
L’annonce avait fait grand bruit en début du mois : la réforme de l’orthographe approuvée par l’Académie française en 1990 allait être enfin mise en application à la rentrée 2016 dans tous les manuels scolaires, avec cette mention : « Nouvelle orthographe ».
Avec cette réforme, une partie des accents circonflexe serait vouée à disparaitre tout comme les traits d’union faisant la liaison entre deux mots.
2 400 mots se trouvent ainsi concernés, soit 4 % de notre riche lexique, et 10 mots devaient épouser leur nouvelle parure dès la rentrée, parmi peux : Oignon deviendrait « ognon », nénuphar, « nénufar », week-end s’écrivant désormais weekend, coût, « cout » et maîtresse, « maitresse ».
Oui, mais non. L’Académie française version 2016, ayant accueilli récemment le philosophe Alain Finkielkraut, s’oppose à la réforme approuvée par l’Académie française en 1990.

Hélène Carrère d’Encausse, secrétaire perpétuelle de l’institution, a ainsi rappelé dans les colonnes du Figaro, samedi 13 février :
« La position de l’Académie n’a jamais varié sur ce point : une opposition à toute réforme de l’orthographe, mais un accord conditionnel sur un nombre réduit de simplifications qui ne soient pas imposées par voie autoritaire et qui soient soumises à l’épreuve du temps. »
Par ailleurs, elle précise qu’« à l’inverse de ce que l’on a voulu faire croire », l’Académie française n’a pris « aucune part » dans cette réforme « élaborée il y a un quart de siècle ».
Ce que lui oppose un professeur des écoles dans un billet de blog, “L’ignorance des savants”, hébergé par FranceTvInfo : le texte de la réforme présenté par Maurice Druon a été signé à l’unanimité par les immortels en 1990.
La secrétaire perpétuelle d’aujourd’hui, rappelant toute de même que la situation d’hier n’est plus celle d’aujourd’hui, elle est même « radicalement différente […] notre système éducatif s’est écroulé », souligne-t-elle.
Pourtant, les éditeurs ont fait les choses en conséquence et la réforme devrait s’appliquer à la rentrée, suscitant une vive polémique alors « qu’un élève sur cinq quitte l’école sans savoir lire ».
« Le problème n’est donc plus d’offrir des facilités aux élèves, de conserver ou non l’accent circonflexe, mais de revoir totalement notre système éducatif », estime-t-elle.
Une réforme autrement plus ambitieuse et délicate.