Lankeleisi est une marque chinoise de vélos électriques, et le KETT-8 est son nouveau modèle polyvalent, que la marque présente comme une sorte de SUV du vélo électrique. Il est vendu 2 199 euros sur le site français de Lankeleisi. Nous l’avons essayé pendant plusieurs sorties, sur la route mais aussi sur des chemins en gravier, des pistes en terre, en forêt et sur quelques portions sablonneuses.
Un vélo bien fini et livré avec tous ses accessoires
Notre modèle d’essai était peint en vert métallisé (le KETT-8 existe aussi en gris et en orange). Le gros tube diagonal contient la batterie, les câbles sont plutôt bien intégrés et la peinture brillante nous a paru plus soignée que sur d’autres vélos électriques chinois que nous avons essayés par le passé. Le cadre ouvert en aluminium 6061 permet de monter et de descendre du vélo facilement, ce qui est utile vu son poids.
Le KETT-8 est livré avec tous ses accessoires, c’est-à-dire le porte-bagages, les garde-boue, la béquille et les éclairages, il n’y a donc rien à acheter en plus. Le porte-bagages nous a semblé assez solide pour porter des courses ou des sacoches. Lankeleisi fournit aussi un antivol, une pompe et des outils d’après son site.
35 kg que l’on sent surtout à l’arrêt
Le KETT-8 pèse 35 kg, et c’était le point qui nous inquiétait le plus avant de commencer. En roulant, nous avons oublié ce poids au bout de quelques mètres grâce au moteur, y compris sur les chemins meubles. À l’arrêt c’est différent, puisque monter quelques marches, faire demi-tour dans un endroit étroit ou charger le KETT-8 sur un porte-vélos demande beaucoup plus d’efforts qu’avec un vélo électrique classique. Il faut d’ailleurs vérifier la charge maximale de votre porte-vélos avant de le transporter.
Le KETT-8 est aussi encombrant, avec ses pneus larges et son gros cadre. Il n’est pas adapté à quelqu’un qui doit le monter tous les jours dans un appartement sans ascenseur, alors qu’avec un garage ou un local à vélos le problème ne se pose plus.
Des pneus de 3 pouces et deux suspensions
Le KETT-8 est monté sur des pneus Kenda de 26 x 3,0 pouces. Ils sont plus larges que ceux d’un VTC classique, mais moins que les pneus de 4 pouces des vrais fat bikes. Sur le bitume, ils n’ont pas empêché le vélo de bien rouler pendant notre essai, et ils contiennent assez d’air pour filtrer les petits défauts de la route.
À l’avant, la fourche suspendue offre 120 mm de débattement et elle peut être verrouillée. À l’arrière, le cadre de type soft-tail intègre une suspension de 105 mm (un amortisseur à air DNM d’après la fiche de Lankeleisi). Il faut préciser qu’il ne s’agit pas d’un VTT tout-suspendu classique avec un triangle arrière articulé. Pendant nos sorties, les nids-de-poule, les plaques d’égout et les raccords de bitume se sont beaucoup moins fait sentir dans les bras et dans le dos. Sur une route bien lisse la suspension arrière ne sert presque à rien, mais nous avons changé d’avis après quelques kilomètres sur un chemin forestier défoncé. La selle est large et bien rembourrée, la position est assez droite et le guidon se tient bien en main.
Un moteur de 85 Nm avec un capteur de couple
Dans sa version européenne homologuée, le KETT-8 a un moteur de 250 W nominaux placé dans le moyeu arrière, et l’assistance s’arrête à 25 km/h. Ce moteur peut monter à 1 130 W en crête et il délivre 85 Nm de couple. Au premier démarrage nous nous attendions à devoir lancer les 35 kg du vélo, mais l’assistance a répondu tout de suite. Même dans une montée ou après un fort ralentissement, il a suffi d’appuyer sur les pédales pour que le moteur vienne en renfort.
Le KETT-8 est équipé d’un capteur de couple, ce qui n’est pas le cas de beaucoup de vélos électriques de ce prix. Sur ces vélos, le moteur attend de détecter la rotation des pédales et il envoie ensuite une puissance fixe, ce qui donne parfois l’impression d’être poussé dans le dos. Le capteur de couple du KETT-8 mesure l’effort que l’on met sur les pédales, et plus on appuie, plus le moteur aide. Nous avons trouvé l’assistance plus naturelle, surtout dans les montées et quand le terrain devenait difficile.
Il y a cinq niveaux d’assistance. Les premiers limitent l’intervention du moteur pour économiser la batterie, et nous avons surtout roulé au niveau 5. Sur les petites routes de campagne, avec le 7e ou le 8e rapport et ce niveau 5, il suffisait presque de maintenir le pédalage pour avancer à bonne allure, et nous avons pu rouler longtemps sans nous fatiguer.
Dans les chemins, le gravier et le sable
C’est en quittant le bitume que le Lankeleisi KETT-8 nous a le plus surpris. Sur les chemins de terre et en forêt, le vélo est resté stable, et il est resté rassurant sur le gravier. Nous l’avons aussi emmené sur des chemins sablonneux. Les pneus de 3 pouces ont offert assez de portance et d’adhérence pour continuer à avancer, et le couple du moteur nous a aidés à garder de l’élan dans les zones meubles. Nous n’avons trouvé aucun terrain qui ait mis le KETT-8 en difficulté pour de la balade.
En revanche, avec son poids et son équipement, le KETT-8 n’est pas fait pour descendre des sentiers techniques ou pour enchaîner les sauts comme un VTT d’enduro.
Une transmission Shimano à huit vitesses
La transmission est une Shimano à huit vitesses, avec un dérailleur arrière M310, un plateau de 48 dents et une cassette 11-36. Les rapports sont bien passés pendant notre essai. Le grand développement permet de continuer à pédaler au-delà de 25 km/h, alors que sur d’autres vélos électriques on a vite l’impression de pédaler dans le vide. En cas de panne de batterie il est possible de continuer à pédaler, mais avec 35 kg à emmener.
Une batterie de 960 Wh et 64 km parcourus au niveau le plus élevé
La batterie utilise des cellules Samsung 21700, elle fait 48 V et 20 Ah, soit 960 Wh, ce qui est beaucoup pour un vélo électrique. Elle est intégrée au tube diagonal mais on peut la retirer pour la recharger à l’intérieur, avec le chargeur de 3 A qui est fourni.
Lankeleisi annonce jusqu’à 150 km d’autonomie au niveau 1, puis 130 km au niveau 2, 100 km au niveau 3, 85 km au niveau 4 et 70 km au niveau 5. Lors de notre essai, avec un cycliste de 73 kg, nous avons parcouru 64 km en roulant surtout sur le 7e rapport avec l’assistance au niveau 5. Pendant ces sorties, nous n’avons pas eu besoin de surveiller la jauge. Pour des trajets quotidiens, il n’est pas nécessaire de recharger le KETT-8 tous les soirs.
Un écran de 4 pouces, sans application ni GPS
L’écran LCD couleur de 4 pouces est placé au centre du guidon. Il affiche la vitesse en gros caractères, le niveau d’assistance, la batterie, la vitesse moyenne et les informations du trajet, et nous avons pu le lire sans problème en plein jour. Le KETT-8 n’a pas d’application, il n’y a pas de compte à créer pour rouler. En revanche l’écran n’affiche pas de navigation GPS, il faut donc garder son smartphone sur un support pour être guidé.

Trois feux arrière, un feu stop et des clignotants
À l’avant, le phare est alimenté par la batterie du vélo. À l’arrière, le KETT-8 a trois feux rouges, un dans le porte-bagages et deux plus bas de chaque côté de la roue, ainsi qu’un feu stop qui s’allume au freinage. Il y a aussi des clignotants arrière, que l’on commande depuis le guidon. Nous étions sceptiques avant de les essayer, et nous les avons finalement trouvés utiles sur la route, parce qu’ils permettent d’indiquer un changement de direction sans lâcher le guidon d’un vélo aussi lourd. À noter que de grosses sacoches latérales peuvent les cacher.
Des freins à quatre pistons, bruyants au début
Le freinage est confié à des freins à disque hydrauliques Zoom à quatre pistons, avec des disques de 180 mm, et le moteur se coupe quand on actionne les leviers. Le mordant est très bon, nous avons pu arrêter le KETT-8 rapidement sans écraser les leviers, y compris en descente et sur les terrains où l’adhérence changeait. Pendant les premiers kilomètres, les freins de notre modèle d’essai étaient bruyants, avec un léger grincement. Ce bruit a disparu progressivement après le rodage des plaquettes et des disques.
Prix et disponibilité
Le Lankeleisi KETT-8 est vendu 2 199 euros sur le site français de la marque, au lieu de 2 399 euros, avec une livraison annoncée en 3 à 7 jours ouvrés. Il est proposé en gris, en vert et en orange, pour des cyclistes de 1,60 à 1,90 mètre, et il supporte une charge maximale de 180 kg. La garantie est de 3 ans.



































