Virtual Revolution, un film d’anticipation prometteur sur Ulule

Cinéma

Par Rédacteur Invité le

Virtual Revolution est un long métrage français d’autant plus ambitieux qu’il est porté par une équipe d’indépendants.

VR Poster Low Resolution

Neo Paris, 2047. Une époque de révolution technologique. La technologie a progressé au point où les jeux virtuels sont devenus plus réels que la réalité elle-même. La majorité de la population (75%) choisit d’être « connectée » 24h/24. Une petite minorité reste attachée à la réalité, les « Vi-vants » et quelques uns naviguent entre les deux « mondes », les « Hybrides ». Nash est un hy-bride, également tueur à la solde des multinationales qui ont créé et développé ces mondes vir-tuels. Sa mission : traquer, identifier et éliminer des terroristes qui s’attaquent au système.

Le film est réalisé par Guy-Roger Duvert et produit par Olivier Biercewicz, on retrouve à l’affiche Mike DOPUD, Jane BADLER, Jochen HAGELE, Maximilien POULLEIN ou encore Kaya BLOCKSAGE. Vous pouvez devenir vous-même co-producteur de Virtual revolution, pouvoir échanger avec Jane Badler, ou bénéficier de copie digitale du film via la campagne de crowdfunding disponible sur Ulule.

Le réalisateur, Guy-Roger Duvert, répond à quelques unes de nos questions :

Tu as réalisé un film l’année passée, Cassandra, qui a reçu 55 récompenses, faisant de lui le plus récompensé des films courts sur le médiéval-fantastique. Est-ce que cela t’as encoura-gé à réaliser Virtual Revolution?

GRD : Avant de faire Cassandra, passer au long était déjà prévu. Cassandra était même une ma-nière pour moi de montrer ce que je pouvais faire. L’idée était d’ailleurs de réaliser la version longue de Cassandra, mais il s’est avéré que réaliser Virtual Revolution, pour mon premier long, était plus facile.

Le film interroge sur l’utilisation des jeux vidéo. Est-il de parti pris sur une certaine dystopie que leur utilisation futur est possible d’engendrer?

GRD : Il interroge plus qu’il ne critique. Pour une raison simple : je ne sais pas moi même comment me positionner là-dessus. Autant l’idée que l’humanité puisse se retrouver comme des légumes connectés à des machines me dérange, mais dès que la technologie est là, je veux l’essayer moi même !!! D’un point de vue plus philosophique, les mondes virtuels peuvent être la pire invention humaine, ou la meilleure ! La pire, car c’est là LE mode de contrôle des masses que tous les poli-tiques ont toujours rêvé d’avoir ! Un joueur qui passe son temps connecté n’en a plus rien à foutre du réel. Il arrêtera de râler parce-que les politiciens sont corrompus ou font juste mal leur boulot. Les pauvres arrêteront de faire chier les dirigeants ! On parle bien d’une dystopie ! Mais c’est aussi la plus belle des inventions humaines ! Depuis toujours, le seul espoir pour un pauvre était généra-lement que ses enfants aient une vie moins pourrie!!! Or, là, ces mondes virtuels sont disponibles à tous, abordables. On pourra avoir des expériences fascinantes ! Explorer des planètes, conquérir des territoires, voler dans les airs… Pour la première fois, les pauvres ne seront pas privés des mêmes plaisirs que les autres. Les mondes virtuels, c’est la possibilité pour tous d’avoir des vies géniales, quel que soit l’origine ou la richesse de chacun ! Il n’y a pas du tout un parti pris anti-jeux vidéos dans le film (je suis moi même joueur), mais vraiment des interrogations. Ce qui est évident, c’est qu’en bien ou en mal, le jeu vidéo va transformer nos sociétés.

Quelles questions pose le film? Qu’en attends-tu?

GRD : Je pense que la première question est de savoir ce qui nous définit comme être humain. Sur ce qui définit le réel du virtuel. Un film, c’est faux, par exemple. Pourtant, si tu vas voir un film et que tu pleures, ta sensation, elle, est totalement réelle. Si un être humain passe son temps online, est-ce que son identité en tant qu’être humain ne va pas devenir celle de son avatar ? L’avatar et le monde autour sont virtuels. Mais toutes les expériences, les interactions avec les autres joueurs, tout cela reste réel. L’avènement des mondes virtuels va bouleverser nos sociétés. Si cela se trouve, cela va même bouleverser notre perception de notre humanité.
Si le film peut créer des discussions, des débats, j’en serai ravi. Mais le but premier du film reste que les spectateurs passent un bon moment. Je suis un narrateur plus qu’un philosophe.

Comment as-tu réuni les membres du casting? Notamment Mike Dopud et Jane Badler.

GRD : En les contactant directement ! Les deux sont adorables, et ont immédiatement été attirés par le projet. Il faut savoir que les deux ont une vraie sensibilité science-fiction. Mike a joué dans plein de films et séries TV de SF (Stargate, Continuum…etc), et Jane reste l’iconique Diana de la série « V ». Donc, ca s’est avéré très simple de pouvoir échanger sur les thèmes du films avec eux car ils avaient dès le départ une curiosité vers le genre. Pour les autres acteurs, je les ai trouvés en grande partie par casting traditionnel. J’ai également repris deux acteurs de Cassandra.

Compositeur au départ, c’est d’ailleurs toi qui compose la BO du film, qu’est-ce qui t’a mené vers la réalisation?

GRD : J’ai toujours aimé raconter des histoires. Gamin, je m’en racontais dans ma tête (schizo?). Puis, pendant un temps j’ai joué à des jeux de rôles que je « masterisais », et où je créais déjà des histoires. La seconde raison est que je suis un fan de films. J’en bouffe à foison. Je ne suis pas de-venu simplement compositeur, mais compositeur de musiques de films ! Je suis passionné, et plus le temps passait, plus je m’intéressais aux détails de la fabrication des films, jusqu’à vouloir en faire par moi même.

Le tournage était prévu en août et septembre de cette année. Comment cela s’est-il passé?

GRD : Très bien. Expérience intense, souvent épuisante, mais à l’arrivée géniale. Bien que cer-taines journées aient été longues, l’ambiance sur le plateau était vraiment très bonne, très familiale. Clairement, la grande force de ce tournage aura été l’équipe qui a été constituée ! Après, il a fallu faire en fonction des circonstances! Le pauvre Mike devait porter quasi constamment un manteau particulièrement chaud (qui dit ambiance cyberpunk dit pluie, ambiance humide, froide…) alors qu’on tournait en plein mois d’aout et il faisait super chaud. Puis, en fin de tournage, on tournait les scènes dans les mondes virtuels, dans lesquels les filles, à l’instar des jeux vidéos, sont frugalement vetues, dirons-nous. Et là, pour le coup, c’était fin septembre, et il commencait à peler! Bref, pas toujours simple! Mais personne ne se plaignait, tout le monde jouait le jeu. Vraiment une ambiance fantastique!

Le film est donc en post production et vous avez besoin de financement pour le finaliser et le présenter en mai 2016. Peux-tu nous en dire plus?

GRD : Le film est donc dans la boite, et est désormais monté à 95%. Une bonne partie de la BO est également composée. Mais il reste plusieurs points importants : le son, et surtout les effets spé-ciaux. Il s’agit d’un film de SF. Donc, on a des tours futuristes à créer, des voitures volantes, des explosions, des tirs de balles…Etc. Nos équipes VFX ont déjà commencé à bosser, nous faisant confiance, mais il faut aussi qu’ils puissent payer leur loyer, leur bouffe. Donc, ils ne vont pas pou-voir continuer à bosser pour rien longtemps. Il nous faut donc trouver de quoi financer cette post production. Il va y avoir une campagne de crowdfunding qui va être lancée, mais parallèlement, on continue la recherche d’investisseurs classiques. Je ne vais pas entrer dans les détails techniques ici, mais clairement, le retour sur investissement est désormais quasi garanti. Le film était présent à l’AFM ces derniers jours, à Los Angeles. Et BEAUCOUP d’acheteurs sont intéressés, et n’attendent que la finition du film pour acheter (or le but est de finir le film avant le marché de Cannes, en mai prochain). Si jamais des lecteurs ont des fonds à investir et sont intéressés, qu’ils n’hésitent pas à me contacter pour avoir les détails.

Article rédigé par Dune Blanche.