voudraient commercialiser leurs produits et applications en Chine, ces derniers nécessitent souvent une connexion à l’internet mondial que le Grand Pare Feu chinois empêche.

Le « tsar de l’internet chinois » Lu Wei, en charge de la cybersécurité au sein du gouvernement, a récemment demandé aux entreprises technologiques étrangères de « respecter la souveraineté nationale » sur Internet.